‹ Histoire de la Confederation SuisseChapitre 67 sur 234 · UVBB VII. PART. II. CHAP. I · texte numérisé non relu

UVBB VII. PART. II. CHAP. I

Dans UDcbapilre provincial , tcnrni en 1506, à Wim[)pfen sur le Necker , on commença par déplorer unanimement l'influence croissante des Franciscains et l’appauvrissement de l’ordre -de St.-Dominique. On exposa le danger où se trouvait un des plus fermes appuis de l’ordre, le père Weigand Wirth, cité à Rome pour avoir attaqué l’immaculée Conception , et l’on résolut de reconquérir par quelque action hardi<^ l’opinion populaire , ce levier de toute œuvre éclatante# Après qu’on eut assez long-temps discouru sur la manière et le lieu de procédera l’exécution du pian qu’on se proposait, le sous -prieur François Uelschi ofirit son aide et celle de son couvent à Berne. » C’est une cité de gens simples , dit - il ; grossiers , peu instruits,, mais braves, ils sauront appuyer de leur crédit etf au besoin, de leurs armes, < la vérité d’un miracle qui les honorera. » Il dit, et sa proposition fut acceptée avec transport. De retour à Berne y Uelschi gagna à son projet le prieur Vater, le prédicateur Bols* horst,''^et le pourvoyeur Steinegger, qui étaient avec hii les hommes les plus considérés du couvent. Lui même , que ses alBdés croyaient en possession des secrets de la magie noire, se chargea de mettre en jeu l’imposture ; et il choisit pour en être l'instrument un pauvre tailleur d’habits, de Zourzach, homme simple, qui se nommait letzer. La dévotion aveo’ laquelle be malheureux avait offert aux moines tout soti bien pour être reçu frère lui , prouvait assez sa foi.

tiarcharam, etc. Haller l’atlribuo à Anshelm. Il est plus probable qu’on Franciscain en est l’auteur. Le choix qu’en fit le fils du conseiller Manuel pour le traduire en français porte la preuve de sa vérité. On a consulté aussi Aiuktlm, SfetlUr, tVinct Hotlinger. Voyez la litlératui'e des docuraens dans la Bibliot, Suitae de Haller, Ht. •

On l’inlroduisit donc dans le couvent. Et d'abord on troubla ses esprits par de nocturnes terreurs. On fit ensuite apparaître à ses yeux une âme sortie du purgatoire ; puis on lui fit voir Sainte Barbe. Son imagination s’échauffant par degré , et son âme se remplissant d’effroi , on lui donna pour confesseur Bolshorst , dans les bras de tjui il s’empressa de se jeter. Bolshorst n’eut pas de peine à nourrir sa foi en des visions surnaturelles. Lui apparaissant un soir dans le rôle de Ste-Barbe, il lui promit que Marie elle-même le visiterait, et il lui demanda de se préparer à la recevoir en se livrant à des œuvres de pénitence et de macération. Ces actes, aux yeux du peuple, ne tardèrent pas à le faire considérer comme un saint. Une foule curieuse remplit le couvent. Ce premier succès accrut la hardiesse des Dominicains, qui songèrent à compléter leur victoire.

Les Franciscains se vantaient de posséder seuls les cinq plaies dont le corps de St.-François avait été stigmatisé,, pour être exposé à l’admiration d’un siècle barbare. C’était la gloire qu’il fallait leur ôter. A cet effet Bolshorst s’approche, sous les traits de Marie, du lit de letzer; d’une voix imposante il lui fait comprendre la grâce qui lui est faite, et lui transperce la main d’un clou. La douleur qu’éprouva la victime empêcha qu’il ne lui fût fait à l'heure même d’autres blessures. Mais dans les nuits suivantes, après avoir fait prendre au malheureux un breuvage assoupissant, on figura par des moyens irritans des plaies en quatre autres partie^ de son corps. letzer, à son réveil , fut dans la stupeur. Les moines crièrent au miracle ; ils lui persuadèrent qu'il était un élu de Marie et le Sauveur lui - même. Ils le firent passer dans une

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