LIVRE VU. PART. I. CHAP. I
Savoie et le seigneur de Soliéres, portant line lettre du ro^de France Le roi repoussait les bruits qui l’accusaient de se frayer le chemin à la couronne impériale par une autre voie que celle de l’honneur. Il avouait que, sachant les électeurs libres et ses propres intentions pures , il osait aspirer à la couronne de Charlemagne, et invoquer les souvenirs d’un règne glorieux, durant lequel l'Allemagne et la France avaient prospéré sous un même sceptre. « Je ne saurais comprendre, ajoutait-il , que les Confédérés pussent souhaiter de voir le roi d’Espagne parvenir à l’empire préférablement à moi. Son père ni lui ne sont Germains. Son père ni lui n’ont su un mot de langue allemande. A considérer l’origine de nos familles, je suis aussi de race germanique. Quant au bon voisinage, les Suisses y compteront, non de la part de la maison espagnole, qui n’a oublié ni ses anciennes prétentions > ni ses défaites , mais de la part de la France , Talliée de leur gloire et de leur prospérité. Ils ne négligeront pas de prendre en considération les progrès des Turcs : quel bras est appelé à leur opposer une barrière impénétrable, si ce n’est celui d’un roi né' pour combattre les Inûdèles ‘^ ? »
^ A cet écrit se joignirent les intrigues des ambassadeurs. Ils allèrent jusqu’à faire valoir d'anciennes prophéties , d’après lesquelles l’humiliation des Turcs était réservée à la France. Mais la voix des Confédérés ne s’en éleva pas moins contre les prétentions de François I". Ils comprirent qu’il y allait de l’indépendance
** Oelu. Ballinger.
“ Il le prouva en s’alliant avec Soliman, et en joignant sa flotte il celle de Barberoiisse.
de la Suisse , et que le roi de France, une fois en possession de la couronne impériale, n’aurait plus besoin de l’amitié de la Confédération ni de ses secours
Ils résolurent donc d’écrire à tous les Électeurs Après avoir mis sous leurs yeux les menées de la France, la profusion de ses largesses corruptrices et le mensonge de ses promesses, ils leur montrèrent la honte et les périls où se jetterait la nation allemande si elle plaçait la couronne impériale sur une tête française Pour être mieux écoutés, les cantons s’étayèrent de leur fidélité à l’empire. Ils la prouvèrent en ouvrant leurs traités, dans lesquels ils réservaient constamment les droits du Pape et ceux de l’empereur, en montrant l’aigle qu’ils conservaient avec orgueil dans leurs armoiries ; ils croyaient d’ailleurs l’avoir mise au grand jour par leurs guerres d’Italie. Zurich fut chargée de la rédaction de ’ l’adresse et de son envoi On avait besoin de l’affection que cette ville conservait à l’Allemagne, pour répandre un jour favorable .sur les protestations, assez nouvelles, du dévouement des Suisses à l’empire.
Cette démarche de la Diète ne réunit pas tous les suffrages. De sincères patriotes s’accordaient avec Zwingli, qui venait d’être élu prédicateur à la cathédrale de Zurich, pour recommander chaudement un autre mode d’agir. Ils eussent voulu qu’on n’exprimât pas de vœux pour Charles, qu’on évitât d’irriter François , qu’on laissât aux Électeurs le soin de ce qui les concernait, et que les Confédérés niservassent leur zèle
'• Lettre de Berne à la Diète. ( A. C. S.)
A l’exception de celui de Bohème, dont l'adhésion aux intérêts de la maison d’Autriche ne pouvait être mis en doute.
• W' elseheit liaupt. •
*’ Le 8 avril 1519. — Meutel, recherches histori<ines. "