‹ Histoire de la Confederation SuisseChapitre 201 sur 234 · LIVRE VU. PART. IV. CHAP. III · texte numérisé non relu

LIVRE VU. PART. IV. CHAP. III

de tous les partis étaient tournés vers Augsbourg , où l’empereur travaillait à paciCer la chrétienté. Les Cantons catholiques avaient envoyé à Augsbourg une députation**; l’abbé de Saint-Gall s’y était rendu en personne, et les Cantons réformés y avaient leurs amis et leurs explorateurs**. On ne fut pas long-temps sans éprouver les funestes effets du différend qui s’était élevé entre les Évangéliques sur le sujet de la Cène. « Les Luthériens , écrivit Stourm à Zwingli, sévissent bien moins contre Rome que contre nous, et si les rigueurs des Catholiques ne les rejettent pas dans nos bras , ils sont séparés de nous à jamais **. » En effet, l’empereur profitait de ces divisions avec adresse , et le parti catholique feignait de se rapprocher des Luthériens afin de perdre les Réformés. Complots, secrétes conjurations, projets tendant à renverser tout ordre établi, il n’y eut pas de crime qu’on n’imputàt à ceux-ci. Leur interprétation libre des Écritures fut traitée d’insolent mépris pour tout ce qu’il y a de saint et de sacré*’. L’empereur avait demandé communication des diverses confessions de foi; on releva les expressions grossières qui se rencontraient dans celle de Zwingli **. L’irritation était si grande envers les cités de la combourgeoisie chrétienne , que Philippe de Hesse n’osa prendre ouvertement leur défense. D’un autre côté, les envoyés des cinq Cantons et Hébolt de Soleure avaient été accueillis

Arch. lac. Diète de Bronnnen, du 6 août 15.10.

Entr’autres le chancelier Friedbolt de St.-Gall , les envoyés de Constance et de Strasbourg.

Du SI mai (Col/. 5im/. XV).

” Stourm à Zw., 20 juin ( Coll. Siml. XVI ).

” Buceret Capiton à Zw. 2Î. VI. 1530 {Coll. Siml., XVI).

avec solennité; on les avait logés non loin de la cour , aux frais de l’empereur , et ils étaient admis fréquemment à voir la personne du monarque®*. A la fin cependant, les Réformés sortirent de la position difficile où les avait d’abord jetés l’abandon des Luthériens. Ceux-ci cessèrent de s’allier contre eux avec les Catholiques , et tous les Évangéliques se rapprochèrent à la voix de Capiton et de Bucer

Tandis que Strasbourg s’efforcait de servir de lien entre les protesians du nord et ceux du midi, ses théologiens, Bucer et Capiton, s’attachaient à remplir le même rôle envers Luther et Zwingli. Ils avaient, eux aussi, présenté leur confession de foi à l’empereur; mais dans cette confession, ils s’étaient exprimés au sujèt de la Cène d’une manière si indéterminée que chacun des deux partis put croire qu’ils avaient adopté son interprétation A Ausgbourg, ils s’étaient d’abord rapprochés, autant qu’ils l’avaient pu, des théologiens du nord de l’Allemagne. Vers la fin de la Diète , une pensée nouvelle se présenta à leur esprit. Bucer se rendit auprès de Luther **. Habile à manier la langue , il rédigea en présence du réformateur allemand une formule dans laquelle , conservant à peu près toutes les expi'essions de Luther, il les adou-

*' Friedboll, le 16 juii. Bac«- à Blaarei , le IS août. (CML SimL) Fridolin Sicher.

*• Capiton à Zwingli, le 27 septembre (Coll. Siml. XXVII). Friedbolt & Vadian, 20 juillet. Vadian à Zwingli, 16 août. Philippe de Hesse à Zwingli , 4 septembre ( Coll. Siml. XXVI ).

** Voyea Confessio tetrapolitana , Felsii dissertatio de eà 1755. G. de Zell h Zwingli, 28 oct. (Coll. Siml. XXVH).

** Voyei Schrackli XXXVI. Planek, Geseh. des Protest. Lehrbegriffs in et Seekendorf de concordia Viteberg. Bucer à Ernest de Lnnebourg. ( Coll. Siml. XXVH ).

Page 1