‹ Histoire de la Confederation SuisseChapitre 63 sur 234 · LIVRB VU. PART. 11. CHAP. I · texte numérisé non relu

LIVRB VU. PART. 11. CHAP. I

poussière j rel<^ués sous une obscure voûte C’était à multiplier les livres de messe et à les remplir de vains ornemens que l’abbé Geisberguer faisait travailler des copistes , ingénieux dessinateurs. On ciselait pour les chanoines de^ sièges magnifiques, mais où la piété ni l’humilité ne venaient s’asseoir*^. Depuis des siècles la noble fondation consumait ses ressources en efforts pour étendre sa domination temporelle. A Pfeffers, deux abbés, administrateurs infidèles et spoliateurs des couvens, furent successivement déposés; les cantons propriétaires de Sargans durent songer à mettre le couvent sous tutelle^*. En arrivant à Einsiedlen, on y apprenait qu’un religieux, de la maison de Monsax, y avait commis un assassinai accompagné de tout ce que la cruauté a de plus révoltant^^. A Engclberg, ce n’était que vente de biens, désordres, plaintes, inutiles essais de réforme , révolte et violente oppression des administrés Plus d’ordre se faisait remarquer à Mouri, à Rheinau, et dans l’abbaye de Tous-les-Sainls à Schalfliouse; mais ou y eût vainement cherché le mérite ou le savoir®*. Ce que les abbés de Dissentis firent pour la liberté les absoudra de n’avoir rien fait

“ Shelpherd, TÎe du Pogge. Ztegelbauer loue fort l’abbé Ulrich VIII; sa gloire éhiit d’avoir fait replacer eu bon ordre les livres sur leurs tablettes.

Un de ces sièges avait coûté l,î00 florins. • Eh! voyei-vous l’abbé s’y pavaner en pompe, donner ses mains h baiser, et ne faire autre chose que de s’appliquer à savoir passer le temps sans rien faire?» Kaster, Sabbatha , p. 50 (man.jdans la bibliothèque de SL-Gall. Actamonatie- XI, dans les archives de la ville.

Lucerne, 10 février, et 4 mars 1520. A. Z. S, Win.

üoeittn. Arcli. Einsiedlen, 16G5. T. I, class. Vlll.

» Leii. Muller, VI, 383; VIII, 398.

= ' lyin, III, 357, etc. . i

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pour la science. Quant aux couvens de femmes appartenant à l’ordre des Bénédictins , ils avaient dégénéré plus encore que les couvens d'hommes. Ce n’eût pas été sans répandre des larmes que la pieuse fondatrice des filles de Saint-Benoit eût vu, à Troub l’abbesse , à Wangen et à Bouchsée les prieures du monastère, déposées comme coupables de mauvaises mœurs, et chassées du pays

L’ordre des Augustins, bien que l’époque de son origine soit moins connue que celle de l’ordre de St.-Benoit, remonte néanmoins aussi à une haute ancienneté Sa gbire , chez les Cantons , était le St.-Bernard. Là des moines hospitaliers ne cessaient d’accueillir à son passage le pèlerin fatigué, et depuis leur réforme ils s’appliquaient à cette pieuse tâche avec un zèle nouveau. Mais partout ailleurs on ne pouvait méconnaître la décadence des Augustins. A Zurich, on en vint à nommer une commission du gouvernement, avec charge de mettre un terme à l’inconduite des moines et à leur vagabonde oisiveté Les religieux de Bâle n’avaient pas meilleur renom. Un décret de Sixte IV ayant ordonné la réforme des sœurs du Klingenthal , elles s’armèrent comme elles purent, tentèrent une ridicnle défense , se firent chasser, et finirent par attirer à la ville de Bâle une sérieuse querelle®’. 11 y avait à Interlachen deux maisons d’Augustins, l’une d’hom-

Scholastiea.

1482. Àiuhelm,

Hotpinien, Sur l’origine el les progrès des moines.

1434. Leu,

*• IViri, III.

*' fV,«rttiun, VI, 13. Muller, VU!, 244. Oeht, IV, 374 et V, 44S. Leur révolte eut lieu en 1483.

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