‹ Histoire de la Confederation SuisseChapitre 204 sur 234 · LIVRE Vil. PART. IV. CHAP · texte numérisé non relu

LIVRE Vil. PART. IV. CHAP

les regrets d’avoir détruit inconsidérément une vieille et sainte amitié. Elles préféraient donc suivre la voie des ménagemens. Pendant que les députés délibéraient, des envoyés de Schwyr et d’Uri arrivèrent à Zuridh. Des amis de la paix avaient-ils inspiré cette démarche? était-elle dictée par la crainte ou par le sentiment d’avoir des torts à réparer? on ne sait. Les envoyés excusèrent leurs Cantons de n’avoir point marché contre Médicis, et après avoir cité quelques propos injurieux tenus par des Réformés’*, ils témoignèrent la ferme intention de mettre de leur côté un terme aux paroles offensantes. Ils ne recueillirent que du dédain. Le vin d’honneur ne leur fut pas même offert”. On les congédia en leur faisant cette courte et sèche réponse : « Nous attendons depuis long-temps que les actions s’accordent chez vous avec les paroles. » Le député d’Uri, plus encore que celui de Schwyz, rentra dans ses foyers, le deuil dans le cœur. Il raconta à ses concitoyens qu’il n’avait pu marcher dans Zurich qu’au milieu des injures du peuple’*. Les hommes les plus pacifiques, sans se lasser de chercher de nouveaux remèdes aux plaies de la patrie, convinrent qu’il était devenu nécessaire de se tenir prêts à tout événement

En effet les Zuricois voulaient la guerre, et c’est avec douleur qu’ils virent les députés des villes se séparer sans l’avoir résolue. Zwingli leur prêchait avec vigueur le devoir de marcher contre des Suisses assez

Kubkâmmc. Milcbbengcl. Une lourde caricature, failv à Berne, montrait l'ours fouettant cinq bommes nus et enebainés.

(y. Siciner , clironiijues.

Itccts des V Cantons. Lucerne 6 mai. {.i. Luc.) • '

'* À. Luc. Bi'ounnen , 17 mai.

criminels pour se vendre à l’étranger, et l’obligation de ne point laisser s’écouler le jour propice pour refondre la Confédération et lui donner les formes nouvelles exigées par des temps nouveaux’®. Ces paroles se redisaient au marché, sur les places et sur lés che> mins , et bientôt le gouvernement se vit contraint par l’opinion publique de faire savoir aux villes alliées que Zurich ne pouvait ni ne voulait demeurer davantage inactive. Il fallut réunir une nouvelle Diète ; Berne la convoqua à Arau, et l’on y prit les résolutions suivantes : « Considérant les plaintes des Zuricoîs et les atteintes portées à l’honneur de tous les Cantons réformés par de honteuses calomnies ; considérant d’une autre part qu’une campagne contre les cinq Cantons ruinerait en plus d’un lieu la moisson et ajouterait à la cherté des vivres; que la guerre, confondant l’innocent avec le coupable, mêlerait au sang des agitateurs celui des nombreux amis que la paix compte dans les cinq États; qu’enfin ces États pourraient se voir contraints à chercher des secours hors des limites de la Confédération; mais que, malgré ces motifs, Zurich persiste à vouloir marcher au combat; les villes se décident à fermer aux cinq Cantons leurs marchés, dans l’espérance que cette mesure prêtera force aux hommes amis de la paix et amènera ceux qui veulent la guerre à de salutaires réflexions’®. » Zurich n’adhéra qu’avec peine à celte résolution. Elle n’y donna son consentement qu’après avoir entendu les députés assurer à diverses reprises que leurs cités ne répondraient certainement pas à un appel de

Bitllinger.

'• Du 12 mai { I. Z»r. DCXII, 7).

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