LIVRE VII. PART. IV. CHAI*. IV
ÏMeu la cause que vous avez honteusement abandonnée. » Kolb n’eut pas plus tôt dit, que plusieurs voix s’écrièrent à la fois : « Loin , loin d’ici le prêtre séditieux ! » — ^ « Non pas , répondirent d’autres guerriers, car il a dit vrai ! » L’un de ces derniers, Jacques May, d’une famille qui des premières ‘s’était déclarée pour la Réforme , ne se borna point à prendre la défense du prédicateur ; car avançant son épée dans les plis d’un drapeau , il frappa l'ours , en hii reprochant son imbécile immobilité Mais les paroles furent perdues et les efforts demeurèrent inutiles. On était à l’entrée d’un hiver qui commençait plus tôt que de coutume; les pluies ne discontinuaient pas; un oi-age éclata avec une si grande violence que , renversant les arbres dans son cours , il blessa des soir dats en grand nombre et en écrasa plusieurs. La désertion augmentait. Dans de telles circonstances; la question du retour fut de jour en jour reproduite plus souvent. Des médiateurs, accourus de lieux divers’*, ajoutèrent un nouveau motif à ceux que l’on avait de mettre (in à la campagne ; ils annoncèrent que lescinq Cantons posaient pour première condition de paix la prompte évacuation de leur territoire.
Déjà les événemens que nous avons rapportés avaient dans plus d’un lieu changé la position des partis. A Claris, les Réformés, résolus à marcher au secours de leurs frères, avaient, le jour même de la bataille de Gappel, déployé la bannière cantonale; mais Aebli, témoin de l’indignation des Catholiques , avait mis empêchement à leur départ et convoqué une nouvelle
a Biitz, biitz, wilUt du denn nit kretzen? a BuUinger.
’* Wes villes de Souabe , de France , de Milan , de Savoie, de ^e^ch&lel , de Claris, de Fribonrg, d’Appenzell.
landsgeiueinde. L’assemblée délibérait bruyamment, quand elle apprit le désastre des Zuricois ; cette nouvelle fit baisser la voix des partisans de la guerre , et la landsgemeinde ordonna la neutralité. Bientôt on reçut avis des renforts qui arrivaient à l’armée zuricoise; Wésen et le Gasler avaient pris les armes; six cents Toggenbourgeois et mille Grisons campaient à Uznacb. Les Réformés glaronais avaient de nouveau résolu de se mettre en marche. Les Catholiques , de leur côté, jurèrent qu’ils iraient se joindre à leurs coréligionnaires. Mais cette fois aussi l’explosion fut prompte à se calmer ; la nouvelle de la défaite des Ré» formés au Goubel arriva à temps pour faire rentrer les Glaronais dans leur. rôle de pacificateurs, et dés lors ils n’en sortirent plus. Ils s’employèrent à faire élargir par les gens du Gaster des députés de Schwyz , arrêtés contre le droit des gens. Ils négocièrent un armistice entre les Réformés campés à Uznacb et les Catholiques de la Marche. A leur prière, les Toggenbourgeois obtinrent la confirmation de l’acte qui les soustrayait À la domination de leur abbé ; et dés qu’ils l’eurent obtenue, ils rentrèrent dans leurs foyers. Les gens du Gaster posèrent aussi les armes. 11 ne restait que les Grisons. Après avoir fait d’inutiles efforts pour rallier Glaris à la cause qu’il abandonnait, ils marchèrent au secours de Zurich , et lui demeurèrent fidèles jusqu’à la fin Ën de telles circonstances , il était facile de prévoir que les Réformés campés à Baar ne tarderaient pas à opérer leur, retraite. Les Bernois s’y décidèrent les premiers , et le reste de l’armée fut contraint à les suivre. On revint à Bremgarten. Les efforts des mé-
Val» Tschoudi. Mém. de Tschoudi, IX.