LIVRE Vil. PART. IVi CHAP. IV
Aujourd’hui que nous avons pavé chèrement notre condescendance, veuillez vous souvenir de la promesse que vous nous avez faite de considérer nos peines comme vos peines et de nous secourir nous et nos gens. Ordonnez, pour l’amour de Dieu, à votre bailli de Lenzbourg, de marcher enCn et de ne pas permettre qu’une irruption de l’ennemi nous isole et nous empêche d’agir de concert » L’ordre fut ensuite donné à la garnison de Bremgarten de se borner à la défensive jusqu’à l’arrivée des alliés , et un pareil message fut adressé à l’armée qui commençait à se reformer sur l’Albis. . ‘ ,
Les premières mesures pour défendre le passage important de l’Albis avaient été prises par Jean Steiner , qui courait rejoindre l’armée quand il en rencontra les débris. Il rallia les fuyards, ranima leur courage et dirigea leurs mouvemens jusqu’à l’arrivée de Gœldli. Lavater rejoignit l’armée au point du jour Elle n’avait plus d’artillerie. Quelques braves avaient tenté vainement pendant la nuit de sauver un petit nombre de pièces qui , n’ayant pu parvenir à temps sur le cbamp de bataille, étaient demeurées sur la route de Cappel; l’ennemi s’en était déjà rendu maître. Zurich
“ Archives Bern.
Snr le faux bruit répandu de la mort de Lavater , le Sénat avait envoyé G. Berguer prendre le commandement de l’armée ; dés que Berguer eut vu arriver Lavater, il revint ii Zurich. • Sa nomination, dit Myconiiis, montre bien que le Sénat avait perdu le sens ; car les ennemis de l’Evangile se faisaient gloire de le compter dans leurs rangs. Le sénat le croyait un serviteur fidèle de la république , parce qu’il était un brave qui avait l’expérience des batailles. • — Il commandait l’armée dans la campagne de 1529 , et se montra désireux de la paix; dès lors les soldats l’avaient nommé le capitaine Miséricorde , et les hommes qui avaient poiissé'è la guerre le traitaient en ennemi.
envoya les canons dont elle put se passer. Peu à peu les alliés commencèrent à arriver au oamp : les Grisons , forts de mille cinq cents hommes , sous les ordres du capitaine général Frey de Zurich ; les Thurgoviens, en nombre égal , commandés par leur bailli , Brounner de Claris; puis six cents Toggenbourgeois, et enfin la bannière de la petite ville de Stein. Le corps zuricois qui était campé à Wædenschwyl, sous le commandement de Bleuler, rejoignit aussi l’armée de l’Albis. 'Grâce à ces renforts , cette armée se trouva forte de douze mille hommes. Mais elle était paralysée par le désordre et la désunion. Les mêmes cris qui avaient troublé la ville de Zurich à la nouvelle du désastre de Cappel, se faisaient entendre parmi les hommes d’armes. Les guerriers maudissaient la trahison et se plaignaient, dans le langage des camps, des belliqueuses fureurs des gens d’église; quelques-uns d’entr’eux conseillaient ouvertement de demander la paix, et d’autres avaient peine à déguiser leur secrète joie. Lavater voulant rétablir te discipline, ordonna une revue pour le lendemain. Il harangua ses soldats, leur montra les plaies de leur patrie, et jura le premier de tout sacrifiera l’honneur de Zurich. Un sermon suivit son discours , et l’armée prêta serment. Il fallait effrayer les traîtres par un exemple; on fit trancher la tête à un idiot que les Catholiques avaient employé comme 'espion. Puis le conseil de guerre fut renouvelé. Sitôt élu, il s’assembla. La va ter avait reçu du sénat l’injonction de se tenir sur la défensive jusqu’à ce que les alliés eussent manifesté leur résolution ; il avait dès lors reçu l’avis de l’approche des Bernois èt des Bâlois'; son opinion et celle du capitaine Frey fut qu’il fallait retourner à Cappel et y surprendre l’ennemi par une
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