‹ Histoire de la Confederation SuisseChapitre 197 sur 234 · LIVRE VU. PART. IV. CHaP · texte numérisé non relu

LIVRE VU. PART. IV. CHaP

sion des Gantons. Aussi se mirent-ils en mesure d’être bien informés, et attachèrent-ils leurs regards sur la Diète qui s’ouvrit à Augsbourg sous l’auspice des vœux les plus contraires. Zwingli, pour sa part, exhorta à la vigilance les hommes d’État de l’Allemagne protestante^*. (< Craignez Charles, leur écrivit-il, craignez-le, lors même qu’il joue le rôle de médiateur et d’ami ; car il ne prend ce nom que pour nous plonger dans la sécurité du sommeil. Sa politique est de régner par le pape. On dit, et il est très-croyable, qu’il songe à opposer aux Grisons le châtelain de Musso ; aux villes de Constance et de Strabourg, leurs évêques ; à Berne, la Savoie ; à Zurich, les cinq Cantons ; à St.-Gall, l’abbé. 11 promet à George de Saxe l’électorat de son cousin et anime les évêques du Rhin contre le landgrave de Hesse. Quand tout sera dans le trouble, arrivera une armée espagnole, et le soi disant médiateur se montrera un ange de destruction. Prenons-y garde : il n’est arrêté que par le démembrement de ses forces ; c’est à nous à ne pas les lui laisser rassembler. »

Un voyage que fit en Suisse l’abbé de St.-Gall donna une nouvelle vraisemblance aux craintes de Zwingli Réfugié à Uberlinguen, Kilian n’avait cessé de reporter ses regards vers les amis et les biens qu’il avait laissés dans l’Helvétie. Après la paix nationale, craignant de se voir privé de l’appui des cinq Cantons , il se mit un beau jour en chemin, couvert de l’habit séculier; il

quitta sa suite sur la rive du lac de Constance, traversa

Dans l’écrit intitulé. Sommaire de ce qui a eu lieu à y cuise, inséré dans \cs Archices d'ilistoirc suisse, cahier 11.

** Acla moiiasl. S. G. IX.

le canton de Zurich, protégé par la compagnie du bailli de Kaiserstuhl Zuricois attaché à l’ancienne croyance ; il reçut à Zoug le vin d’honneur et, arrivé à Einsiedeln, il demanda aux Cantons, avoués de l’abbaye, de pouvoir se présenter à la conférence de leurs députés, qui devait avoir lieu à Wyl. Dans l’intervalle, de mauvaises nouvelles lui vinrent de divers lieux , mais surtout de Claris ; les Réformés y avaient arraché à la landsgemeinde une décision qui privait l’abbé de sa charge, jusqu’à ce qu’il eût prouvé par les Écritures la compatibilité des fonctions ecclésiastiques avec l'exercice d’un pouvoir temporel. Instruit de ce fait, Kilian n’osa se présenter à Wyl. Les gens de l’abbaye y parurent seuls et exposèrent aux députés des Cantons l’état du pays, ses déchiremens , et le désir qu'ils avaient de voir le gouvernement des moines remplacé par celui d’un Conseil qu’ils éliraient eux-mêmes. Les avoués ne purent s’accorder sur la réponse à faire et convinrent qu’ils se réuniraient de nouveau pour la donner. L’abbé, de son côté, remplit toute la Suisse de ses doléances et de ses cris.

Mais Zurich était bien résolue à ne point laisser échapper l’occasion d’écraser le plus redoutable adversaire qu’elle eût dans les limites de la Confédération. Elle déclara n’étre pas moins l’avouée des sujets que du prince de St.-Gall; elle s’éleva de nouveau contre l’illégalité du pouvoir temporel placé dans les mains d’un moine et proclama l’élection du religieux qui prenait le titre d’abbé « illégale et entachée d’immoralité. » Passant ensuite des protestations aux

’• Corneille Schonltbcss.

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