‹ Histoire de la Confederation SuisseChapitre 220 sur 234 · LIVHK VU. PART. IV. CHAP. IV · texte numérisé non relu

LIVHK VU. PART. IV. CHAP. IV

du l'armée bernoise, il était facile de le voir, s’attachaient à sauver les apparences en faisant aux Catholiques le moins de mal qu'ils pouvaient. Les Zuricois se défiaient de leurs alliés et étaient eux-mêmes désunis. Les soldats avaient le sentiment d’avoir perdu l’élite de leurs chefs. Le sénat avouait l’affaiblissemcnt de sa force morale. Lavaler lui-même, se voyant entravé de toutes parts, avait perdu sa mobile activité. Frey conservait seul son ardeur et ne cessait de demander la bataille. Enfin, on résolut de la livrer. L’ennemi occupait une forte position, défendue par quarante-quatre pièces de grosse artillerie on se décida à l'attaquer à la fois de front et à dos. Le 2^ octobre, Frey partit avec quatre mille hommes pour le tourner. Il passa à Gappel, rejeta au-delà de la Sihl les avant-postes des cinq Cantons, traversa la rivière, et vint s’asseoir sur les hauteurs que domine le Goubel. Ses soldats, se croyant sûrs de la victoire, agitaient fièrement leurs drapeaux , puis ils se mirent à piller les églises, à ravager le pays et à maltraiter cruellement les malheureux villageois. Femmes et enfans s’enfuirent dans la campagne en poussant des cris et en appelant au secours et à la vengeance. A ces cris , qui pénétrèrent jusque dans le camp des Catholiques, leurs capitaines, quelque décidés qu’ils fussent d’abord à ne point affaiblir leur ligne de défense, détachèrent un corps d’observation de mille cinq cents hommes. Ils en donnèrent le commandement à Hong, et le laissèrent libre de combattre s’il le fallait. La plupart des habitans de la contrée se joignirent à Iloug et à ses soldats. Ils ne partirent qu’après avoir vu les Bernois, qui suivant

U élait fonde dix mille hommes; sa droite s’appuyait sur l;i l>orel/..

le plan de bataille arrêté devaient attaquer la ligne de front, se borner à une démonstration et se retirer dans leur camp®*. La nuit était avancée quand ils approchèrent du Goubel. Les Réformés étaient répandus sur la colline dans le plus grand désordre , livrés pour la plupart au vin ou au sommeil. Point de sentinelles; point de retranchemens. La division était composée de corps de divers Cantons, qui se considéraient comme indépendans les uns des autres et ne respectaient aucun ordre supérieur®^. Cependant les Catholiques s'avancaient; six cents d’entr'eux ®®, les plus alertes et les plus avides de vengeance, devancèrent leurs compagnons d’armes et arrivèrent les premiers ; quelquesuns, qui connaissaient le terrain, s’approchèrent, virent le désordre où étaient les Réformés et coururent inviter leurs camarades à une brusque attaque. Le temps était clair; la lune brillait au ciel; la délibération dura peu. Tous se couvrirent de leurs chemises pour se reconnaître dans la nuit; puis ils firent leur prière, et à deux heures du matin, ils s’élancèrent d’une forêt de pins sur l’ennemi , en poussant des cris effroyables. La résistance fut courte et sans ensemble; les guerriers Jes plus braves périrent en se défendant avec intrépidité; Frey succomba des premiers. Le

" • Summa , Jeta Bettli ward nit heimlich, zog wieder dem Loch tu. • ilfan. d’un Zougois.

La division se composait de quatre cents Zaricois, trois cents Bâlois , trois cent quarante-cinq SchalTbonsois , denx cents St. -Gallois , quatre-vingts Mulhousois, soixante hommes de Biscliorzell , cent trente de Diesscnhofen , huit cenis sujets de l’Abbaye , six cents Toggenbourgeois et mille Thurgoviens; ceux-ci rangés sons les drapeaux , souvent ennemis, de Frauenfeld et Weinfelden.

Ithen d’figeri, leur chef, les compta; ils étaient six cent trente-

trois.

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