‹ Histoire de la Confederation SuisseChapitre 53 sur 234 · LIVRE Vil. PART. 1. CH AP. VII · texte numérisé non relu

LIVRE Vil. PART. 1. CH AP. VII

dérés et de requérir leur médiation ; sa mission secréte, de travailler les hommes en crédit et de chercher à ob»tenir des enrôlemens. Il rencontra à Berne des amis et des ennemis ; à Zurich, il gagna le cœur de l’abbesse , qui fut plus tard son épouse , et l’amitié du bourgmestre Schmied, qui envoya son fils achever ses éludes à Tubinguen aux frais du prince de Wurtemberg. En Thurgovie, Albert de Landenberg, partisan fameux , passa des rangs des amis de l’Autriche à la cause d’Ulrich 8.

Cependant la Diète recevait des manifestes et des lettres accusatrices ; puis vint une députation , envoyée par l’empereur, par les ducs de Bavière et par les états de la ligue de Souabe ; enfin fut remise la déclaration olDcielle que le duc de Wurtemberg avait été mis au ban de l’Empire Ulrich cherchait encore, il est vrai , à prévenir les effets de cet acte par une soumission et par la médiation de l’Empereur. Mais peu disposé à remplir les conditions que cette soumission lui eût imposées , il n’attendait que l’occasion de se déclarer, lorsque Maximilien mourut. Ulrich consacra un jour solennel à son trépas. Il était à table avec des prélats , qu’il avait convoqués à Stoutgart pour cette funèbre cérémonie, quand on vint lui apprendre que des bourgeois de Reutlinguen avaient assassiné son bailli d’Achalm , qui se trouvait dans leurs murs. Ulrich se lève aussitôt , bouillant de colère , et , se faisant suivre par quelques cavaliers, il vole, dans l’espoir de surprendre la ville qui l’a offensé. « Il s’élance hors du pays,» s’écria .son vieux père, en le voyant partir. Le

* Z. Mù$ir. Zur. Füs$li, documens pour servir à l'histoire de la Piéformation, IV.

® Meuscl; .1/rm. de Tschudi^ \'II.

vieillard, quoique imbécile , parlait alors en prophète. Ulrich ne réussit pas à surprendre Reutlinguen; il l’assiégea dans les formes ; il ne se donna ni trêve ni repos qu’il ne l’eût prise et déclarée sa conquête et sa légitime propriété. Mais ce fut le signal de la guerre. Reutlinguen était ville impériale et faisait partie de la ligue de Souabe. La ligue courut aux armes , et le duc Guillaume de Bavière prit le commandement des troupes qu’elle mit sur pied.

L’armée wurtembergeoise , forte de trois mille chevaux et de dix mille fantassins , se rassembla à Blaubeuern. Du 8 au 10 mars, elle se vit renforcée par quatorze mille Suisses, qu’amena Éverard de R.eischach. On remarquait parmi leurs chefs Albert de Landenberg , Stapfer , deux Gœldli , Jean Ziegler , membre du Conseil de Zurich ; et , parmi les Bernois, Louis de Diesbach, Gaspard de Mulinen, Jacques de Rovéréa et Hetzel , que n’avait pas corrigé le souvenir de la triste fin de son père Ils donnèrent aux Wurtembergeois une confiance qu’eux-mêmes ils avaient presque perdue. Déjà avant de quitter la Suisse , ils avaient pu lire sur tous les visages la douloureuse impression que causait leur départ. Plus loin , ils avaient entendu des envoyés de la ligue de Souabe accuser leur coupable entreprise ; puis des lettres nombreuses étaient venues les rappeler au devoir. Ils avaient , il est vrai , répondu à tout avec orgueil et mépris , et toutefois ils étaient poursuivis de craintes. Redoutant les effets des mesures qu’allait prendre la Diète, pressés de devancer l’arrivée du messager qu’elle enverrait, ils eussent voulu sauver par un coup prompt

•• Voy. GlouU, p. 339.

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