‹ Histoire de la Confederation SuisseChapitre 24 sur 234 · LIVRE vn. part. I. CHAP. IH · texte numérisé non relu

LIVRE vn. part. I. CHAP. IH

la fuite, et rejoignirent Lautrec qui les ramena à Milan. L’armée alliée passa l’Adda.

Dés ce moment la Lombardie était ouverte. Ses habitans attendaient avec impatience l’heure à laquelle ils seraient délivrés du joug des Français. Leurs prières, jointes aux bruits (jui circulaient de la désorganisation de l’armée française, enhardirent les Alliés qui n’avançaient qu’à pas mesurés. Enfin, par un temps nébuleux et à l’heure de la chute du jour, ils se trouvèrent, presque sans s’en douter, dans les murs de Milan. Leur avant-garde n’éprouva d’autre résistance que celle que leur opposèrent quelques Suisses. Dans la confusion de la surprise, les Vénitiens s’enfuirent à Lodi , et leurs questeurs abandonnèrent à l’avidité des Espagnols des tables chargées de l’or qu’ils payaient à leurs soldats. Lautrec, après avoir mis une forte garni- ,son dans la citadelle, se retira sur Côme , où les Suisses qui lui restaient l’abandonnèrent au nombre d’environ quatre mille. Trop faible dès-lors pour pouvoir tenir la campagne, H courut à Crémone, où il arriva à temps pour étouffer un soulèvement des citoyens. Côme, qu’il venait de quitter, se rendit aux Alliés par une capitulation qui fut violée .aussitôt que conclue. Le .pillage n’y fut arrêté qu’à la voix de Diétegen de Salis j par la noble douceur de sa conduite , ce chef montra qu’un cœur d’homme battait sous la rudesse de ses ehor s.

L’arrivée de Lautrec à Crémone rapprochait le théâtre de la guerre de Parme et de Plaisance , où se trouvaient les Zuricois , que nous avions laitsrâ à jMédoli. Après avoir répondu, les uns avec fierté, .d’autres d’une manière évasive, aux reproches dpi . cardinal de Sion , ils s’étaient mis en marche pour Reg-

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gio voulant SC bâter de poser enfin les pieds sur terre pontificale. Us avaient passé le Pô. A Novalése ils avaient rencontré l'évêque de Pistoie qui, ayant rempli plus d’une mission en Suisse, ne leur était pas étranger. Après avoir fait l’éloge de leur valeur, il en était venu à traiter des relations du Siège Romain avec le duc de Fcrrare. Il leur avait dit ; « La fortune souriait à peine aux armes de la France, que déjà, sous de frivqles prétextes , le duc, cet ennemi irréconciliable de l’Église (son vassal cependant), courait aux armes, et prenait Final et San Félice. Il a fallu pour reconquérir ces villes l'héroïque valeur de la troupe suisse qui , depuis la dernière campagne, était demeurée au service de sa Sainteté. Ces braves ont été récompensés par une double paye; ils ont reçu une bulle glorieuse et la bénédiction du Saint-Père. Dès-lors ils ont été chargés de tenir le duc en échec, et d’observer Parme et Plaisajice; c’est le service que vous allez partager avec eux. II est évident qu’en remplissant cette charge vous ne sortirez pas des termes de votre serment : car le Pô est, à n’en pouvoir douter, la Umite naturelle des états du Saint- Siège. » Berguer n’avait voulu répondre à ce discours qu’aprés être parvenu <à ^eggio et avoir procuré à sa troupe le repos et les vètemens , dont elle avait besoin. Les Suisses avaient trouvé dans cette ville leurs compatriotes enrichis, que leur arrivée comblait de joie; c’enavait été assez pour allumer en leurs cœurs la soif des combats. Peu soucieux dès ce moment de discuter des traités, décidés à prendre pour la vérité ce qn’on leur répétait de toutes parts, que Parme et Plaisance .ir a'cnt de toute ancienneté appartenu à l'Église, ils s’étaient portés à l’attaque de ces places. Elles s’étaient rendues l’une après l’autre à la nouvelle de la chute de Milan.

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