LIVRK VU. PART. IV. CHAP. IV
de leurs menaces et de leurs préparatifs fut mis sous les yeux du peuple et ne servit qu’à l’effrayer^®. Berne continuait à supplier qu’on ne précipitât rien. Soit crainte , soit coupables intentions , soit confiance pi'ésomptueuse, la plupart des membres des deux Conseils traitaient de fanfaronnades les menaces des cinq Cantons, et de bruits exagérés ce qui se disait de leurs préparatifs de guerre On envoya cependant à Coire le trésorier Ediebach pour demander aux Grisons un prompt. secours en cas de nécessité. Les Grisons, reconnaissans de l'assistanee qu’ils avaient reçue dans leurs démêlés avec Médicis, promirent, non point une agression , il est vrai , mais de se tenir prêts à défendre le territoire zuricois dès qu’il serait attaqué. D’un autre côté les cinq Cantons agissaient avec promptitude et avec un accord parfait. Uri s’était rallié. Une Diète s’assembla à Brounnen, et après lecture des alliances de la Confédération, les députés furent sommés, sous serment, de déclarer s’ils jugeaient que la guerre contre Zurich et Berne fût juste et légitime ; tous répondirent affirmativement. Alors ils adressèrent aux États qui n’avaient point encore pris parti une invitation à embrasser leur cause, ou tout au moins à conserver la neutralité. Ils annoncèrent aux pays sujets leur prochaine irruption, en menaçant d’une terrible vengeance quiconque leur demeurerait opposé. Puis six cents Lucernois et cinquante volontaires de chacun des quatre autres Cantons marchèrent sur les bailliages libres®*.
” Lettres lie l’abbé de Cappel h Ballinger ( Colt. Simt., XXIX).
*• BulUnger.
Deux narrations ont fourni la plus grande part des détails de la guerre, celle que l’on attribue à f'igidius Tschoudi, et qui a été inipri-
Celte division se mit en marche le 9 octobre et se grossit dans la route de quelques cents hommes des pays sujets. Elle arriva tard à Hitzkirch et n’y trouva plus le commandeur de Mullinen qui s’était réfugié à Bremgarten. A la vue des autels dépouillés et des images brisées, le zèle des guerriers catholiques s’enflamma, et joignant le caprice à la colère, ils se livrèrent au pillage et se portèrent à tous les excès Femmes , enfans , s’enfuirent avec le bétail ; les hommes en état de porter les armes s’assemblèrent et demandèrent d’être menés au combat; mais leurs chefs, qui n’avaient pas reçu d'ordres, hésitèrent ou se divisèrent d’opinion. Le 10, au matin, les bannières des cinq Gantons se déployèrent. Houg avec deux mille hommes rejoignit l’avant-garde à Hitzkirch et se porta sur Boswyl. Le reste de l’armée catholique marcha sur Cappel où l’on attendait les Zuricois. Un héraut alla signifier à Zurich la rupture des alliances.
Déjà les Zuricois avaient reçu des avis réitérés de l’armement des Catholiques. Un messager de confiance, que Lavater avait envoyé secrètement à Zoug, s’échappa, non sans péril, et vint donner avis à Cappel qu’il avait vu flotter la bannière et les milices serassembler Cette nouvelle parvint à Zurich dans la nuit. Le Conseil s'assembla. Le banneret Schweizer demanda qu’on fit au moins marcher une avant-garde; il insista en vain. Le lendemain arriva en hâte le pasteur de Rifferswyl, avec la nouvelle que les paysans se pressaient
inéc dans VHelvitie, en 1826 ; el celle de Bullingcr, qui a rccbcrché avec un soin consciencieux la vérité sur ce qui se passait dans un camp comme dans l’autre.
’* Salnl, Tsehoudi. Batliitger,
” Joncr à P. Simler, 9 octobre , au matin ( CôtI. Siml.,, XXl.V j.