‹ Histoire de la Confederation SuisseChapitre 223 sur 234 · LIVRE VII. PART. IV. CH AP. IV · texte numérisé non relu

LIVRE VII. PART. IV. CH AP. IV

diutPiirs pour la paix avaient tous échoué par l’obstination des cinq Cantons à vouloir rétablir la messe dans la partie réformée des bailliages et par le refus (jiie lirent constamment les cités de se soumettre à cette condition. Alors les. cinq Cantons inondèrent de leurs soldats le territoire de Zurich, que la retraite de l’armée venait de laisser à découvert. Un corps de quatre mille hommes, dont les Italiens faisaient partie, laissa la Sibl et marcha sur Hirzel où se trouvaient mille cinq cents Zuricois. Zollinger commandait ceuxci. On l'avait abandonné dans une position isolée ; mais il espérait voir arriver les Grisons, qui venaient de quitter üznach et s’avancaient en suivant les bords du lac de Zurich. Le brouillard du matin commençait à se dissiper, quand Zollinger vit un beau corps de troupes venir à lui , marchant en bel ordre et dans un grand silence ; la direction que suivait cette petite armée et l’immobilité des avant-postes ne lui permirent pas de douter que ce ne fût celle de ses alliés. Mais la brume avait caché le péril aux sentinelles, et le cor d'Uri , résonnant tout-à-coup dans les airs, apprit aux Zuricois qu'ils étaient en présence de l’ennemi. La gloire d’une retraite était la seule à laquelle Zollinger pût prétendre ; il sut la faire avec ses troupes découragées sans jierdre ni hommes ni artillerie. Les Catholiques continuèrent leur marche. Ils convinrent d’une trêve avec la Seigneurie de Wædenschwyl, et pressés par la faim , qu’ils enduraient depuis longtemps, ils se précipitèrent sur Horguen , où ils firent main basse sur tout ce qu’ils purent trouver de vivres et de bétail. Les Italiens portèrent plus loin la violence et le brigandage. L’épouvante se répandit sur les bords du lac de Zurich ; les gens des campagnes se ré-

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fygiérent dans la ville; les chemins se couvrirent de femmes éplorées fuyant avec leurs enfans; les troupeaux, conduits dans des lieux inaccoutumés, remplissaient l’air de mugissemens lugubres Dans la ville même, on montait de nouvelles pièces d’artillerie, on traçait aux troupes cantonnées à Bremgarten l’ordre d’un prompt retour, et l’on se décidait à essayer une dernière tentative pour faire sortir les alliés de leur indifférence. Ëdlibach se rendit auprès du général bernois, et d’une voix émue il le conjura de se souvenir de l’assistance que Berne avait reçue de Zurich dans les guerres de Bourgogne. Diesbacb lui répondit : « On dirait, à vous entendre, que mes seigneurs de Berne ne vous sont aujourd’hui d’aucun secours ; il parait que vous n'avez aucune idée des forces que nous avons en campagne et de ce que nous coûte cette guerre. » — « Calmez-vous, repartit Ëdlibach, et pardonnez à l’émotion que j’éprouve. Je sais que vous avez mis sur pied des armées puissantes ; mais à quoi nous servent-elles, s’il leur est interdit de franchir les limites des cinq Cantons , si les cinq Cantons usent envers vous des mêmes égards, et si, tandis que vos troupeaux broutent en paix l’herbe de vos Alpes , vous voyez d’un œil tranquille l’ennemi porter le ravage dans nos maisons ? » 11 parlait encore quand le bourgmestre Rœusl arriva porteur d’un nouveau message et de nouvelles sollicitations. Zurich conjurait ses alliés de venir prendre place derrière ses remparts, tandis que ses propres soldats combattraient en pleine campagne. « On y songera, répondit froidement Diesbach ;

'* . Le bétail , quand il arrive eu des lieux nouveaux ou au milieu de troupeaux étrangers, mugit laqientablement. > Tschoudi.

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