‹ Histoire de la Confederation SuisseChapitre 51 sur 234 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

Portrait d'LIrich. — 11 assassine Jean de Hutten. — Suites de ce crime. — Les mercenaires suisses. — Leur punition. — Le duc à Soleure , puis à Lucerne. — Tentatives nouvelles. — Siège de Stuttgard. — Retour. . *

Le puissant roi de France n’élait pas seul à tourmenter les Cantons par des demandes réitérées de soldats. Au moment où les Suisses, qui étaient à sa solde, jetaient leurs armes ou versaient leur sang dans les 'champs de Pavie, des milliers de leurs compatriotes s’engageaient à servir un prince moins puissant dans une entreprise qui n’eut pas un meilleur succès. 11 est vrai qu’Ulrich de Wurtemberg ne troubla pas la Confédération comme le fit François I. On ne saurait toutefois passer sous silence les rapports que les Suisses eurent avec lui.

A la mort d’Everard Grande-Barbe , premier duc de Wurtemberg, Everard II lui succéda, et fut bientôt après déposé par une Diète comme incapable de régner. Le duché échut alors à Ulrich, son neveu, âgé de onze ans. L’empereur Maximilien, qui aimait cet enfant d’une affection particulière, avait résolu de l’allier à sa famille, et de lui donner pour épouse sa nièce, Sabine de Bavière. En attendant, il l’avait auprès de lui , et durant la guerre de Souabe il n’acciîutuma que trop ses regards à contempler avec indifférence des scènes de carnage et de dévastation.

Sitôt que la paix fut conclue, le jeune duc, comme s’il eût pressenti que les Suisses seraient un jour sa ressource, s’empressa de lier avec eux des rapports d’amitié', de commerce et de mutuel appui Il conclut un nouveau traité dès qu’il fut sorti de tutelle®. A cette époque il avait déjà commencé à entrer en lutte avec ses sujets. Des impôts élevés, une administration oppressive, et la pauvreté insouciante des classes inférieures, avaient donné naissance à l’association des Camarades du, pauvre Conrad. Le peuple commença par des plaisanteries et finit par l’insurrection. Cependant ces premiers troubles s’apaisèrent sans qu’il y eût de sang répandu. Tous ceux qui s’étaient compromis s’enfuirent en Suisse et ailleurs. Les fugitifs réclamèrent l’intercession de la Diète, qui travailla et réussit à calmer l’irritation du duc. Les Wurtembergeois rentrèrent dans leur pays , mais pour l’agiter et pour être bientôt contraints à fuir de nouveau. Cette fois la Confédération les fit arrêter et conduire aux frontières *.

La tranquillité était en apparence rétablie dans le Wurtemberg; mais le caractère du duc ne permettait pas de croire qu’elle dût être de longue durée. L’éducation imparfaite d’Ulrich n’avait pas maîtrisé son cœur, et l’àge auquel il parvint à la jouissance d’un pouvoir illimité, accrut la fougue de son tempérament.

* Un jour, apprenant que la diète était assemblée à Zurich, il loi envoya deux sangliers qu’il avait tués de sa main , et il fit prier les députés d'en manger la chair en souvenir du duc leur ami, et en compagnie de belles dames. On sait le sens qu’avait alors cette dernière expression. Le jeune prince avait treize ans. (Voyez le N. Musée suisse, 1794.)

* Le 13 mdi 13Q0, premier traité; 1508, le second; 1514, le troisième.

* A l’àgc de seize ans, ainsi l’ordonna un décret impérial.

* Zurich 1" mars 1515; Luccmc, 14 mars; Berne, 2G mars; Lucerne, 12 juin, //. Z.

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