‹ Histoire de la Confederation SuisseChapitre 225 sur 234 · LIVRE VII. PART. IV. CHAI’. IV. 'l · texte numérisé non relu

LIVRE VII. PART. IV. CHAI’. IV. 'l

huinme d’État; il demanda que cette mesure ue fût prise que contre les gens de Wésen, de Rapperschwyl, de Bremgarten , Mellingen et du Gaster, qui avaient fait preuve des dispositions les plus hostiles envers les cinq Gantons ; et soutenu par les landamraans Troguer et Thoss, il rallia au parti de la douceur la majorité des suffrages. Escher à son tour con-7 voqua ses soldats en assemblée délibérante ; tous furent d’accord de sacrifier leurs biens et leurs vies plutôt que la possession de l'Évangile ; mais ils se divisèrent sur la conduite à tenir relativement aux bailliages. Le coramLs d’exercices , George Muller, dépeignit en traits vigoureux la bonté, l’éternelle honte, qu’il y. aurait à abandonner les Toggenbourgeois , les Thurgoviens et les gens du Gaster, après les avoir appelés aux armes, et l’obligation sacrée qu’avaient les Zuricois de ne faire aucun traité sans les y comprendre. Escher lui-même invita l’assemblée à ne pas croire la position de Zurich désespérée , à ne pas regarder la cause de la Réforme comme abandonnée par l«s Bernois , et à ne pas se soumettre inconsidérément aux conditions qu’il plairait aux cinq Cantons d’imposer. Un paysan de Thalwyl lui répondit : « Noire commandant nous conseille de ne pas nous hâter de conclure la paix; il peut y avoir dans la ville beaucoup de gens de son avis. Je les conçois ; ils reposent à l’aise derrière leurs murailles et vivent des dimes et des redevances qui continuent à se prélever sur nos champs ravagés. C’est nous que la guerre atteint; c’est nous qu’elle ruine. Reconnaissons, il en est temps, que le sort des armes nous est contraire ; car bien (jue nous fussions de beaucoup supérieurs en nombre, nous avons été battus doux fois. N’esjiérons pas vaincre l’ennemi par la fa-

mine ; elle ne le rendra que plus avide à nous piller. N’oublions pas que c’est en agissant envers les Gantons d’une manière peu chrétienne que nous avons provoqué leur vengeance, et éloigné de nous la protection du ciel, sans laquelle nous ne pouvons rien. On compte sur les Bernois. Leur ptiissance ne nous a guère servi jusqu’à cette heure. Qu’ont-ils fait pour nous après Cappel? Qu’ont-ils fait à Baar? Je me souviens d’un proverbe de nos pères : cf Zurich, disaient-ils, préfère le dommage à la honte , et Berne la honte au dommage. » Ces deux Cantons se sont alliés sans se souvenir du dicton; ils sont entrés ensemble dans la lice, et Berne s’en est tirée comme vous savez, nous laissant le dommage à nous seuls. 11 est temps qu’expérience apporte sagesse. » Ce discours entraîna les suffrages d’une grande majorité, et le général, se conformant au vœu de son armée, se rendit avec une suite nombreuse à D-ænikon , sur le territoire de Zoug , pour conférer de la paix avec les cinq Cantons

Cette paix fut enfin conclue aux conditions suivantes. Zurich se soumit à laisser les cinq Cantons « dans la pleine possession de la véritable foi chrétienne, sans les troubler par des arguties ou des disputes, et sans attaquer ce qui est inattaquable. >< Les Catholiques s’engagèrent, de leur coté, « à laisser à Zurich et à ses alliés leurs croyances. » Ne furent pas compris dans cette garantie les bailliages libres, ni les villes de Bremgarten et de Mellingen qui se trouvaient encore, avec la ville de Berne, en état d’hostilité contre les cinq Cantons. N’y furent pas compris non plus le Gaster ,

Tschoudi, Bullinger, Fussii et Atyconius s’accordenl dans leur manière de raconter tons ces faits.

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