‹ Histoire de la Confederation SuisseChapitre 207 sur 234 · UVRK VU. PART. IV. CHAP. IV · texte numérisé non relu

UVRK VU. PART. IV. CHAP. IV

sang avait jailli de ferre; à Baden, il s’était échappé par torrens. A Zoug on avait vu un bouclier dans le ciel et sur le Brunig deux drapeaux flottant dans les nues. Des navires, portant des coinbattans aériens, croisaient sur le lac de Lucerne, et le bruit d’une affaire tumultueuse avait, durant la nuit, réveillé les habitans des bords de la Beuss On racontait des prodiges. On entendait parler de naissances monstrueuses. Chacun expliquait ces faits à sa manière et selon les vues de son parti. Toutefois le peuple, quelque préoccupé qu’il fût des écarts de la nature, obéissait à ses lois plus qu’à l’ordonnance cruelle qui lui commandait d’intercepter les vivres à des Confédérés. Les liens de bon voisinage , la compassion , l’amitié l'emportèrent sur la sévérité des décrets et sur les haines des partis. Claris, bien qu’il eût adopté les résolutions des Réformés, se montra peu soigneux de les mettre à exécution’'. Des vivres arrivèrent dans les Waldstetten par des chemins inaccoutumés, de nuit, ou cachés dans des ballots de marchandises. Les paysans bernois trompèrent, sans beaucoup de peine, la vigilance des autorités ; étaient-ils surpris enfreignant l’ordonnance , c’était par des punitions fort légères qu’on leur faisait expier le crime d’avoir porté secour.s à des frères*. On n’était pas aussi indulgent à Lucerne, où plusieurs citoyens furent mis à la torture pour avoir lu des écrits zuricois *.

' Salat. Schanbrounner. • On vit h Wettingen nn chien portant une hostie dans sa bouche ; celui qui en fut témoin arracha l’hostie; mais ouvrant sa main, il ne l'y trouva plus. La main enfla. •

’’ Val. Ttchoudi. Colt. Ttchoudi,ÏX.

• Salat.

* Bultinger.

Cependant la France ne voyait pas sans inquiétude la guerre civile près d’éclater en Suisse. Craignant un renvereement désavantageux à sa politique , elle intervint , en offrant sa médiation. Une Diète fut convoquée à lîremgarten ; elle s’assembla en présence des ambassadeurs français, de ceux du duc de Milan et des envoyés de la comtesse de Neuchâtel Les députés commencèrent par assister à un service religieux. Les pasteurs Schouler et Bullinger prêchèrent la paix aux ’ Confédérés. Puis Zurich et Berne se portèrent partie d’un côté, les cinq Cantons de l’autre, et les députés resta DS revêtirent l’office de médiateurs. Les deux Cantons demandèrent liberté pour la prédication de l’Êvangile en tout lieu, observation plus fidèle de la paix ' nationale et punition des propos injurieux ; les cinq réclamèrent , avant tout , la cessation des mesures prises pour leur intercepter les vivres , et ils déclarèrent ne vouloir répondre qu’aprés qu’il aurait été mis un terme à de cruelles hostilités. Les médiateurs s’épuisèrent en supplications, en propositions et en avertissemens inutiles. Et cette fois , et dans quatre Diètes qui s’assemblèrent encore à Bremgarten , les cinq Cantons persévérèrent invariablement dans leur demande, lis finirent par quitter l’assemblée en déclarant d’une voix menaçante que , ce qu’on leur refusait malgré le droit et^ la Justice , leurs bras sauraient le conquérir. ' ,

Plus le cri des Waldstetten se faisait entendre , plus il se manifestait de mécontentement à Zurich. Tandis que dans cette cité Içs uns invoquaient des mesures plus vigoureuses , d’autres se plaignaient de la cruauté de celles qu’on avait prises. Profitant de cette disposition

*• Ibidem. Les Protocoles dans les manuscrits de M. de Mullincn.

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