‹ Histoire de la Confederation SuisseChapitre 217 sur 234 · I.IVRK Vil. P,tRT. IV. CHAP. IV · texte numérisé non relu

I.IVRK Vil. P,tRT. IV. CHAP. IV

d’uu même senlinicntle noble martyr d’une sainte et généreuse foi^‘.

Les fuyards qui les premiers portèrent à -Zurich la nouvelle du désastre de Cappel arrivèrent dans la ville à sept heures du soir ; cette nouvelle souleva un violeftt orage'. Les- uns laissèrent éclater leur haine contre Zwingli , contre l’intervention des hommes d’église 1 dans les affaires de l’Etat , et contre la Réforme , cause des déchireraens de la patrie. D’autres, auxquels se joignit la multitude, remplirent la cité d’accusations de trahison et de perfidie, n Pourquoi, dirent-ils, la tribu des nobles s’est-elle assemblée hier ? Avant d’aller combattre les ennemis à la frontière, il fallait se défaire de ceux que renferment nos murailles. » Une voix partit d’une troupe nombreuse qui entouraitla maison de ville";

« Pourquoi, dit- elle, ne faisons-nous pas voler les têtes de deux ou trois des hommes qui siègent dans èes salles ? leur sang irait au ciel crier merci pour ceux qu’ils -, ' ont fait périr. » Peu à peu cependant les cris de la rage firent place à ceux de la douleur, qui sans cesse allait croissant. Les blessés commencèrent à arriver. Alors, marchant à la lueur de flambeaux ou de torches de résine, des femmes , des enfans se répandirent sur les chemins, s’enquérant avec anxiété du sort des leurs. Arrivait-il qu’une famille apprit d’un témoin de la bataille

s* Bullingcr s’exprime ainsi sur Zwingle (C. Siml., XXX) : • ScriptoresvitarDm non lam facta , quam consilia faclorum scribere debent, qoo animo , quibus artibus , quo cbnsilio , qua commoditate qnidquid factum sit. Nam cum simpliciter facta referuntur, tnm judicium ab eventu nascitiir, et viri boni propter eventus malos mali et imprudentes jndicantur. .

* La bataille de Cappel en elle-mOme était sans importance; ce furent la perte de Zwingle et de ses amis J et le découragement des patriotes qui aggravèrent la plaie. (Trad. )

qu’il avait vu succomber celui qu’elle cherchait, elle remplissait aussitôt les airs des cris de sou deuil. Tout-àcoup le tocsin se fit entendre; il appelait de nouveaux combattans à s’arracher à leurs foyers et à se mettre en marche vers l’Albis. En ce moment une femme, c’était Anna, la veuve de Zwingle, apprit, par des messagers qui se suivirent à de courtes distances, la mort de son mari, celle de son fils, puis celle de son gendre, de son frère et de son beau-frère. Quel sort eût été le sien sans la foi , qui de l’âme de son mari avait passé dans la sienne! La foi lui enseigna la résignation. Les amis de Zwingle lui prodiguèrent les témoignages de leur affection fraternelle , et Bullinger voulut qu’elle vînt habiter dans sa maison. Elle y passa les sept ans qu'elle vécut encore Bien des familles partagèrent le deuil de la veuve de Zwingli, car un cinquième des citoyens de Zurich avaient été tués ou blessés grièvement à Cappél Voyant la ville plongée dans l’effroi, le sénat conjura les cités de la combourgeoisie chrétienne d’accourir à son secours. Trois fois dans une même nuit il écrivit à Berne, la suppliant de mettre un terme à ses hésitations. « Vous savez, lui disait-il , combien ce fut à contre-cœur, que, dans le seul but de vous complaire, nous consentîmes à intercepter les vivres aux cinq Cantons et à nous laisser prévenir par leur attaque.

•* Vie 'd’Anna Reinbart par Mes» , 2* édition.

].es Calholiqucs^élaienl au nombre d’environ six naiile hommes; mais il n’y en eut qn’un tiers à la première attaque. Les Zuricois arrivèrent successivement sur le champ de bataille; leur nombre s’éleva à deux mille . peut-être deux mille cinq cents hommes. Ils perdirent quatre cent dix-sept campagnards, parmi lesquels dix-huit ecclésiastiques ; et de la ville sept membres du petit Conseil , dix-neor du grand . sept ecclésiastiques et soixante-quatre citoyens, lis curent Itêauconp de prisonniers et.de blessés.

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