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cissail néanmoins, les délayait e( en élargissait le sens par des paraphrases indéfinies. Revenant ensuite à Zwingle et à OEcolampade, il leur soumit sa formule et chercha à les gagner à son projet d’union. La douceur d’OEcolampade fut près d’être séduite ■**. Pour Zwingle, il déclara que la complaisance seule ne lui ferait pas faire un jias en arriére. « Non, dit-il, la paix ne saurait être de longue durée, si elle ne doit être que le prix de la dissimulation. Unis aux Lu- Üiériens sur les choses essentielles , que n’abandonnons-nous cette querelle déplorable ! N’oublions pas que Dieu ne vieillit point, et que son bras peut toujours nous atteindre » Berne tint un semblable langage au Conseil secret de Strasbourg : « Pourquoi , demanda-t-elle , Bucer s’exprime-t-il aujourd’hui beaucoup plus obscurément qu’il ne le faisait lorsqu’il était avec nous? En vérité, pouvons-nous retourner d’une notion claire à des idées confuses, et devonsnous exposer au scandale notre Église naissante ? n
Sur ces entrefaites la diète d’Augsbourg prit fin d’une manière propre à nourrir l’inquiétude. La plupart des princes protestans s’en étaient éloignés dans la crainte de mesures violentes. Leurs chargés-d’affaires avaient refusé de souscrire les actes de la Diète, dont on s’était borné à leur offrir lecture , sans vouloir en donner communication par écrit. 11 n'était bruit que d’une réunion à Cambray des tètes couronnées de l’Europe et d’une alliance étendue , destinée à re-
“ OEcolampade à Zwingli, 19 nov. 1580 ( Coll. Siml. XXVII).
** Lettre de Zwingli et de ses collègues aux députés tnricois i Bile , do >0 nov. (Cote Siml),
“ Le 24 février 1631 ( A. Z. CCCCXXXI . S).
lever la gloire de TÉglise et celle des princes*®. Que feront les Etats évangéliques? Le landgrave de Hesse sollicita les villes suisses de se tenir prêtes à tout événement*^. Bàle invita Zurich à faire partir une ambassade pour la France. Zurich se contenta d’envoyer Collin à Soleure , où il apprit de la bouche de Maigret que François I n’avait point été à Cambray, et que loin de songer à s’allier avec l’empereur, il secourrait plutôt par de l’argent les villes qui feraient la guerre à son rival. « Peut-être obtiendrez-vous davantage , ajouta l’ambassadeur français ; mais il faudrait que Zwingli rendit compte au roi de sa doctrine, particuliérement en ce qui concerne les rapports des sujets avec les gouvernemens *®. Zwingli fit au monarque sa profession de foi*®. Néanmoins ses regards se tournaient avec bien plus d’espoir vers l’Allemagne que vers la France , et l’extension de la ligue des cités chrétiennes était particulièrement l’objet de ses vœux. Strasbourg avait été admise à cette ligue®®. Elle en demanda l’entrée pour Philippe de Hesse; mais Berne, lente à se mouvoir et soigneuse de resserrer le lien qui l’unissait aux Confédérés , rejeta obstinément oelte proposition®'. Bientôt il fut question d’une association nouvelle. Au moment où les députés protestans quittaient Augsbourg, l’électeur de Saxe leur avait soumis le projet d’une union de tous les États évan-
“ Bâle â Zurich, 1 oct. {J. Z. DCXII, 6).
»’ 19 oct A. Z. DCXVIII, 8.
•* Rapport de Collin , du 5 avril 1581 {A. Z. VI , 5 ).
Expositio ehrUtianœ fidei. Se trouve à la Bibliothèque royale, à Paris.
Ballinger. B. Weisa. Arch. d’IIist. Suisse. I. année. III cahier.
“ Arch. {thist. Suisse. Première ouverture à Bâle le 27 avril. SiettUr. Ballinger. Accession de Zurich le 30 juillet ( Profocolc ); de Bâle le 18 nov. (Oc/i* VI, 20 ).
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géliques^*, el cette union fut contractée à Snialkalden. Le landgrave invita les villes suisses à y accéder Bâle s’y montra disposée, Zurich saisit la main qu’on lui tendait , et Berne elle-même fut prés de donner son adhésion, sur la nouvelle qui lui vint**, que l’empereur, étant à Bologne, avait pressé le duc de Savoie de s’emparer de Genève. Mais arriva une nouvelle lettre du landgrave ** , portant que Luther exigeait de Zwingle et d’OEcolampade des explications formelles et un engagement écrit; l’entrée des villes suisses dans la ligue était à cette condition. Cet incident suffit pour tout rompre. Zwingli ne chercha plus qu’à accroître la combourgeoisie chrétienne et sollicita Vadian de travailler à y faire entrer les villes souabes de Memmingen, de Lindau et d’Ysni*®.
Dans ce temps les regards de Berne se portaient sur la frontière française comme ceux de Zurich vers l’Allemagne. Le duc de Savoie et les gentilshommes du Fays-de-Vaud étaient des voisins inquiets. Ils menaçaient principalement Genève, qui, faiblement protégée par son évêque , avait fait un traité d’alliance et de combourgeoisie avec Berne et Fribourg. Les germes de la Réformation commençaient à se développer à Genève. Cette ville aimait la liberté et était haïe des gentilshommes. Ils formèrent contre elle la Ugue de la cuiller. Des citoyens bannis pour leur dévouement
Stourm aux XIII conseillers de guerre, 15 oct. ( A. Z. DCXII, S ).
** Philippe à Zwingli , 25 janvierlSSl (Coll. Siml. XXVIII).
“ Constance à Znrich, 15 d6c. 1530 (Coll. Siml. XXVII).
Philippe à Stourm elBucer, SI janvier 1581 (Coll. Siml. XXVIII).
Zwingli à Vadian , 5 avril 1631 (Coll. Siml. XXV'III). Sieltler. • Les meilleurs amis sont les plus anciens et les plus prochains. Qui s’allie au loin , se donne grand’alTaircs , et s’il va porter secours , il le fait à son dommage. »
4^iG HISTOIRE DE L\ SUISSE.
à la Savoie, et nommés Mamelus à cause de cette apos* tasie envers leur patrie, allèrent grossir la ligue; l’évêque Pierre de la Beaume quitta lui-même la ville et se joignit aux ehevaliers. Une multitude armée marcha à la conquête de Genève, tandis que le maréehal de Bourgogne s’en approchait à l’ouest avec six mille fantassins et cinq cents chevaux. Les Genevois demandèrent en hâte les secours de Frihourg et de Berne. D’Erlach se mit en marche avec cinq mille soldats ; les Frihourgeois le joignirent au nombre de quinze cents et les Soleurois de cinq cents hommes. Les villes de la eombourgeoisie chrétienne furent invitées à se tenir prêtes au besoin. La petite armée traversa le Pays-de-Vaud, livrant plusieurs couvens aux flammes, après y avoir détruit les tableaux et les images; elle s’avança pillant, incendiant, et tirant une barbare vengeance des gentilshommes. La terreur, marchant devant elle, sufiif a disperser la multitude qui assiégeait Genève. Les Confédérés entrèrent , sans avoir vu l’ennemi , dans les murs de la cité alliée, qui les accueillit en frères. Le duc s’excusa sur l’ignorance où il était de l’entreprise tentée par la noblesse , et , protestant de ses intentions pacifiques , il pressa les Suisses de rappeler leurs soldats. Berne, qui n’ignorait pas d’où l'attaque était partie et qui savait que le duc n’avait blâmé les gentilshommes qu’à cause de leur précipitation, demanda six otages et pour gages la ville de Payerne et le château de Romont. Des délégués de toutes les parties de la Confédération arrivèrent sur ces entrefaites , et par leur médiation un traité fut conclu le 19 octobre à Saint- Julien. Il portait que le Pays-de-Vaud tomberait en partage à Berne et à Fribourg du jour où le duc laisse-
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