‹ Histoire de la Confederation SuisseChapitre 64 sur 234 · LIVKK VU. PART. U. CHAP. I · texte numérisé non relu

LIVKK VU. PART. U. CHAP. I

mes et l’autre de femmes ; le gouvernement de Berne plaça dans la première des religieux étrangers pour qu’ils essayassent de la réformer ; il supprima la seconde, dont les nonnes s’étaient enfuies ou avaient été expulsées pour cause d’inconduite**. Le couvent de Frauencapellen subit deux fois un pareil sort.

La dégénération de ces ordres antiques avait , dès le onzième siècle, conduit à l’essai d’enter sur des plantes vieillies la vie de jeunes rameaux. Sous de nouveaux noms, sous de nouvelles couleurs, surgirent les ordres de la Yalombreuse, des Camaldules, de Clugny, des Gîteaux. Leurs régies de discipline furent nouvelles, mais non leur esprit. L’ordre des Citeaux fut celui qui se propagea le plus en Suisse. Â Saint-Urbain, à Gappel et à Wettingen il acquit de grandes richesses. Le couvent de Saint-Urbain venait d’être dévoré par un incendie, et ses religieux songeaient à réparer leurs pertes ®*. A Gappel, l’abbé Trinkler ayant employé des sommes énormes à contenter son luxe et satisfaire ses mœurs déréglées, fut déposé; il s'étrangla à Zurich , et y fut traîné dans la boue des rues qu’il avait souvent traversées avec le cortège d’un prince. Â Wettingen , l’abbé Jean Muller conjurait , pour l’amour de Gbrist, les Gonfédérés de venir à son aide, aûn qu’il pût sauver non les biens seulement , mais les âmes de ses subordonnés. Gouverneur de nombreux couvens de femmes ( il en existait seize en Suisse de l’ordre des Citeaux) , le faible pasteur avouait l’impuissance où il était de les régir. « Je hais ces nonnes ,

StettUr, an 1473. Muller, lloltinger, hitt. eccl, U, 42#. 454*

” Ua.

** Ballinger, .4nnal. canob. Cap. dans la Coll. Siml. C’était en 1511.

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(lisait-il, et je n’ose rapporter les bruits dont elles sont les objets. Que ne sont-elles chastes et honnêtes ! Mais elles ne m’ont voulu pour conducteur, que parce qu’elles savent que je suis simple et facile à tromper w A Fraubroun, un délégué du cardinal de Gourk ayant voulu sérieusement entreprendre une réforme, les plus jeunes des sœurs, appuyées parleur voisin et leur ami, l’abbé de Fricnisherg , résistèrent, et surent conserver le droit de rompre leurs vœux à leur gré A Gottstatt, une abbesse impudique fut déposée par le gouvernement de Berne

C’est en avoir dit assez sur la corruption des ordres monastiques de la Suisse. Il faut cependant ne pas oublier l’influence qu’y exerçaient les ordres mendians. Ils étaient nés au treizième siècle , ce semble, pour porter au comble le désordre. Un écrivain spirituel ** a comparé leur première apparition à celle des méthodistes en Angleterre. Comme eux, ils captivèrent le peu- ()le par des discours pleins d’images, par des attaques hardies contre les souillures de l’Église et de l’État, et par une pureté de mœurs sérieuse chez les uns, de parade chez les autres. Ils en appelèrent à des signes et à des miracles. En Suisse comme ailleurs , ils s’attirèrent des applaudissemens et se firent des amis. Us s’établirent au sein des villes, dans un temps où elles avaient fréquemment à se défendre contre les prétentions du Saiut-Siége, et comme ils étaient les seuls d’entre les ecclésiastiques qui osassent braver les sentences de Home , ils devinrent pour ces cités d’utiles auxiliaires.

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14S2, Amhelm.

** fiiilUim, hisl. d(i moyen

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