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CHAPITRE IV

La croyance popul.iire. — Diète à Brcmgarten — Zuricit. Berne. — Les cinq Cantons. — Les Médiateurs. — Préparatifs de guerre. — Levée de boucliers. — Les Zuricois. — Bataille de Cappel (11 octobre). — La nuit après la bataille. — Mort de Zwingli. — Impression à Zurich. — Position sur l’Âlbis. — Les Catholiques. — Les Bernois. — Affaire du Goubel. — Le sénat zuricois se relève. — Démoralisation de l’armée. — Claris et les Grisons. — Retraite des Réformés. — Invasion du territoire de Zurich. — Terreur. — Dernier effort. — Paix avec Zurich. —

Paix avec Berne La Restauration. — Nicolas Wengi. — La

Réforme bannie de Soleure. — Mouvemens populaires è Zurich ; à Berne. — Bullinger succède à Zwingli.

Des phéaoménes effrayans, et qui sortaient du cours ordinaire de la nature, remplirent, avec les tristes événemens que nous venons de rapporter, l’intervalle qui s'écoula entre la campagne de 1529 et celle de 1 531 . Le peuple interpréta ces phénomènes selon ses croyances, et les hommes instruits, ayant l’imagination frappée, y virent souvent eux-mêmes de sinistres présages. L’été de 1529, succédant à un hiver d’une douceur extraordinaire , avait été froid et pluvieux. La moisson et les vendanges avaient manqué

* On acheta le blé en Alsace et dans le Wirtemberg , les boeufs et les moutons en Hongrie. Des vers s’engendraient dans le vin. Des raillicis de personnes, chassées de la Lorraine parla famine, erraient cherchant de l'herbe et des feuilles pour nourriture. Bullinger. Val. Tuhoaili.

Plusieurs contrées avaient été ravagées par des inondations. Les maladies se joignirent à ces fléaux. Une surtout exerça au loin ses ravages : on la connaissait sous le nom de la sueur anglaise^ remontant le Rhin, elle promena jusque dans l’Helvétie l’inquiétude, la mort et le découragement®. Elle sévit une année presqu’entiére. L’année suivante, parut une comète d’une singulière grandeur, traînant à sa suite, selon la croyance de ce siècle, l’effroi et le malheur^. Un soir, Zwingli et l’abbé de Wettingen la contemplaient, le visage sérieux, quand l’abbé, interrogeant Zwingli, lui demanda ce qu’il pensait du funèbre météore., (( Il vient éclairer le chemin qui mène à mon tombeau, » répondit Zwingli. Il ajouta : « Dieu le permettra comme épreuve. Je ne désespère pas de l’Eglise , que le Seigneur saura garder ; c’est aux hommes que je n’ai plus foi *. » Mais c’était surtout la multitude qui se nourrissait de sombres pressentimens , et qui se plaisait à accroître ses terreurs par des inventions ou par des interprétations superstitieuses. Du

’ Elle commença en Angleterre, sous Henri VII, I486. {Slcidan, eowtm. Lit. VI).

' Une ordonnance du gouvernement bernois en fait connaître les caractères et le traitement. Ses symptômes étaient des palpitations du cœur et un frémissement à la surface de la peau. La tête devenait douloureuse et l’abattement passait dans tous les membres. Une pustule se formait d’ordinaire sur la langue. On ordonnait une transpiration de 34 heures , durant laquelle le malade devait s’abstenir absolument de boire ou de manger, et se garder du sommeil. Ordonnance du 23 déc. 1529. A. Bern.

* La duchesse d’Augoulème, mère de François I, était à son lit de mort. On tira les rideaux et elle aperçut une comète. « Ah i dit-elle avec un cri d’eflrOi, ce signe menaçant n’est pas pour le peuple, c’est è moi d’entendre mon arrêt. • Gaillard, HitU de Vranfoie I , VII, 114.

^ Ballinger.

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