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rait une fougueuse noblesse attenter de nouveau à l’indépendance de Genève. A la fin d’octobre , les Confédérés regagnèrent leurs foyers
Cette campagne était à peine terminée , que la Suisse se crut menacée d’une attaque plus sérieuse du côté du midi. Le châtelain de Musso venait de recevoir de l’empereur le titre de marquis et de prendre à sa solde neuf cents hommes de troupes espagnoles^®. Tout-à-coup il se jette sur la Valteline avec ses brigands, et s’empare de Morbegno. Il se persuadait que les Cantons, divisés comme ils l’étaient, n’enverraient aucun secours aux Grisons, et que ceux-ci, abandonnés à eux-mémes, seraient contenus sans peine, d’un côté par les bandes de son beau-frère , Dietrich d’Embs, et de l’autre par les siennes. Un bruit de i guerre courut dans les vallées de la Rhétie , qui versèrent sur la Valteline la multitude confuse de leurs combattans. En vain Diétéguen de Salis essaya de mettre un frein à la sauvage impétuosité de ces milices ; elles se précipitèrent sur Morbegno , et Salis , à qui il ne resta d’autre alternative que de se mettre à leur tête, périt dans un inutile assaut. Les Grisons durent se retirer avec perte sur Sondrio , où ils se retranchèrent. On vint leur dire que Dietrich approchait avec trois mille lansquenets, et que l’empereur se tenait prêt à l’appuyer. A cette nouvelle ils implorèrent un prompt secours des Confédérés. Ceux-ci,
*’ BulUnger. — /i. Z. CVI, — StettUr. Le développement de ces faits se trouvera au volume suivant, dans lequel l’auteur se propose de retracer dans leur ensemble les événemens dont la Suisse française était alors le theàtre.
" Ballinger. GaUatto Cappella, de bello Muuiaeo. VaL Tschoadi. Joeiat hiit, noro eomemis, '
les cinq Cantons exceptés, n’hésitèrent point à faire partir leurs soldats Onze mille hommes se mirent en marche. Les milices de Zurich et de la Suisse orientale s’avancèrent par Côme, le Septimer et Chiavernia ; celles de Berne et des états occidentaux par le val Misocco sur Bellinzona et Porlezzo. A leur approche Médicis dégagea avec adresse ses Espagnols, qui formaient la garnison de Morhegno, fit retraite sur le lac de Côme et s’enferma dans ses châteaux. On regardait celui de Musso comme imprenable tant que Médicis serait le maître du lac. Les Confédérés vinrent en former le siège. A peine établis dans leur camp, ils apprirent que le gouvernement autrichien s’étant opposé à l’expédition de Dietrich, ils n’avaient point , à redouter l’intervention de l’empereur. En même temps, des ambassadeurs du duc de Milan leur apportèrent les assurances de l’amitié de ce prince et l’offre de lui abandonner les fruits de la guerre avec le soin de la terminer. Impatiens de rentrer dans leurs foyers®®, les capitaines suisses saisirent avidement cette proposition. Il fut convenu que le duc armerait des barques sur le lac de Côme , ferait bonne guerre à Médicis et n’y mettrait fin qu’après avoir rasé le château qui servait de retraite à l’aventurier. La Valteline était rendue aux Grisons. Les conquêtes, faites sur les deux rives du lac, étaient abandonnées au duc de Milan pour le prix de trente mille florins. Huit cents Grisons devaient demeurer au service du duc et douze cents Suisses rester à sa solde, jusqu’à
Baden 26 mars 1531. {A. Z.) George Gceldli commandait lesZoricois, et François NSgueli les Bernois.
Jean Schmied, aumônier zuricois, à Zw., 12 avril J531 (C Simml. XXVUI ).
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la fin de la guerre. Cette convention faite , les milices des Cantons rentrèrent dans leurs foyers. La guerre fut continuée par le comte Bentivoglio , qui la termina en mars 1523. Musso fut rasé. Médicis eut la liberté de se retirer à Verceil, après avoir donné des gages de sa tranquillité à l’avenir.
Les cinq Cantons, bien loin de prendre aucune part à ces expéditions , avaient même espéré l’humiliation des protestans. Ils s’assemblaient fréquemment entre eux, le plus souvent à Brounnen, et s’alliaient de jour en jour plus étroitement. Les amis que l’Évangile comptait à Schwyz et à Zoug furent réduits à s’exiler de leur patrie Enfin les cinq Cantons , voulant justifier l’éloignement où ils se tenaient de leurs Confédérés , en déposèrent les motifs dans un écrit, qu’ils présentèrent à la Diète de Baden au commencement de l’an 1531. « Personne, disaient-ils, personne, que nous sachions, ne nous accusera de n’avoir pas vécu fidèles à nos anciennes alliances, et c’est avec la même bonne foi que nous avons observé les articles de la paix nationale. Pourquoi faut - il qu’on les viole à notre égard? Vous savez quelle a été la conduite de Zurich dans les bailliages et quels sont nos sujets de plainte contre elle. Nous avons demandé justiee ; justice nous a été refusée. Quel parti nous reste-t-il à prendre, sinon d’élever notre cri jusqu’au ciel, et d’attester le Très-Haut que les voies de droit sont
O A la demande que Berne leur fil de marcher contre le duc de Savoie, ils répondirent par l’envoi de médialeurs, ne se croyant pas obligés à davantage par les traités {Recét de Brounnen, 7 oct. 1530. Â. Z.].
Adrien Nischle , Meinrad Am Berg , (Instructions aux députés zu ricois à Bile , 8 février 1532. C. Simtnl. XWIII. ) Werner .''leiiiec , et l’icrrc Colin {Kiiililtofcr, U', Steiner),
interdites chez les Confédérés ! de le prendre à témoin que l’on sait aujourd’hui commenter les traités de façon à se dispenser de les remplir ! Nos pères n’ont point connu de si basses manœuvres; et notre patrie se trouvait bien de leur ignorance. Confédérés de Zurich ! vous pouvez avoir des motifs de décliner le recours à la justice ; mais il ne vous sied pas déjuger vous-même de la valeur de ces motifs ; on n’est pas à la fois juge et partie. Faites, au reste, comme vous l’entendrez ; mais si la paix que nous désirons est rejetée, Dieu prononcera. C’est Dieu qui donne la grâce et la victoire, qu’il ne nous a pas refusées jusqu’ici. Quand il a permis que nos pères fussent sous le coup du mépris, c’a été pour les couronner bientôt après de gloire et d’honneur »
Un fait nouveau vint ajouter à l’amertume de ce langage. Le Rheinthal croyait avoir justement à se plaindre de la conduite immorale et violente des baillis que 'lui envoyaient les petits Cantons. Il en vint un de l’Unterwald qui par le jeu , l'ivrognerie et l’excès de ses débordemens , se 6t haïr plus encore que ses prédécesseurs. Jean Kretz était son nom^^. On le soupçonnait d’être vendu à l’Autriche. Il fut forcé de s’enfuir. Bientôt des députés le ramenèrent dans son bailliage; mais ils n’eurent pas plus tôt touché la frontière , que Kretz fut saisi en leur présence , et conduit prisonnier à Altstelten. La colère des cinq Cantons fut vaine; ce fut sans succès qu’ils demandèrent l’extradition du prisonnier. Iæ Rheinthal tout
** Ucct’sde Badcn, 8 janvier 1531. {/i, Luccrn») Inêiructions aux fuites, dans la Coll, de Multin,en,
** BuUittger. Salat.
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entier leur répondit : « 11 y a long-temps que nous vous demandons pour baillis des hommes honnêtes. Il y a long-temps que vous fermez l’oreille à nos sollicitations. Kretz a fait ce que d’après son serment et son devoir il eût dû punir chez d'autres ; justice sera faite de lui®*, n II fut relâché cependant, à la demande de Berne et de Zurich®®, mais sans que l’orgueil blesse des Cantons catholiques se trouvât satisfait.
Il faut le dire néaumoins, la conduite politique des cinq Cantons fournit peu matière aux reproches des Réformés. 11 n’existait aucune preuve qu’ils eussent traité avec l’Autriche à Âugsbourg ou qu’ils eussent appuyé Médicis. Uri repoussait avec fierté jusqu’au soupçon , que Zurich faisait planer sur les Catholiques , d’agir avec déloyauté , et il s’en plaignit amèrement dans l’intimité des conférences de Brounnen®^. Mais les hommes soupçonnés étaient 'à Lucerne, à Schwyz et à Zoug. C’étaient l’avoyer Houg et son fils, l’ammann Rychmouth®* et le capitaine Schœnbrounner, qui, peu soucieux d’obéir aux ordonnances, insultaient impunément leurs adversaires. La violence de ces démagogues trahissait la soif qu’ils avaient d’en venir aux armes. Leurs injures, et celles d’un peuple plus grossier dans son immoralité que ne l’était aucun autre dans l’Helvétie ®^ , portèrent l’irritation
** ji. Lucerne , mars 1531.
BuUinger. A. Zur., 16 mara 1531.
Reçus des V Cantons, Lncerne, 6 mai 1531. (^A. Lue.)
“ Le cardinal de Sion se glorifiait d’avoir changé le nom de l’ammann vtrmui A (pauvreté) en Richmuth (orgueil de la richesse). Les Réformés l’appelaient Uebermutk (préeomption).
Les injures prodiguées à Zwingli sortaient presque toutes des plus
des Réformés au dernier point. Zurich convoqua les députés des villes. Elle les entretint des préparatifs de l’empereur et des desseins qu’elle supposait aux Catholiques. Puis elle les conjura de mettre un terme à un état de choses incertain et nuisible, d’enlev«r aux Cantons alpestres leur prépondérance usurpée, et de montrer au monde la ferme intention où étaient les Réformés de ne plus se laisser insulter impunér ment Les villes alliées de Zurich se montrèreat moins ardentes qu’elle. Berne, lente à s’émouvoir,' réfléchie , et plus accoutumée à faire servir les autres à ses desseins qu’à se prêter à leur servir d’instrtt|> meut% fut d’avis de commencer par adresser aux cinq Cantons un sérieux avertissement , et si cet avertine^ ment était méprisé , d’en venir à leur arrêter les vivres, avant de recourir aux moyens extrêmes. Bàlb ne voulut pas non plus la guerre. Elle ne regardait pas comme un sujet de crainte les préparatifs de pereur, qui, menacé d’une invasion des Turcs* venait, disait- elle, de lui demander un secours. en argent. La marche naturelle à suivre vis-à-vis des cinq Cantons lui paraissait être de les sommer d’observer les traités, et s’ils persévéraient à les enfreindre, de leur demander le renvoi de l’acte d’alliance. Mais Sohafihouse et St.-Qall rejetèrent à leur tour la proposition de Bâle. Elles témoignèrent la crainte de voir le peuple des montagnes, fier, insoumis, et aigri comme il était , n’ordonner que trop promptement le
renvoi des traités de confédération ; viendraient alors
mauvais lieux. On ne savait qne l’accuser de bestialité et des vices les plus vils dans le plus bas langage.
‘‘ Instructions aux députés, 24 avril (//. Z. DCXII, 7).
' Addition du traducteur.