‹ Histoire de la Confederation SuisseChapitre 45 sur 234 · LIVRE VII. part. I. CHAP. VI · texte numérisé non relu

LIVRE VII. part. I. CHAP. VI

campée et la rigueur de i hiver la détruisaient peu à peu. Le feu de ia garnison lui avait tué beaucoup de monde, et elle en avait perdu par la désertion. Leroi avait encore eu l’imprudence de s’engager dans une expédition contre Naples , et d’y envoyer dix mille de ses meilleurs soldats; et cela au moment même où Pescaire et Lanov, après avoir durant I hiver reposé leur armée , venaient d’en doubler les rangs , et où Sittich et Froundsberg venaient de leur amener du Tirol de nombreux lansquenets. 11 ne manquait plus aux Alliés que de l’argent , et ce fut ce qui donna accès aux insinuations du pape et à ses tentatives de faire agréer un armistice et la paix. Lanoyet quelques consei’*Iersprudens à l’excès prêtèrent l’oreille à révèque de Capoue, envoyé du Saint-Siège. Mais quand l'évèque en vint à Froundsberg et qu’il l’aborda à son tour avee de mielleuses paroles , le vieux chef de bandes saisit son épée et chassa le prélat hors du camp. Alors Pescaire et lui se présentèrent à leurs soldats, les instruisirent du véritable état des choses et leur montrèrent comme certain l'anéantissement de l’armée française. Pleines d’espérance, les troupes se mirent en marche le 24 janvier.

Le roi, à la nouvelle de l’approche de l’ennemi, changea de position. Trois mille hommes avec Médicis restèrent à Lanfranc , et l’armée se réunit au sudouest de la ville. Le nouveau camp se couvrit à droite par le Tessin, à gauche par les murailles du parc. Sur les derrières on le fortifia contre la garnison de Pavie,et sur le front contre l’armée des Alliés. Ici coulait, entre des rives élevées et dans un lit profond, le ruisseau la Vernacula, qui du parc allait se joindre au Tessin. Une division de cavalerie, sous le commandement du duc

d’Âleaçon , occupait le parc, et communiquail avec le camp par trois brèches faites à la muraille. Dans ce lieu étaient aussi les bagages. Ils environnaient le Mi> rabello, maison de plaisance, dont les vastes murs avaient reçu une partie de la suite du roi, et en particulier le légat du souverain pontife. Sur le vaste terrain qu’occupait le camp étaient répandus des couvens , des églises et des maisons de campagne ; les tentes et les cabanes des soldats ^talent rangées et parées avec goût; on eût dit une cité grande, riche, animée. L’armée, si l'on avait pu ajouter foi aux rôles des compagnies , se fût élevée à treize cents lances et trente-trois mille fantassins ; mais par la négligence du roi et l’ava^rice des capitaines, les chifires portés sur ces rôles s’élevaient au moins d’un tiers au-dessus du nombre effectif des soldats. L’armée alliée était forte de seize cents hommes de pesante gendarmerie , autant de cavalerie légère, et de dix-huit mille fantassins, la plupart allemands et espagnols. Le 2 février 1 525, elle rencontra, près de Lardirago, les avant-postes français, et, sans s’inquiéter de leur résistance , elle vint s’asseoir à une portée de canon du camp du roi. Les airs retentirent des chants provocateurs des troupes allemandes , qui , en arrivant, résolues à vaincre ou à mourir, montrèrent leur détermination en se jetant à genoux , en ramassant de la terre et en la jetant par-dessus leurs têtes. En même temps, le tonnerre de l’artillerie impériale annonça son approche, et alla réveiller, dans Pavie et dans le camp français, les craintes, les espérances et la soif des combats.

Partout on rencontre Pescaire, vigilant , infatigable. Il ne commande p.as l’armée alliée, mais il en est l'âme, l.anoy et Bourbon le savent; les troupes en ont le sen-

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