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il sera en état de se montrer l’econnaissant avec nous des faveurs de Votre Majesté '®. »
Mais les Cantons n’étaient pas tous aussi bien disposés envers le duc. Bàle comptait parmi ses bourgeois un ennemi d’Ulrich , c’était le comte de Furstenberg. Ce Canton avait épousé les intérêts de son citoyen , comme Soleure la cause de ses combourgeois de Montbelliard. La Diète eut à s’interposer comme médiatrice; et voulant prévenir le retour de semblables conflits, elle s’occupa , à différentes reprises , de mesures propres à régler l’admission d’étrangers au titre de bourgeois des cités confédérées. A chacune de ses séances ne manquaient pas de se présenter, d’une part Ulrich, de l’auti’e les ambassadeurs de l’Autriche et de la Ligue , chacun avec ses sujets de plainte. Durant ces débats, les maîtres du Wurtemberg apportaient un soin particulier à cultiver les relations de bon voisinage avec les Cantons; le commerce jouissait d’une pleine franchise; l’ordre avait même été donné de fournir aux Suisses, fût-ce avec perte, le blé et le vin qu’ils requerraient.
Ces égards de la Ligue, la gravité des questions religieuses qui avaient commencé d’occuper les Diètes, enfin la déclaration que fit l’empereur, à son arrivée d’Espagne, d’être résolu à conserver le Wurtemberg, arrêtèrent le zèle des amis d’Ulrich. La majorité des Cantons déclara qu’on n’emploierait en sa faveur d’aùtre moyen que celui de paisibles transactions, et que si
" Bibl. Balthasar, à Luceme ; msc. i , n. 44. — Jean Acker à de Coll. Siml. — A. Lucerne.
*’ Zarich , 9 fi?Triet : Berne, îl; Znrich, t" avril, lo mai 15Ï0.
HiâTOIRË DK LA. SUISSE.
par cette voie un ne réussissait pas à relever son trône , on cherclierait au moins à assurer sa succession à son fils. Mais ce n’était pas ce que voulait le duc. Réduit à lui-méme et à ce qu’il pourrait entreprendre, il calcula ce qu’il lui restait de ressources : secours promis par Soleure et Lucerne, division entre tes Cantons qui ne pouvaient s’accorder contre lui , de nombreux amis dans toute la Suisse , le mécontentement du Wurtemberg, les soins qui retenaient ailleurs le chef de l’empire : il crut que c’en était assez pour qu’il pût tenter un nouvel effort ; et par une hardie déclaration , envoyée de Lucerne, il rompit l’armistice de huit mois, durant lequel on devait travailler, sous la médiation des Suisses, à sa réconciliation avec ses adversaires.
Cet acte indisposa vivement la Diète. A l’exception de Soleure et de Lucerne , qui se préparaient à soutenir efficacement le duc, les Cantons le menacèrent unanimement de l’abandonner si la paix n’était pas promptement rétablie. Pour lui, dans l’espérance que tout se bornerait à des paroles, il ne fit que hâter ses préparatifs et donner des encouragemens à ses amis, jusqu’à ce qu’il reçût à Schaffhouse la solennelle déclaration de guerre des onze Cantons. Aux mesures qui furent prises pour appuyer cette démarche, il comprit enfin la volonté des gouvernemens. Son entreprise avait échoué. 11 ne lui resta qu’à congédier ses soldats et à demander la paix à la Confédération. Il se retira à Montbelliard. Les deux villes, ses alliées, reçurent ses reproches de ne l’avoir soutenu que par de vaines promesses. Mais elles lui répondirent en rejetant le tort sur leurs Confédérés, en l’assurant de nouveau de leur bon vouloir, et en le priant de ne pas perdre con-
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fiance en la médiation que la Diète lui avait promise
Quatre ans s'écoulèrent sans que le duc fît de tentative nouvelle pour recouvrer ses États. On le rencontrait tantôt dans les Cantons , tantôt au château.d'Hohentwiel, qu’il avait acheté, si non payé'”, pour y mettre en sûreté son artillerie et ses approvisionnemens. Le plus souvent il était à Montbelliard , occupé, sans se lasser, à entretenir ses anciennes relations et à en former de nouvelles. Bâle lui conféra les droits de cité. Il s’attacha particuliérement à acquérir la faveur du roi de France. Vint l’an 1 525, où la guerre entre la France et l'empereur s’alluma avec une ardeur nouvelle, et où toutes les forces de l’empire se portèrent en Italie. Le moment parut arrivé d’essayer une attaque sur le Wurtemberg. François I encourageait à la tenter. Le soulèvement des paysans y invitait; mais pour l’entreprendre, il fallait pouvoir compter sur la coopération des Cantons.
Le duc vint la réclamer en personne. Il trouva de grands changemens survenus dans les relations des Confédérés entr’cux , à la suite de la prédication de la Réforme. Instruit lui-mème de la doctrine de Luther, qu’il avait appris à connaître durant son premier séjour à Soleure, il avait placé le disciple du réformateur qui la lui avait enseignée, Jean Gayling, comme prédicateur à Montbelliard. Il avait aussi, peu après, permis à Farel d’y prêcher publiquement. Le renvoi de
MeuseL '
Le siear de Klingenberg, espérant bien de la cause du duc, lui avait vendu le château. Ulrich retint l’immeuble, et mit la main sur les terres qui l'environnaient, sans s’inquiéter de la misère et des plaintes réitérées de Klingenbeig, qui fatigua ses combourgeois de SchaiTbonse de ses demandes d’intervention, /t-
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ces ërangélistes fut la condition à laquelle les deux Cantons, anciens alliés du duc, lui promirent leur secours. Il s’engagea à tout, et ne se déclara pas moins toujours plus ouvertement l’ami des doctrines nouvelles. Il prit Frumentarius^® pour son chambellan, et attacha à sa personne Rodolphe Collin^' qui, pour pouvoir cultiver les lettres avec liberté, avait préféré le métier de cordier à la molle vie d’un chanoine. En suivant cette voie, Ulrich se fit en Suisse de nouveaux àmis et des ennemis nouveaux. A sa demande de pouvoir faire des levées, les députés des douze Gantons répondirent froidement et par un simple refus , que n’accompagna aucune menace. Ils eussent voulu , tout en gardant les apparences , voir la maison d’Autriche abaissée. Aussi se borna-t-on à empêcher les enrôlemens dans l’intérieur des Cantons, et ferma-t-on les yeux sur ceux qui se firent dans les pays sujets. A cette époque Zurich n’était plus invitée à envoyer ses députés en Diète. Ulrich obtint une escorte pour se rendre dans cette ville. Il y séjourna quelque temps, fréquenta les sermons de Zwingli, visita le réformateur et les hommes influons; il finit par se présenter en Conseil pour demander du secours. On lui répondit en s’appuyant sur la loi qui défendait le vagabondage militaire, et cette loi fut à cette occasion sérieusement rappelée aux communes. En même temps on fit garder nuit et jour avec soin tous les principaux passages du Rhin. Ulrich n’en reçut pas moins de la part de quelques conseillers la promesse d’une secrète assistance. Quant à Zwingli, son amitié pour le duc ne le rendit
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Fifa Coltini, ab ipso dcscripla {Mise. Tigiir. 1).