‹ Histoire de la Confederation SuisseChapitre 226 sur 234 · LIVRE VII. PART. IV. CHAP. IV · texte numérisé non relu

LIVRE VII. PART. IV. CHAP. IV

Wéseu, Rapperschwyl et le Toggenbourg, lieux sur lesquels Zurich u’avait aucune souveraineté à exercer. Dans les bailliages communs , les deux partis devaient demeurer dans leurs droits et dans leurs privilèges; ceux des sujets de ces bailliages qui avaient reçu la Réforme, demeuraient libres d’y persévérer ou de se rallier à la vieille foi. On convint que les biens d’Église seraient partagés entre les deux communions dans la proportion du nombre de leurs adhérens. Les injures furent interdites. Zurich promit de ne plus s’ingérer à l’avenir dans l’administration de contrées qui ne lui étaient pas soumises. L’alliance de combourgeoisie chrétienne et la paix nationale furent anéanties, et on spécifia que les sommes livrées parles cinq Cantons, en vertu de cette paix , leur seraient remboursées. Au demeurant, les choses devaient être replacées sur le pied où elles étaient avant la guerre. Les prisonniers devaient être échangés ou élargis contre rançon. « Ces conditions remplies, ainsi s’exprimèrent les députés en finissant, les deux partis déposeront toute animosité et toute haine; nous renoncerons à nous accuser les uns les autres d’intentions perfides; nous ne songerons plus qu’à nous pardonner nos torts mutuels , et. Dieu aidant, nous ne cesserons plus de nous aimer en loyaux confédérés et de cultiver comme tels des rapports de bienveillance, de libre échange et de bon voisinage » Déjà, pendant la durée des conférences , on avait recommencé à se donner le nom de « confédérés. » Quand elles furent à leur terme , les députés descendirent de cheval et plièrent les genoux en regardant au ciel. Escher s’approcha ensuite de l’avoyer

HuUiiiger. Tachoudi. (Voy. Helvetia, 1826.J /Ireli, Zur.

Golder et des landammans des quatre Cantons ; il serra leurs mains dans la sienne; des larmes coulèrent de tous les yeux ; ils burent fraternellement à la gourde les uns des autres, se saluèrent comme amis, et rejoignirent leurs compagnons d’armes

La paix faite avec Zurich , les cinq Gantons tournèrent , sans perdre de temps , toutes leurs forces contre les Bernois. Dès le 17, leur armée, forte de dix mille hommes et traînant une artillerie formidable , marcha sur l’Argovie. Les Italiens, placés à l’avantgarde, battirent le pays. Sans les attendre, les Bernois affaiblis par une désertion continuelle , abandonnèrent Bremgarten et Mellingen et se retirèrent sur leiir propre territoire. Il y avait à Arau des envoyés du roi de France, du duc de Savoie, du margrave de Baden et de la princesse de Neuchâtel ; ils se joignirent à des députés de Glaris, de Fribourg et d’Appenzell pour faire agréer leur médiation, et la paix fut arrêtée par leur entremise aux mêmes conditions qu’elle avait été conclue avec Zurich. Berne rendit les exilés du Ilasli et du Grindelwald à leur patrie , et elle s’engagea à payer trois mille couronnes d’indemnité pour les ravages commis par ses soldats. Telle était au moment de la cessation des hostilités la démoralisation de ses armées que ce ne furent pas ses bataillons , mais des paysans attroupés , qui repoussèrent des bandes enne^ mies occupées à piller son territoire’^®.

Le jour même que la paix fut conclue avec Berne, les cinq Cantons , impatiens de se voir délivrés des charges de la guerre , rappelèrent leurs soldats daità leurs foyers. Lucerne eut quelijue jieine à licencier ses

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