CHAPITRE I
DégéoératioD de lT.glise chrétienne.— .-L’Église suisse. — Influence des pa|>es. — Les légats. — Les archevêques. — Les évêques. — Chanoines des cathédrales et collèges de chanoines. — Les autres prêtres séculiers. — Le clergé régulier. — Les bénédictins. — Les Augustins. — L’ordre de Citeaux. — Ordres niendians. — Ordres chevaleresques. — Les sectes. — Traits importans. — Aventure de lelzer. — Le crâne de Ste.-Anne. — Les courtisans. — Vente des indulgences.
La religion de Jésus, dans sa simplicité, enseignait à adorer Dieu par l’amour, et , présentant aux regards un avenir rémunérateur, elle apprenait à vaincre par la foi les maux de la terre. Au sein de l’oppression sous laquelle les peuples gémissaient , elle fut d’abord reçue par les faibles et les délaissés , dans le sentiment du besoin qu’ils en avaient; elle fut aussi accueillie par quelques hommes instruits, qui admirèrent son excellence ; et bientôt des apôtres inspirés , bravant la persécution , l’eurent prêchée au loin sur la
terre. Ia religion païenne, minée depuis long-temps par la raillerie, tombait de toutes parts; le christianisme s’avança sur ses ruines. Toutefois il ne fut reçu que par un petit nombre d’hommes dans le sens pur et parfait qu’il avait eu dans la bouche du Christ.
Quand la religion chrétienne eut accompli son premier triomphe, elle se laissa ériger en religion d’état de l’empire romain. Alors les ordonnances du pouvoir civil s’allièrent aux décrets des conciles pour plier à l’unité les membres de l’Église et les assujettir aux formes d’un même culte. La dispute s’assit dans le même temps au sein des assemblées ecclésiastiques. Les passions et les préjugés les déchirèrent. On se perdit en d’interminables débats sur des questions d’une métajdivsiqiie profonde; et à la suite de chacune de ces discussions, le parti vainqueur ne manqua pas d’imposer à la foule ignorante des formulaires nouveaux et des confessions de foi inintelligibles pour elle. Vinrent les Barbares du Nord; l’Église présentant à leurs chefs tantôt un frein, tantôt un appui, l’évêquc de Rome lira parti des circonstances; il en profita pour affermir l’autorité de son siège et pour en élever le pouvoir au-dessus de tous les pouvoirs. Ce fut sous Grégoire VII que l’Église romaine atteignit le faîte de sa puissance. Dès lors , elle commença à en descendre. Moeurs, religion, tout alla s’altérant. La corruption fut prompte et croissante. De siècle en siècle des milliers de témoins se présentent pour l’attester. Ce sont des hommes instruits , des eonfidens des papes et des rois , c’est un Damien, un Bernard, un Mathieu de Paris, un Pétraripie, un Nicolas Clémangis. Us s’accordent à reconuailie que tout e.ssai de réforme était rendu vain par ICppositinn de Rome et du clergé. I.e cardinal Bel-