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LIVRK VII. PART. IV. CHAP. IV

Zwingli chevauchait avec cette multitude confuse. Conseil l’avait cette fois invité à prendre part à l’expédition*®. Prêt au sacrifice de sa vie et le cœur plein de la gravité des circonstances, il épanchait son âme en ardentes prières. A l’instant même où l’armée se mettait en marche, les Catholiques commençaient l’attaque sur le flanc opposé du mont Âlbis.

La veille au soir, les troupes de Lucerne et des Waldstetten étaient arrivées àZoug, bien équipées, en bel ordre , et commandées par l’avoyer Golder et les landammanns Troguer, Richmouth et Zelger; elles s’unirent aux Zougois, commandés par Thoss. La belliqueuse ardeur des guerriers s’accrut à la vue de leurs alliés sous les armes, au récit qu'ils se flrent mutuellement de ce qu’ils avaient souffert par la cruauté des sectaires et à l’ouïe des propos par lesquels ils s’encourageaient les uns les autres. Le 1 1 octobre , ils commencèrent par entendre la messe , déjeùnérent , se rangèrent sur la place d’armes et prêtèrent serment aux ordonnances de guerre. Ils allaient se mettre en marche, lorsque quelques hommes des plus âgés d’entr’eux se sentirent, à cette heure solennelle, assaillis par la pensée des fautes graves qui pesaient sur leur parti; ils se souvinrent de la corruption des chefs, de l’or pour lequel ils s’étalent vendus, des débordemens de la jeunesse et de sa baine pour toute espèce de frein. (( 11 faut, dirent-ils, que nous fassions vœu de mieux vivre, et qu’humiliés nous implorions ici l’assistance

" • Ses ennemis demandt-rent surtout qu’il sc mil eu marche , voulant se défaire de lui. • Jean Leu (dans la biographie de son père ). , Son cheval recula , comme il le voulait monter ; maint témoin le dira ; c’était mauvais présage. • fV. Steiner, ch. ma». îialat.

du Très-Haut. » Toute l’armée répondit en ployant le genou , et chaque soldat fit une courte prière. Quand ils se relevèrent, leurs chefs leur rappelant ce qu’ils avaient souffert, et ce qu’ils devaient à la mémoire de leurs ancêtres , recommandèrent la discipline et l’union. Puis la petite armée s’avança vers Cappel.

11 y avait à Cappel parmi les Zuricois une grande agitation. Ils avaient vu la veille des barques chargées de soldats sillonner le lac de Zoug et l’ennemi s’avancer. Le retentissement des cors était parvenu jusqu’à leurs oreilles. Une armée entière, ils n’en pouvaient douter, allait tomber sur leur petite troupe. Dès le point du ‘ jour, ils se formèrent dans une prairie et cherchèrent une position dont la force suppléât à leur petit nombre. Ils la choisirent sur une colline qui s’élevait derrière le couvent et qui coupait la route de Zurich. Devant cette colline régnait un fossé profond sur l’un des flancs et sur l’autre était un vallon marécageux le long d’un petit bois de hêtres. Gœldli négligea d’appuyer ce flanc par un abatis et par des retranchemens , ce qui fut une des principales causes de la défaite. Elle fut rendue plus sanglante par la circonstance que le fossé se prolongeait derrière la position occupée par les Zuricois et qu’il n’y avait qu’un pont étroit sur lequel on pût le traverser. ,

Ce poste occupé, la moitié du jour se passa pour les Zuricois dans l’inactivité. Las d’ètre debout, les pieds mouillés par une rosée abondante , ils étaient allés en grand nombre chercher du feu et des vivres au couvent et dans les maisons environnantes; deux cents hommes au plus étaient demeurés sous les drapeaux, quand, vers onze heures, les sentinelles avertirent de l’approche de l’ennemi Les tambours ballirent; la troupe

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