LIVRE VU. PART. IV. CHAP. IV
ce champ de bataille. Il fut trouvé gisaut parmi les corps de plusieurs ministres de l’Évangile que la mort avait frapp,és avec lui. Une première blessure lui avait été faite à la tète , tandis qu’il consolait un mourant, puis il en avait reçu d'autres, et il était allé tomber non loin d’un arbre qui fut appelé dés lors le poirier de Zwingle Il vivait encore , et conservait des traits calmes et un visage serein Les ennemis s’approchèrent, l’invitèrent à se confesser et à invo- ^ quer les Saints; il garda le silence. « Meurs donc, hérétique obstiné , n s’écria le capitaine Vokinger d’Unterwalden , en le frappant d'un dernier coup Le bruit de sa mort se répandit au matin. Les Catholiques se précipitèrent en foule vers le lieu où il gisait,
Les corps de quinze ecclésiastiques, et enlr’aulres celui de Géroldseck, gisaient auprès du sien. Tichoadi (Mém. à Itbeiuau, Vll ). ,
“ Un descendant d’Adam Næf, du défenseur de la bannière, planta,» il y a cinquante ans , un arbre nouveau an lieu qu’occupaient les restes du tronc du vieux poirier. >
Ballinger, sur le dire de Bartbolomé Stocker, de Zoug.
Bnllinger le nomme Tuebinger. Bullinger se rectifie dans l’Hist. de ITInterwald.
** • U avait les mains croisées et le regard au ciel. • Bullinger. i II était couebé sur le visage eberebant à n’étre pas reconnu. » Tschoadi.
• Ils le tournèrent, le reconnurent; l’un d’eux lui demanda s’il voulait se confesser, et, sur le signe qu’il ne le voulait pas, un bon et vieux chrétien lui planta son épée dans la gorge. Us ne bénirent pas peu le Tout- Puissant en voyant ruisseler le s^ng de l’auteur de tant de maux, d’angoisses, et de misères, à qui Dieu avait pourtant fait la grâce d’avoir été prêtre et de mourir en compagnie de braves gens, à défaut de quoi il n’y eût eu rien d’étonnant à ce qu’il se trouvât plus de diables autour de son corps qu’il n’y avait de morts sur le champ de bataille; soit dit sans le juger, car la chose reste pendante. • Salai. • Zwinglius in genua prolapsus bis verbis fatur ; ah quæ fortuna hæc ? âge , corpus quidem occidere possunl, animam non possunt; atque bis dictis obtulil Deo spiritum, • Mj’eoniue.
la plupart avec l’expression d’une cruelle joie, quelques-uns le cœur oppressé. Un d’eux » Jean Schœnbrounner , qui avait été chanoine ^ Cappel , ne put maîtriser ses pleurs : « Quelle qu’ait été ta croyance, je sais , dit-il , que tu fi» un sincère et loyal confédéré ! Zwingli , Dieu veuille avoir ton âme! » D’autres demândérent que le corps de Zwingli , divisé en cinq parts, fût envoyé à chacun des cinq Gantons. Plusieurs voulaient le livrer aux flammes. « Paix aux morts, crièrent l’avoyer Golder et le landammann Thoss de Zoug; laissez Dieu juger, et souvenez-vous que la campagne n’est que commencée. » La multitude leur répondit par des cris de fureur et ne laissa d’autre parti aux hommes sages que celui de s’éloigner avec ' tristesse. Alors on publia au son de la caisse qu’on allait procéder à un jugement pour cause d’hérésie; la • sentence rendue, le bourreau de Lucerne s’approcha ; le corps de Zwingli fut écartelé , livré aux flammes, et sa cendre mêlée à celle de porcs que l’on immola C’est ainsi que la dépouille périssable de l’homme de Dieu fut jetée aux vents par une multitude aveuglée; l’âme de ce fidèle s’éleva vers la céleste assemblée, l’objet de ses fervens désirs. Trois siècles se sont écoulés dès Tors , et la moitié de nos Cantons a continué de bénir la mémoire de Zwingle; un jour viendra que tous les Confédérés, mieux instruits de ce qu’est la doctrine chrétienne, reconnaîtront en elle la religion de vérité, de liberté et d’amour; libres alors des préjugés qui obscurcissent leur vue, ils s’accorderont pour honorer
SaUit. TsekoudL Ils racontent ces mauvais IraitemcnB , infligés II l’arcbi-bérétique , avec joie , et .en approuvant ceux qui les lui flrent subir. On voudrait pouvoir douter que le réck qui porte le nom de Tschudi, et qui est plein d’erreurs dictées par la passion , soit de lui.