‹ Histoire de la Confederation SuisseChapitre 219 sur 234 · LIVRE VII. part. IV. CH AP. IV · texte numérisé non relu

LIVRE VII. part. IV. CH AP. IV

brusque attaque. Fussii prit la parole : u Ce serait, dit-il , n’avoir i^gard ni à l’ordre du sénat ni au désir que les Bernois nous ont manifesté d’agir de concert avec nous. Après avoir mis un pied dans la rivière, ce serait s’y précipiter de l’autre. Courage, ni canons, l’ennemi ne nous a rien laissé; et pour moi , je ne vois pas , après mûr examen , que nos gens soient dans des dispositions qui nous fassent présager le succès d’un nouveau combat. » Gœldli fut d'avis d’expédier un courrier au gouvernement pour lui demander l’ordre d’attaquer. « Commençons par l’attaque, lui répondit Frey, et nous enverrons le courrier porter la nouvelle de la bataille. Par là nous éviterons à nos seigneurs d’aussi tristes débats que ceux qui nous retiennent ici. » Il n’entraîna pas l’assemblée. La majorité se rangea à l’avis de demander l’ordre du gouvernement, qui fut celui de se réunir aux Bernois. L’armée obéit, se replia, et descendit l'Albis. Elle passa devant les portes de Zurich en présence d’un peuple mécontent et fit à Bremgarten sa jonction avec ses alliés.

Le mouvement que les Zuricois venaient d’opérer remplissait les vœux des Catholiques. Les cinq Cantons, instruits des dispositions iMcnveillantes du peuple bernois, et persuadés d’ailleurs qu’ils avaient; peu à redouter de la part d’ennemis aussi lents à s’avancer dans l’arèoil^ ne songeaient qu’à mettre promptement Zurich hors de combat. Us avaient, peu après la bataille, sommé les communes sises sur les deux flancs de l’Albis, de leur prêter le serment de sujétion et d’obéissance , les menaçant , en cas de refus , d’une vengeance terrible; mais les communes repoussèrent hautement cette sommation. Celle de Wædenschwyl sollicita même quelque secours pour pouvoir faire une irruption

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dans le pays de Schwyz et montrer à Zurich sa fidélité par des faits. Le sénat lui répondit par de vagues promesses , et cependant les seules troupes qu’il y eût dans la contrée , celles de Bleuler , partaient pour l’Albis, et la laissaient ouverte à l’ennemi. La colère, la méfiance et le découragement gagnèrent de proche en proche. Sur ces entrefaites l’armée des cinq Cantons se mit en marche et se porta sur l’Argovie. Chemin faisant, elle saccagea le pays et maltraita particulièrement les ministres de l’Ëvangile et les hommes signalés pour leur attachement à Zurich. Elle fit halte non loin des lieux occupés par la division catholique qui, depuis l’entrée de la campagne, était demeurée campée sur les bords de la Reuss. Cette division s’était accrue par des renforts venus de Lucerne et par l’arrivée d’un corps italien que commandait Baptiste d’Isola; ce furent surtout ces étrangers qui semèrent par leurs violences et par leur soif du butin l’effroi dans le pays. '

La partie des bailliages dans laquelle se répandait l’invasion des Catholiques , s’était montrée attachée à la Réforme; aussi les Zuricois conjurèrent-ils le bailli bernois de Lenzbourg, Sulpitius Haller, de ne pas la laisser en butte à la fureur de l’ennemi. Haller n’eût pas hésité s’il n’eût suivi que ses sentimens personnels ; mais il ne se croyait pas libre d’agir sans un ordre supéfieur qu’il avait déjà mainte fois solbeité en vain. Berne n’était pas moins que Zurich paralysée dans tous ses mouvemens. Elle était en proie aux mêmes discordes, et l’éloignement du danger laissait aux dissentimens un libre cours Le commandement de l’armée

Zurich se plaignait de la négligence de Berne à lui répondre. Les

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ne pouvait être conGé qu’à des ennemis de la Réforme. Le peuple témoignait en plus d’un lieu son attachement aux Catholiques ou la crainte d’une invasion Fribourg refusait tout secours Il fallait avoir l’œil sur le Valais et sur la Bourgogne. La malveillance se cachait sous le masque de la circonspection. Le moment vint cependant de répondre aux cim[ Cantons qui avaient sommé Berne de leur renvoyer l’acte qui les unissait à elle; on rompit avec eux le jour que se donnait la bataille de Cappel, et le lendemain partit In première bannière. Elle guidait un corps de six mille hommes, bien pourvu d’artillerie et commandé par l’ancien avoyer Sébastien de Diesbach. Ce général était demeuré dévoué à la foi romaine. Arrivé près de Saint- Urbain , d’habiles capitaines lui conseillèrent de pénétrer dans le canton de Lucerne, de forcer par ce mouvement les Catholiques à partager leur petite armée, et de répandre l’épouvante dans leurs foyers. Diesbach ne le voulut point ; il poursuivit sa marche sur Lenzbourg, où il arriva le 13 au soir. Il y rencontra les auxiliaires de Bâle, de Soleure, de Bienne et de Mulhouse, qui se joignirent à la troupe qu’il commandait. Les contingens de Schalfhouse , de l’Appenzell et de la ville de Saint-Gall avaient accru les rangs des Zuricois. Les deux armées firent le 14 leur jonction à Breingarten, et leurs forces réunies se trouvèrent être de vingt-quatre mille hommes. Le même jour, Berne mettait sur pied un nouveau corps de six mille hommes

coarrien à pied melUient vingl^quatre heures à se rendre de Zurich à Berne; nos postes ne sont pas plus promptes. Btrne.

Lettre deKnccht, bailK, ii Wanger, dans la Coll, de Lettres, ji. Bem., 10 oct. 15S1 , etc.

*• Ibi<L, ÎO octobre.

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SOUS les ordres de l’ancien avoyer d’Erlach; elle finit par appeler sous les armes, au nom de leur serment et de l’honneur, « tous ses sujets pieux et fidèles. » De ces soldats, quelques mille prirent position avec d’Erlach au passage du Brunig, et deux mille, sousNægueli, aux frontières du Valais

Sur ces entrefaites , les Bernois et les Zuricois , réunis à Brenigarten , quittèrent cette ville et s’avancèrent sur les bords de la Ileuss , en suivant les uns la droite et les autres la gauche du lleuve; à leur approche les Catholiques se replièrent, non sans quelque désordre. L’avis qu’ils reçurent des nouvelles levées faites à Berne rappelèrent beaucoup d’Unterwaldiens et de Lucernoisà la défense de leurs foyers. Arrivés à Mouri, les Bernois se vengèrent des brigandages de l’ennemi en pillant leur tour la contrée; le butin qu’ils firent fut presqu’cn entier abandonné aux Argoviens réformés pour les indemniser de leurs pertes. Bientôt il se présenta des médiateurs d’Appemiell, de Neuchâtel et de Soleure ; les Bernois les adressèrent à Zurich , sans laquelle ils dirent ne vouloir donner la main à aucune proposition de paix. Sensibles à ce procédé , les Zuricois en témoignèrent vivement leur reconnaissance : « Nous raconterons à nos derniers neveux, dirent-ils, la belle conduite de nos alliés. » Après de légères escarmouches, les Catholiques se retirèrent sur Baar, les Bernois passèrent la Reuss à Maschwanden , et de nouveau réunis à leurs alliés, ils allèrent camper à Blickenstorf , en face de l’ennemi. On avait mis huit jours à faire reculer de quelques lieues des adversaires

dont les forces étaient inférieures de moitié. Les chefs

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