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LIVRE VII. PART. I. CHAP. III

de ses gardes-du-corps. Peu s’en fallut toutefois que par uu propos intempestif il ne fit rap|)eler la troupe tout entière; il lui échappa de dire que eet armement était destiné contre la France. 11 se hâta de retirer ce propos, et les deux mille sept cents hommes partirent, après avoir juré qu'ils se borneraient à défendre les états pontificaux. George Berguer, chef de la petite armée, la conduisit sous sa propre bannière .

Tandis que les Zuricois se mettaient en marche, Laulrec arrivait en Italie. 11 y trouva les Milanais irrités de la capricieuse et cruelle insolence de leurs oppresseurs, et il n’agit pas de manière à calmer leur irritation. Par son ordre des hommes estimables furent écartelés comme coupables d’avoir correspondu avec l’ennemi, et d’autres pour avoir gardé le secret de cette correspondance. Gomme aucun argent n'arrivait de France, des taxes arbitraires furent imposées à tout l’état de Milan , et levées avec une cruelle exactitude. Le produit en était destiné aux Suisses. C’est à leur tète que le gouverneur allait marcher à la délivrance de Parme, où son frère était assailli et se trouvait vivement pressé. Quittant Milan, Lautrec s'adressa aux citoyens de la ville, qu’il laissait faiblement gardée, et monté sur son cheval, le langage haut, le regard fier et menaçant, il leur jura qu’il reviendrait pour juger la conduite qu’ils auraient tenue. Il partit. Son armée réunie se composait de huit cents lances, de quelque infanterie française, de huit mille Suisses et d’un nombre pareil de Vénitiens. Après avoir passé le Pô auprès de Crémone, il s’avança sur le Taro. A son approche l’armée pontificale, commandée par Prosper Colonne,

A. Z. Siettler, BulUngtr. :

et composée d’Italiens, de Suisses et d’Espagnols**, abandonna le siège de Parme; affaiblie par la division de ses chefs, elle se retira sur Reggio. Foix , ceint des lauriers qu’il avait acquis à la défense de Parme, se réunit à son frère ; ils eussent volé à de nouveaux triom* phes , si leurs premiers succès ne les eussent enflés d’orgueil. Mais ils offensèrent par une fierté croissante ces Suisses, qu’ils avaient salués comme des libérateurs à leur arrivée à Milan. Ils leur firent sentir qu’ils étaient Une charge coûteuse. A l’aigreur que les Confédérés en conçurent, se joignit, chez plusieurs d’entr’eux, un autre mobile d’éloignement : leur conscience s’effrayait à la pensée d’avoir, en pleine paix, attaqué le patrimoine de l’Eglise. Puis ces avides aventuriers voyaient s’ouvrir avec l’hiver une campagne de marches et d’évolutions, qui ne leur promettait ni butin ni action décisive. Le mécontentement les gagna. Deux mille Bernois prirent le chemin de leurs foyers

Tandis que l’armée française s'affaiblissait, celle des Alliés reprenait des forces. Léon, vivement affligé de là retraite de ses troupes, avait donné l'ordre au cardinal de Médicis de quitter Florence qu’il gouvernait, et de se. rendre en personne à l’armée avec des pleins pouvoirs. On vit donc le cardinal arriver au camp, vêtu de la pourpre et dans tout l’éclat dè son rang. La croix d’argent était portée devant lui. A sa suite marchaiaat treize mulets chargés d’un or que la chrétienté abusée avait donné pour le rachat de ses péchés. Parent de Léon ** , son ami d’enfance, son confident et son con-

** Mille deux cents Italiens et gens d’armes espagnols, .1,000 fantassins espagnols , 1,000 Autrichiens, 2,000 Grisons et 2,600 Suisses.

Lettre de Béat de Bonstetten. Coll. Siml.

. •* Roscoé. ‘

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