‹ Histoire de la Confederation SuisseChapitre 61 sur 234 · LIVRE VII. PART. II. CHAP. I · texte numérisé non relu

LIVRE VII. PART. II. CHAP. I

voir de pensions de la France®; et tout en soutenant la cause française par les artiflces d’un prêtre , il avait l’adresse d’obtenir d’une autre part le titre de prince du Saint-Empire romain Il lëgua à son neveu Sébastien son épiscopat et son penchant à s’immiscer dans les affaires du siècle. Mais les privilèges qu'innocent VIII accorda , à la demande des Bernois , au prévôt de la cathédrale de Saint-Vincent, diminuèrent l’inQuence du siège de Lausanne”. L’évêché de Côme, que les conquêtes faites en Italie ” avaient lié à la Suisse , avait pour administrateur Scaramouche Trivulze. Élevé à sa charge par le crédit du roi de France, Trivulze habitait Rome afin de conserver la faveur du Saint-Siège. Léon X lui conféra le chapeau de cardinal. Aux manières d’un courtisan français il unissait le vernis de littérature dont se paraient en Italie les hommes de rang. Il aimait à prolonger à table de spirituels entretiens. S’il n’acquit pas le renom d’un vigilant conducteur des âmes, il mérita celui d’un pasteur indulgent et facile Dans la Suisse allemande , l’évêque de Coire, Paul Ziegler, ne dédaignait pas absolument de s’occuper des affaires de l’Église”; mais il ne leur donnait pas son premier soin. Sa politique n’était pas droite.

’ Gloutz, p. 199.

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" En 1485, la mitre, la crosse et l’anneau. Jules et Léon oflrirent d’élever la prévôté au rang d’évêché; mais Berne, par une pudeur républicaine, n’accepta point que l’Église se montrât avec trop d’éclat auc pris d’elle. fViri. Stettler, 1515.

A son ressort appartenaient la Valteline, Chiavenne, Bormio et les bailliages italiens, et qnelqncs paroisses de la Ligue-Dieu. L’évéché luimême ressortissait du palriarchat d’Aquilée.

'* • Tel je l’ai vu » Jovius, liîst. Novocotnen^ts.

** n s*occiipa de h révision de la liturgie, rtc.

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et non content de se dédommager , selon les mœurs peu sévères du siècle, du célibat que lui imposaient ses vœux, il alla jusqu’à souiller de criminelles amours le cloître, dont comme prélat il eût dû protéger la pureté Hugo de Landenberg était évêque de Constance. Ami de l’emijereur, et placé sur un siège antique, à latête d’un vaste diocèse, il jouissait d’une considération particulière. Prince , il ne sut pas en tirer avantage pasteur des âmes, il reçut durant vingt-cinq ans le tribut d’éloges qu’à défaut d’exemples meilleurs on ne refusa pas à de faibles efforts. Vint la réformation qui, déchirant le voile, le montra sous les traits d’un vieillard avare, docile aux directions d’avides conseillers, et courbé sous le joug d’un sexe auquel on donne sur le prêtre un empire dangereux en lui refusant celui qu’il lui appartiendrait légitimement d’exercer L’évêque de Bâle'®, Christophe d’Utenheim, n’était pas accusé des mœurs déréglées que l’on reprochait à son clergé. Avancé en âge, il cherchait ses joies dans la piété, ses délassemens dans la conversation d’Erasme. Juge favorable aux premiers écrits de Luther,

*• II fut châtié, comme coupable d’une intrigue avec Agathe Mangold. nonne à Feldbach. Journal de Grégoire Mangold.

“ Il fut malheureux comme négociateur auprès des Suisses, malheureux dans scs rapports avec la ville de Constance et dans la guerre de Souabe.

*’ 11 accrut son revenu par une fraude misérable. Voy. fViri, hist. cccl. et Coll. SM. , la lettre du chanoine Vanner de Constance à Vadian.

*• On nommait les évêchés sur le Rhin la route des prêtres (die Pfaffengasse). — Coire était la haute. Constance la grande, BMe la joyeuse, Strasbourg la noble. Spire la dévote, Worms la pauvre, Mayence la vénérable, Trêves l’antique, Cologne la piiisianle. Ochs, histoire de Bâle, y,

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