LIVRE VII. PART. I. CHAP. III
seiller, Jules de Médicis jouissait de la plus haute considération. La tache de sa naissance illégitime était cachée par des talens, par des connaissances et par l’amour des Florentins, qu’il gouvernait avec habileté. On excusait le penchant qui Tentraînait à la carrière militaire, en rappelant qu’il avait commencé par être chevalier de Saint-Jean. On ne fit que plus tard l’observation que sa politique avait trop souvent été machiavélique et cruelle, et qu’au jour où son front fut ceint de la triple couronne , il parut avoir perdu les nobles qualités qui le distinguaient. Son arrivée au camp des Alliés y répandit la jubilation. Le courage y revint avec la solde. La nouvelle de la prochaine arrivée des Suisses qu’amenait l’évêque de Véroli , porta la joie à son comble. Espagnols et Italiens, généraux et soldats, tous se rallièrent à la voix onctueuse du prélat. Colonne et Pescaire firent trêve à leur inimitié. Émus jusqu’aux larmes à la vue de ces miracles de l’éloquence , les soldats allemands entourèrent le légat, et implorèrent sa bénédiction. 11 leva sa droite , et la belliqueuse horde crut avoir reçu la grâce du ciel Tout prit une activité nouvelle. On chercha à s’approcher de Milan. La fortune avait changé de drapeaux. Sortie d’une faible position, l’armée en prit une forte à la gauche de l’Oglio; Lautrec étonné, irrésolu, l’y vit dresser. ses tentes. Elle attendit les Suisses qu’elle savait être en marche.
Ces auxiliaires s’étaient rassemblés à Coire au milieu de septembre. Berguer, Schinner et l’évêque de Véroli y étaient arrivés à la tête des Zuricois. Ils avaient été rejoints par des corps nombreux et bien équipés.
Joviu», vUfl.PiteariL Guiceiardini, Ballinger, SteHler.
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accourus de loutcs les parties de la Confédération. Bravant la défense des gouvernemens, ces Corps prêts, peu de jours auparavant, à rejoindre les drapeaux français, se riaient aujourd'hui de l’économie de Lautrec, et de l’insolencequ’un premier succès lui avait donné. Schin— ner triomphait. Huit mille hommes furent passés en revue, et reçurent la plus riche paie. Cependant les gouvernemens des Gantons, qui n’ignoraient pas les inten> lions du cardinal, avaient envoyé à Zurich des députés porteurs de plaintes amères. Les Zuricois répondirent en ouvrant le traité, aux termes duquel leurs soldats avaient juré de se borner à la défense des Etats pontificaux et de respecter le territoire français. Pour prouver la droiture de leurs intentions, ils firent partir pour Coire une députation qui y reçut de nouveau , en termes plus précis, le serment déjà prêté. Les soldats de divers Cantons s’engagèrent, aussi bien que les Zuricois, à y être fidèles. Puis tout ce beau corps prit, en bon ordre, le chemin de l’Italie. Ils traversèrent Chiavenna et le mont de Morbegno. Farveniis au vallon que le Brembo arrose, ils y rencontrèrent six cents cavaliers , qu’à la demande du cardinal les Alliés avaient envoyés au-devant d’eux pour as—' surer leur marche
Sur ces entrefaites, Albert de Stein arrivait à'^Ber— game, où il y avait garnison française ; il y venaut pour tâcher de gagner à son propre parti ceux des Confédérés qui descendaient en Italie. Il employa auprès d’eux promesses et menaces; mais ce fut sans succès. Alors des détacheinens français commencèrent à inquiéter la marche des Suisses. Les vivres étaient enlevés ^ les
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