LIVRE VII. PART. IV. CHAP. IV. VJ.T
auxiliaires italiens; ce fut une légère expiation de la faute qu’elle avait commise en appelant au sein de la Suisse des soldats étrangers. Plusieurs Diètes et plusieurs conférences se tinrent ensuite, dans le but de régler des points qui n’avaient pas été déterminés par les articles de paix. Il fut convenu que Bâle et Schaffhouse achèteraient la paix au prix de mille couronnes, St.-Gall de six cents et Mulhouse de quatre cents; que l’ahbé de St.-Gall rentrerait dans l’entière, possession de tout ce qu’il avait perdu et recevrait des villes de St.-Gall et de Zurich une indemnité de dix mille üorins ; que ceux de ses sujets qui avaient embrassé la religion réformée seraient libres d’aller au prêche où bon leur semblerait, ou d’entretenir à leurs frais un pasteur; cette liberté ne leur était toutefois garantie que pour deux ans*'. Les Toggenhourgeois aussi devaient rester sous la domination de l’abbé, en conservant leurs franchises. L’acte de leur rachat était annulé. Le Conseil du pays, les juges, devaient être nommés moitié par le prince, moitié par les communes; les amendes être partagées; le culte être libre. Uznach et le Gaster furent châtiés sévèrement ; ils perdirent leurs libertés et leur bannière nationale ; plusieurs de leurs citoyens furent soumis à de fortes amendes et tous à une capitation d’un florin par tête ; le culte catholique fut rétabli dans toute la contrée. Rapperschwyl **, Bremgarten et Mellingen subirent
•• À Bremgarlen, le îd nov. Och$, Hui. de Bâle, VI, 6d. Ballinger.
•* A Wyl, le mercredi après iîejniiiMcere. Ballinger. Tiehoudi.
Après avoir tenté de résister.. Quand tout fut soumis un citoyen se défendit encore dans sa maison, contre laquelle il fallut braquer de l’artillerie et faire un siège. Ballinger. Schwyt nomma le nouveau sénat, et celui-ci le Grand-Conseil. Les livres luthériens furent livrés aux flammes.
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un sort pareil. Les huit Cantons, seigneurs des bail-^ liages libres, après avoir associé Uri à leur administration, donnèrent à leur bailli le droit de confirmer l’élection de l’avoyer de Bremgarten et de modifier au besoin la composition et les arrêts des justices de la province. Le doyen Bullinger et son fils étaient exclus de la paix du pays ; Zurich leur ouvrit les bras. L’abbé de Pfelfers s’était prononcé pour la cause de la Réforme et dilapidait de son mieux les biens de son couvent ; il sollicita sa grâce et reçut l’absolution de la bouche de l’évêque de Coire. Les chanoines de Z urzach revinrent de l’exib Moines et religieuses rentrèrent dans les cellules abandonnées de Rheinau# de Wetlingen j de Mouri ,• d’Einsiedlen, du val Ste.-Catherine. Leur zèle à travailler au recouvrement de leurs biens et au rétablissement de leurs privilèges fut presque en tout lieu couronné de succès*^. .v. i -
A Soleure le parti catholique n’avait pas vu sans une vive douleur le contingent du canton grossir les rangs des Réformés ; mais jusqu’à la conclusion de la paix, il avait contenu ses ressentimens. Ils éclatèrent alors en mou vemens tumultueux. La messe fut rétablie dans l’église de St.-Ours, la demeure du pasteur réformé fut livrée au pillage, et l’officier qui avait commandé le contingent soleurois fut, sans l’avoir mérité^ accusé de sacrilège. Sur ces entrefaites, les cinq Cantons laissèrent à Soleure le droit d’acheter la paix huit cents couronnes ou d’abolir le culte réformé. Le dernier de ces deux partis fut celui que préféra la multitude; Berne avec un grand nombre d’hommes de
Ttckoudi. Bull. Arch. Luz.
Voyet « l’Essai sur la tentative d’introduire la Réformalion à Sd* lenre, par Gloutt-Bloiheim. ■