‹ Histoire de la Confederation SuisseChapitre 199 sur 234 · LIVRE VU. PART. IV. CIIAP · texte numérisé non relu

LIVRE VU. PART. IV. CIIAP

acquise aux dépens de ses plus anciens alliés. Le premier effet de sa manière d’agir fut de jeter Berne dans la défiance et de la rapprocher des Catholiques. Jean Golder, avoyer de Lucerne, homme d’une singulière prudence , et Joseph Am Berg , de Schwyz , se rendirent à Berne : « Chers Confédérés, dit Golder®®, nous venons mettre notre droit et notre sort entre vos mains. Nous nous croyons lésés par la conduite de Zurich; dissuadez - nous , si nous avons tort de le croire; mais si Zurich est injuste, séparez-vous d’elle. Après nous avoir écoutés , écoutez-la ; après avoir prêté l’oreille à ses allégations , écoutez les nôtres, » Berne entendit favorablement ce langage , et garantit aux cinq Cantons la fidèle observation de la paix nationale. Elle était près de tendre la main aux Catholiques modérés, lorsque la nouvelle qu’une Diète impériale allait s'assembler à Augshourg se répandit en Suisse ; à ce bruit la voix des hommes passionnés l’emporta de nouveau. Ils soufilèrent dans les cinq Cantons le feu de la discorde. Ils persuadèrent au peuple que le diable en personne avait été vu à la landsgemeinde de Claris. Ils cherchèrent à prouver aux hommes moins ignorans que l’indocile incrédulité des hérétiques rendait impossible tout rapprochement. « Comment, s’écriaient-ils, les alliances seraient-elles sacrées pour des gens qui n’ont pas de religion ? Allez les convaincre d’erreur ; ils vous accuseront de sophisme. Adressez-les au droit canon; le droit canon, vous diront-ils, est l’œuvre des bonnets pointus. Renvoyez-les au droit séculier ; ils n’en ont que faire : ne dérive-wl pas de l’Empc-

Haller à Zwiiigli . 21 jaiiv. 1530 {Thés, lloll. D. 5 J.

reur ? Parlez-leur des Pères , niaiseries ; des Conciles , ils ont erré ; des Écritures , ils les rejettent quand elles les contredisent. Leur montre-t-on l’antiquité de la foi, ils répondent que quinze siècles ne font pas une vérité d’une erreur. Les prophètes sont obscurs. Le diable a fait des miracles. Christ!... ils tordent le sens de ses paroles. Le fer seul peut arrêter une plaie aussi rongeante. Heureusement l’empereur arrive et ses yeux sont ouverts ! » '

Charles V approchait^lFectivement; et l’heure était venue où Zwingli , tout en croyant sepir la religion et la liberté , allait travailler à jeter Zurich dans PiTbîme où il se précipita lui-même avec elle. 11 parut avoir oublié ce qu’il avait prêché d’une voix si forte quand Zurich se dégagea des liens de la France, ce que jamais la Suisse ne méconnaîtra impunément, c’est que les Confédérés ne peuvent faire de guerre juste que pour défendre leur liberté et que leur seul appui doit être le bras du Tout-Puissant. Ce résultat d’une expérience chèi'ement achetée , cette vérité , condition de paix et de vie pour la Confédération, Zurich avait bien su la proclamer quand les cinq Cantons commencèrent à traiter avec l’Autriche, et elle eut à peine signé la paix nationale qu’elle se mit à traiter elle-même avec l’étranger. Nous avons assisté aux conférences de Marbourg et connaissons les plans auxquels Zwingli s’était associé. H ne fut pas plus tôt de retour dans sa patrie qu’il songea à les mettre à ;^^teution. Collin se rendit à Venise Seul , sans

5' Sala/.

/fu/obio^rap/iiet 11 tléc. 1529. Son rapport dans lu CotL Siml. — cl duns les AvcU. (nilst. Suisse.

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