‹ Histoire de la Confederation SuisseChapitre 50 sur 234 · LIVRE VU. PART. 1. CHAP. Vt · texte numérisé non relu

LIVRE VU. PART. 1. CHAP. Vt

te. L’accord de ce langage avec les événemens, et la tournure sérieuse que prirent les alFaires intérieures des Cantons, interrompirent quelque temps la participation des Suisses aux guerres des nations voisines. Mais le jour ne tarda pas à revenir où l’on se mit à excuser le service étranger par l’habitude et par la fragilité de la nature humaine; et, tôt ou tard, tous les Cantons s’y laissèrent entraîner de nouveau

Disons an mot sur les documens qui ont servi à décrire le siège el la bataille de Pavie. Leur imperfection est singulière. Les contradictions qui s’y rencontrent sont nombreuses, et la tâche de tes concilier est difficile.— Pierre Martyr a vu le rapport adressé par Lanoy â l’Empereur après la bataille, et il en a usé pour écrire la lettre où il la raconte ( la 812* de l’édition d’Amsterdam, 1670). Ce document est précieux, quoiqu’il soit plein d’exagération et d’enQure. — Le récit publié le à mars 1525, et dont Frottndsherg est l’auteur, est plein de vérité, mais obscur. On y a puisé les chiffres, qu’il devait bien connaître. — Le journal de Henri Seliaenbroanner de Zoug, est écrit par un témoin de l’événement. Il contient peu de choses, mais confirme ce qui a été dit des Suisses. — La lettre à’Orelli, qui se trouve dans la Vie de ce capitaine par Salomon d’Orelli , rapporte ce qui se passait dans Pavie. — Les lettres de Uarder de Sebaifbouse parlent de la marche des troupes et donnent des détails sur le siège. Ces documens, joints â quelques faits mentionnés dans les Reeét des Diètet et dans la Collection de Tichoudi, sont tons les renseignemens contemporains qu’a pu se procurer d’auteur de cette histoire.

Parmi les écrits d’un temps postérieur, Jove mérite la première mention. Le roi de France lui avait lui-même raconté ingénument la bataille. U avait aussi été partout s’enquérir de renseignemens. Mais comme il est dominé par le besoin de faire effet, il faut se défier de sa manière de colorer et de grouper les faits. — La vie dei deux Froundsberg , du père et du fils, par Reisner, leur serviteur fidèle, est intéressante pour tout ce qui concerne les lansquenets. — Guiceiardini parle mieux politique que batailles. — Galeazzo Capella dit moins encore que lui. — De l’^gdoade de G. du Bellay, nous n’avons pas le livre qui probablement renfennait le récit de la bataille de Pavie, dans laquelle il fut acteur et témoin. Son frère Martin raconte à contre cœur cette affaire et se soucie peu de lu rendre avec vérité. ^ — Mezeray est plus juste , el se garde d’accuser les Suisses d’avoir donné l’exemple de la retraite. Il y a peu dans DanteL

et dans Garnier. — Gaillard a puisé à des sources manuscrites et dans Branldme. On ne peut user des récits par trop spirituels de Branlâme que sobrement. Daru pèche dans ses chiffres et n’a point asseï tenu compte des dates.

Il y avait peu à emprunter aux historiens suisses. La Confédération , josqu’5 l’heure du désastre, avait les regards tournés ailleurs. Quand le coup fut porté, on songea plus à en plaindre les victimes et à maudire le service étranger qu’è recueillir avec Calme des faits que les soldats ne se plaisaient guère è raconter. Les capitaines avaient d’ailleurs succombé pour la plupart. Aussi Ballinger et Sletller empruntent-ils la plus grande partie de leurs traits aux historiens étrangers. Une idée juste du théâtre de la guerre leur manque, comme â B/ian, Laaffer et â Tscharner lui- ■ même. Leu renferme des détails personnels. May contredit toute vérité en voulant laver les Suisses de tout reproche. — •. L’épisode relatif au châtelain de Musso est puisé dans Puteanus ( Hist. cisalpina} , dans Quadrio et dins Sprecher ( Pallas Rhætica ).

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