LIVRE VII. PART. I. CIIAP. VI
liment ; c’est en lui qu'elles se confient. Ses arquebusiers espagnols lui doivent leur discipline, leur adresse et la perfection de leur arme ; fiers de leurs services , ils disputent aux orgueilleux cavaliers l’honneur d’être le premier corps de l’armée. Pescaire , invité à un combat singulier par un monarque plus chevalier que roi, , s’excuse de ne pouvoir répondre à cet honorable appel et allègue l’obéissance qu’il doit à l’empereur. Se montrer comme capitaine digne de son royal adversaire, voilà ce qui l’occupe. Il n’a plus de momcns à donner à sa nourriture ou à son repos; il faut qu’il sache quelle position occupe dans le camp français chacun des corps, chacune des nations qui le composent; il attaque de jour, de nuit, sur cent points différens; il pénètre lui-même plus d’une fois seul dans le camp. Il a maintenant tout vu, tout compris; il connaît le fort et le faible de l’ennemi mieux que l’ennemi ne les sak lui-même. C’est là, suivant lui, avoir rempli le premier et l’indispensable devoir d’un général.
La situation des Français devenait de jour en jour plus périlleuse. La garnison de Pavie avait reçu des poudres et de l’argent. Elle avait, dans une sortie, blessé et mis hors de combat Jean de Médicis. Ses communications avec l’armée alliée étaient devenues faciles. Les dangers du roi s’accrurent encore par le départ des Grisons qui servaient dans son armée. Leur patrie les rappelait. Le Châtelain de Musso^ s’étâit de nouveau jeté sur la Yalteline à la tête de quelques mille aventuriers ; et, bien que battu en trois rencontres par la landstourm, il reparaissait toujours de nouveau. Un jour, caché dans l’épaisseur des murs de
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son château^ comme dans une tanière , il y rassemblait sa borde avide et cruelle, et le lendemain, inépuisable en ruses , on le rencontrait partout. Le pays, dépourvu de garnison régulière et dégarni par l’absence de ses défenseurs les plus braves, lui était livré comme unç proie. Les Grisons, en ces circonstances, recherchèrent la médiation de l’archiduc Ferdinand, et ayant reçu de lui beaucoup de promesses, sous condition qu'ils retireraient leurs troupes du service de France, ils rappelèrent Salis et leurs soldats. Ceux-ci obéirent. Le roi voulut qu’ils reçussent trois mois de solde, qui leur étaient dus, et sourd à la voix de ses conseillers, qui lui demandaient de ne point laisser les auxiliaires se mettre en marche à la veille d’une action décisive, il permit le départ de Salis. Fidèle à ses sentimens chevaleresques, François se laissa affaiblir, et n’en demeura pas moins résolu à conserver la position qu’il croyait ne pouvoir abandonner qn’après la chute de Pavie, Laissant à Bonnivet les soins du commandement, il passait le temps dans les plaisirs, prêtait volontiers l'oreille aux vanteries des hommes de son âge, et se mettait peu en peine des avis du vieux La Palice, qui lui conseillait de sortir d’un camp menacé de deux côtés et trop étendu pour que ses troupes pussent le défendre. Faisant consister sa grandeur à ne se point départir d’une résolution une fois adoptée, il ne comprenait pas qu’il pût y en avoir à' avouer simplement et promptement une faute, pour entrer dans la voie qui mène à la réparer.
Cependant Pescaire, le lendemain du jour où les Grisons quittèrent le roi , pénétra une fois encore dans le camp français , et y fit avec ses tirailleurs une dernière reconnaissance; puis, il forma son plan d’at-
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