‹ Histoire de la Confederation SuisseChapitre 224 sur 234 · LIVRE Vil. PiWlT. IV. CHAP. IV · texte numérisé non relu

LIVRE Vil. PiWlT. IV. CHAP. IV

je vais en écrire â Berne. » A ce mot, les députés ne doutèrent plus que Zurich ne fût abandonnée à ellemême. Les conlingens des villes , à l’exception de celui de St.-Gall , demeurèrent avec les drapeaux des Bernois. Les Toggenbourgeois et les Thurgoviens regagnèrent pour la plupart leurs foyers , et l’armée zuricoise , réduite à ses propres forces , vint de nouveau passer auprès des portes de sa ville pour se reporter sur l’Albis. Cette marche eut lieu par une nuit sombre, orageuse, et au travers de torrens de pluie. Les troupes ne savaient qui les commandait’*; car Lavater et Gœldli avaient reçu l’ordre de rentrer dans leurs foyers et d'y garder les arrêts jusqu’à ce qu’ils fussent mis en jugement. Enfin l’armée vit arriver un chef qu’elle aimait et qui jouissait de l’estime des Catholiques ; c’était Jean Escher Il disposa ses troupes au-dessus de Horguen, sur le mont Zimmerberg. De cette position elles virent l’ennemi se replier, et s’approcher les Grisons, qu’elles saluèrent comme des bienvenus. On ne tarda pas à recevoir la nouvelle d’un succès : des partis catholiques avaient, dans deux rencontres, été battus par les villageois du pied de l’Albis et ces légers avantages avaient rendu la confiance aux habitans des campagnes. C’est en partie à cette circonstance, c’est en partie aussi à l’affection que se por-

cNous vous demandions : qui commande? — quelques-uns répon. dirent • le meunier de Pfungcn. » A Ruscblikon, je demandai • où sont nos capitaines? • et ne sus trouver que le banneret que je priai de me dire où nous allions. — ■ Qu’en sais-je, • me répondit-il. • FaitU. Lavater avait perdu la tête et on l’avait prié de renoncer au commandement. BulUuger, . «

• Agé, mais brave, aimé, orateur habile; ses gestes brusques cl ses phrases coupées l’avaient fail surnommer Eschcr-lc.tronçon ( Klotz-Escher). • BuiUnger, • '

talent des peuple.s de pâtres, unis par la conformité de leurs mœurs et par une vieille amitié, que nous attribuerons la part que les paysans vont avoir à la conclusion de la paix.

. Les cinq Cantons, quel qu’eût été le succès de leurs armes, souffraient cruellement de la prolongation de la guerre. Tandis que les hommes les plus robustes vi- • valent loin de leurs foyers, la disette s’y faisait sentir. Les villages frontières succombaient sous le poids de leur charge. Les rigueurs de la saison ne permettaient pas aux guerriers de trouver beaucoup de charme dans la vie des camps. En ces conjonctures, des communications s’établirent entre les avant-postes des deux partis , et les Catholiques répétèrent aux paysans zuricois qu’ils étaient disposés à faire la paix avec eux aux conditions pi'oposées par les médiateurs, si la ville s’obstinait^ rejeter ces propositions. Les cinq Cantons adressuèrent même une sérieuse sommation aux communes zuricoises d'accepter promptement la paix qui leur était offerte, si elles ne voulaient s’exposer à une invasion nouvelle et terrible. Les paysans furent dans l’émoi, lis firent clairement savoir à Zurich qu’ils étaient las de supporter les maux de la guerre. Dès lors le parti de la paix triompha dans le sénat. Des députés se rendirent à l’armée avec le mandat de conserver à Zurich l’Évangile avant tout, puis, autant qu’il se pourrait, tout ce que réclamait l’honneur. Les Catholiques de leur côté, instruits par les paysans zuricois de ce qui se passait dans la ville, délibérèrent sur les conditions qu'ils feraient. Plusieurs d’entr’eux voulaient que l’on prof^tàtde la victoire pour rétablir la messe au moins dans tous les bailliages ; mais Golder les combattit dans le langage noble et modéré, qtii est celui du véritable

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