LIVRE Vil. PART. I. CHAP. I
fligeait Jalouse de la considération des peuples voisins, ia Diète ne manquait pas de poursuivre devant leurs gouvernemens toute insulte calomnieuse envers la Suisse et d’insister pour qu’elle fût punie ®.
Fendant qu’elle en agissait ainsi, Berne et Fribourg, cédant aux instances de Soleure, l'admettaient à leur boui^eoisie ’’ ; puis ces trois villes s’allièrent d’un commun accord avec Besançon , non sans braver le mécontentement des autres états confédérés qui jugeaient que de pareilles alliances pouvaient faire naître plus d’un différend Claris acheta Wartau et Werdenberg ® , des Seigneurs de Hewen , et les trois Ligues conclurent avec l’ Autriche une alliance perpétuelle
Ce traité fut un des derniers actes du régne de l’empereur Maximilien. Peu de jours après l’avoir conclu, il partit d’Inspruck pour la Haute-Autriche, s’arrêta malade à Wels; puis il ne tarda pas à passer d’une vie agitée à celle que le Christianisme lui faisait entrevoir sans crainte, et du trône qu’il avait occupé un demi-siècle , dans la bière , depuis quatre ans la compagne de tous ses pas.
La nouvelle de cet événement fut suivie de la notification officielle, qui en fut faite par la régence autrichienne d’Inspruck à la Diète assemblée à Zurich. Une députation se présenta au nom de Charles et de Ferdinand , les deux petits-fils de l’empereur défbnt ; s’appuyant sur le pacte héréditaire, elle pria les Suis-
* Lambert , secrétaire du Btlarcl do Savoie. Oclis, histoire de Bàle.
• Miss. Zur.
’ Le (> décembre 1517. AfiM. B«r». •
’ Tsebudi.
Le 15 décciîîbrc ISIS.
ses de mettre empêchement à toute levée que pourraient faire des fauteurs de troubles ou des ennemis, et elle demanda qu’une Diète fut convoquée extraordinairement, pour entendre les vœux du roi Charles^ aussitôt qu’il serait arrivé d’Espagne. Cette demande fut accordée en raison de la gravité des événemcns.
La rivalité de deux princes puissans, qui l’un et l’autre aspiraient à l’empire, méritait en effet l’attention. Quand Frédéric de Saxe eut avoué aux électeurs, dont les regards s’étaient d’abord unanimement portés sur lui , que les circonstances exigeaient un bras plus puissant que le sien ; quand Henri YllI d’Ângleterre eut reconnu la vanité du vœu que l’ambition avait un moment fait naître dans son cœur, le roi d’Espagne et le roi de France, Charles et François, demeurèrent seuls compétiteurs de la couronne impériale, et l’Europe inquiète arrêta ses regards sur leur débat.
Dans leurs efforts ils ne négligèrent ni l’un ni l’autre de rechercher l’appui des Confédérés. Charles trouva chez eux un avocat puissant dans la personne du cardinal de Sion. Schinner était alors à Zurich. Il agit de ' concert avec les ambassadeurs Autrichiens. H prodigua les promesses, les flatteries, les présens. Auprès des hommes honnêtes, il fit valoir les égards dus à la volonté du dernier empereur, la longue possession du lil^ impérial par la maison d’Autriche, l’éloignement de la nation allemande pour les mœurs et la langue de la France, et les dangers qu’il y aurait à accroître le pouvoir d’un prince ambitieux et avide de conquêtes *
D’un autre côté arrivaient en Suisse le Bâtard de
•* Ballinger.