‹ Histoire de la Confederation SuisseChapitre 229 sur 234 · LIVRE VII. PART. IV. CHAP. IV · texte numérisé non relu

LIVRE VII. PART. IV. CHAP. IV

de lui coüierver tous ses droits et tous ses privilèges. Nous désirons, au reste, que notre langage soit bien compris; aucun de nous ne songe à se départir de la parole de Dieu ; et quanta la sage et pieuse ville de Zurich, nous sommes prêts à mourir pour elle. Nous ne voulons que vous soustraire au joug de prêtres criards. Pour l’amour de Dieu, veuillez donc prendre en bonne part notre requête, et nous accorder les fins de cette pétition. » La réponse du gouvernement fut dressée aux tribus de la ville et à toutes les communes des campagnes. 11 promit de ne point conférer le droit de bourgeoisie à des prélats ou seigneurs étrangers. 11 s’engagea à ne faire aucune guerre contre le gré de la nation. Quant au droit et au devoir de couvrir de sa protection des hommes appelés du dehors pour prêcher la parole de Dieu , il déclara ne pouvoir y renoncer non plus qu’à l'obligation de sc montrer l’ennemi de toute injustice. Le rétablissement de l’ancien mode d’élection ne souffrait aucune dilTicullé. Le peuple était invité à considérer que « les criards » dont il se plaignait avaient agi suivant leur conviction personnelle et méritaient l’indulgence ; que s’il en était qui eussent agi perfidement , ils devaient être nominativement désignés. Le magistrat estimait qu’il entrait dans ses attributions d’élire et de déposer les pasteurs; mais il s’engageait à écouter les vœux des paroisses dans ses choix , ainsi qu’à prêter l’oreille à de justes plaintes. Il garantissait au peuple ses privilèges, comme il supposait au peuple l’intention de respecter les droits de l’autorité. La conduite des otficiers incriminés devait être l’objet d’une enquête qu’ils avaient les premiers demandée; et jusqu’à ce que cette enquête eût eu lieu, l’équité commandait de suspendre tout jugement sur leur compte.

Telles furent les déclarations du gouvernement; la multitude s’en contenta. On acheva de satisfaire à ses plaintes en déposant, mais sans leur faire subir d’humiliation , cinq membres obscurs du Conseil. Ils payé^ rent pour des têtes plus élevées , que les promoteurs du mouvement populaire ne purent atteindre*®. »

Berne fut dans le même temps le théâtre de scènes tout-à-fait semblables. Déjà, lors de la conclusion de la paix à Arau, l’armée bernoise avait mis sous les yeux des officiers qui la commandaient un exposé de ses gi’iefs , et quelque temps après de nombreux envoyés des diverses parties du Canton portèrent devant le Conseil les requêtes de leurs commettans. Les plaintes étaient les mêmes que celles du peuple de Zurich. Les Bernois demandaient de plus une enquête sur la conduite du gouvernement, qui , en arrêtant les vivres aux cinq Cantons, avait provoqué la guerre. Ils voulaient exclure les ecclésiastiques des tribunaux de mœurs , et requéraient le partage des biens d’église, la liberté des ventes et des achats, l’allégement des frais de justice , l’extinction de la petite dime et le droit de pouvoir ste former en assemblées délibérantes pour traiter de leurs intérêts. Tous déclaraient ne vouloir pas se départir de l’Évangile. Le Grand-Conseil répondit avec fermeté :

« Nous donnerons les places de pasteur à des Suisses préférablement à des étrangers; mais nous chercherons avant tout des hommes instruits, et nous les prendrons où nous les trouverons. Nous recommanderons au clergé d’avoir une conduite paisible. Vos libertés seront respectées, et vous aureï toujours accès auprès de nous. Quant à des assemblées délibérantes, c’est bien assez

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