‹ Histoire de la Confederation SuisseChapitre 65 sur 234 · LIVRE VU. PART. U. CHAP. 1. \k · texte numérisé non relu

LIVRE VU. PART. U. CHAP. 1. \k

11 en fut quelque temps ainsi ; mais quand le crédit des moines mendians se fut accru , Rome mit à les posséder un plus haut prix. Elle finit par les avoir à sa solde. A l’époque de la réformation nous les trouvons partout, comme vendeurs privilégiés de grâces spirituelles, comme chefs de pieuses congrégations, comme juges des hérétiques. Ils montent dans les chaires. Us se font entendre sur les places publiques. Us sont espions, ils sont supplians ; ils unissent un cynisme déhonté à un insupportable orgueil. Nous allons avoir à raconter comment ils se divisèrent, quelle inimitié animait les uns contre les autres les Franciscains et les Dominicains , et comment la haine ne leur permettant de taire aucun des torts de leurs adversaires , ils apprirent au public ce qu’ils étaient tous '

Les ordres chevaleresques, en qui les qualités opposées du moine et du soldat semblèrent quelque temps s’être alliées, ne purent fleurir qu’aux lieux et dans les temps qui rendaient cette union possible. Dans les riches commanderies du Midi, où l’on ne rencontrait plus de pèlerins à défendre , ni de Sarrasins à terrasser , il n’était resté à l’oisif chevalier , du moine que l’indolence, du guerrier que la rudesse. C’était à ces traits qu’en Suisse aussi l’on reconnaissait les ordres chevaleresques et particulièrement l’ordre Teutonique. Berne, frappée de cette dégénération, enleva à cet ordre, quarante ans avant la réformalion, les reve-^ nus de l’église de Saint-Vincent , polir les appliquer à

A Zurich , il fallot détendre aux Dominicains confesseurs rentrée du couvent d’Oelenbach. A Winlerlhour, une nonne accoucha d’un enfant , s’enfuit & Borne et y trouva une telle protection, qu’elle revint bientôt avec l’ordre au prévôt de Zurich de la rétablir dam ses honneurs et dignité.'. Durtielcr.

la formation d’un collège de chanoines Le pape approuva cet acte ; l’empereur et les cantons n’y mirent aucun obstacle. Dissipateurs grossiers et inutiles , les chevaliers étaient devenus la risée du peuple , et ne furent plaints de personne”. Il leur resta encore Kœnilz, Summiswald, et la commanderie d’Hitzkirch dans les bailliages libres. Les chevaliers de Saint-Jean , dont le nombre était grand en Suisse, semblaient à cette époque être appelés à sortir de leur crapuleux sommeil à la vue du danger de Rhodes, devenue la résidence de leur ordre. Ils la défendirent avec héroïsme, et on leur pardonna leurs vices passés.

Enfin la Suisse était travaillée par l’inquiète activité des sectes. Sœurs blanches et grises Béguines **, Béguttes, Bcghards Lollards, leurs sombres essaims , moins nombreux toutefois que dans les deux siècles précédons, se reproduisaient sous des formes , toujours nouvelles. Ils fatiguaient le pays par leurs instances importunes , ou l’agitaient au souffle de leurs fantastiques rêveries. Il y avait parmi eux des cœurs honnêtes , des âmes candides et sincères, des person-

Délie. lirbisBernx, pag. 189, etc.

. Kteider ans U7id Kleider an,

Essen, Trinken, Sclilafen gah’n,

Ist die /drbeilso die deutschen Herren lia'n. •

Les blanches pélrissajeat les hosties, les grises faisaient des cierges. De plus nobles soins occupent aujourd’hui les sœurs grises.

*• Traités comme sorciers , leur nombre diminua. Mais il restait, au temps de la réformation, beaucoup de Béguines dans les grandes villes.

( Picards. ) • De cardinalibus et exteris personis ecclesiasticis non allud sentiunt quam de Antiebristo , ponlificem bestiam appellantes. .Sacerdolet sibi ipsi eligunt laicos rodes et litterarum expertes; fraires et sororcs invicem se salutant. • Slechla à Erasme. Coll. Siml. 10 oct.

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