LIVRE VU. PART, 1. CHAP. VII
et décisif la cause qu’ils étaient venus défendre. Ils n’v réussirent pas. Le duc commençait à peine à goûter la joie que lui donnait leur arrivée, qu’il fut sommé de la part de la Confédération , de les congédier à lettre vue. Vainement il sut cacher ses frayeurs et gagner quelques jours en donnant des guides trompeurs à l’envoyé des Cantons. Le messager, après avoir erré longtemps , finit par atteindre le camp des Confédérés, et son arrivée y répandit la confusion. Il y fit entendre la voix de la Diète : « Choisissez entre un prompt retour ou la perte de votre honneur , de vos biens et de votre vie. » Les soldats , à cette injonction, entourèrent leurs officiers avec des cris de fureur. Le duc, qui survint, ne réussit à les apaiser qu’en leur payant leur solde; puis, entrant en conférence avec les capitaines , il reconnut la nécessité de les congédier. « Allez , leur dit-il, et plaidez ma cause auprès des Cantons. » C’est ce qu’ils n’oublièrent pas de faire, dès qu’ils furent rentrés en Suisse. Ils se présentèrent à la Diète*'. «En marchant au secours d’un ami de la Confédération, nous avons cru la servir, dirent-ils, et voilà que... pour des motifs qui nous sont inconnus , on nous rappelle avec menaces, au grand détriment du prince et à notre déshonneur à nous. Endurerons - nous patiemment le reproche que nous font les gens de la Ligue , d’avoir entraîné deux couronnes ducales dans leur ruine ,
" Dans Meuiel, II , leur discours se lit en son entier ; et dans la Coll, de décrets de la Diète. Àrch. St.-GalL, IV.
lÆuis et Maximilien Sforie. Le fait n’est point vrai quant au dernier. Quant au premier, pourquoi Gloutz, p. 176, omet-il de dire que parmi ceux qui trahirent Sforze, il y en eut au moins un qui fut puni de mort? c’est Turmann d’Uri. ( Voy. FüssU, Isis V, 71. )
Ü2 nisTOinK de la suisse.
et d’être près d’en faire tomber une troisième ? Honte à nous et à nos neveux , si vous ne revenez à de plus généreuses pensées! Mais non, vous n’abandonnerez pas ce prince , que nous Venons de voir si plein de déférence et d’égards pour vos volontés, qu’il nous a congédiés à l’instant même OÙ il a connu votre message. Il met en vous sa confiance ; vous ne sauriez le laisser périr. »
Ainsi s’exprimèrent les capitaines ; mais c’était moins pour le duc que pour eux-mémes qu’ils eussent dû intercéder. On était fort irrité contre eux. L’insolence de leurs premières réponses avait soulevé les gouvernemens. Celui de Zurich en particulier, qui ne cessait de s’élever contre les services étrangers, avait vu avec une vive peine que la moitié de la troupe était composée de ses ressortissans. Il avait proposé de courir sas aux fugitifs et de les poursuivre à main armée; déjà même il avait mis sur pied trois mille hommes, et donné rendez-vous à Schaffliouse aux bannières des Cantons, quand le retour des mercenaires rendit vains ces préparatifs. On fit grâce aux simples soldats, et l’on punit, à différons degrés, les capitaines. Reischach, le moteur de l’entreprise, fut condamné à mort par contumace. Jean Ziegler fut privé de sa charge, jeté en prison , imposé à 200 florins d’amende, et déclaré inhabile à tout emploi, sa vie durant. D’autres, qui furent punis par des amendes, le supportèrent avec impatience ; Stapfer se retira à Soleure, et Rennward Gœldli à Lucerne. A Soleure , on frappa les coupables de semblables peines. A Berne, Ilctzel fut banni ; Mulinen et Rover éa furent sévèrement châtiés. Landenberg et les ressortissans des pays sujets se virent condamner à des
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