‹ Histoire de la Confederation SuisseChapitre 72 sur 234 · LIVRE Vil. PART. H. CHAP. I. i · texte numérisé non relu

LIVRE Vil. PART. H. CHAP. I. i

l’indulgence plénière qu’il obtint d'abord pour lui, puis pour les 5üü soldats avec lesquels il avait exercé le brigandage dans les guerres d’Italie, puis encore pour tous ses gens de la seigneurie de Belp. Mais Samson fit mieux encore. Considérant que les Bernois avaient singulièrement contribué par leurs dons à l’érection de l’église de Saint-Pierre à Rome, il leur fit déclarer qu’avant de les quitter il voulait rendre purs , comme au sortir des eaux du baptême, tous ceux qui se mettraient à genoux pendant la courte prière qu’il allait faire. La multitude se prosterna. Et lui, dans le ravissement où il était de la foi de ce peujile et de ses œuvres, ajouta à la promesse qu’il venait de faire, en proclamant que tous les Bernois décédés jusqu’à cette heure, où et de quelque manière qu’ils fussent morts, étaient pour jamais délivrés de l’enfer et du purgatoire

Ce furent ses adieux à Berne ; il se dirigea vers l’Argovie. A Lenzbourg le curé, s’appuyant sur les ordres qu’il avait reçus de l’évêque de Bàle, ne lui permit pas d’entrer dans la ville. A Baden, Samson crut pouvoir se jouer sans retenue des bourgeois d’une petite ville. Tandis qu’il suivait la procession dans le cimetière, il s’écria tout-à-coup comme s’il voyait s’élever au ciel des âmes échappées du purgatoire : « Voyez , voyez, elles volent! » Parmi ceux qui l’entendirent, était un homme qui passait pour simple d’esprit; il courut se placer sur le clocher, et secouant les plumes d’un oreiller, il se mit à dire aussi « Elles volent, voyez , elles volent ! » si bien que le farceur italien , furieux, fut réduit à quitter la ville au milieu des rires

SietlUr, Ballinger.

bruyans du peuple assemblé. 11 se rendit à Bremgarten. Ce fut pour y éprouver de la part du doyen Bullinger une résistance pareille à celle qu’il avait rencontrée à Lenzbourg. Samson menaça de se plaindre à la Diète, qui était assemblée à Zurich; il fit valoir bien haut la mission qu’il tenait de la personne du pape, et finit par s’emporter jusqu’à de grossières injures et jusqu’à excommunier le vieil ecclésiastique. Bulliuger se rendit à Zurich pour justifier sa conduite. L’Italien l’y suivit. Alors plusieurs circonstances se réunirent pour mettre un terme à son impudente audace. A l’expression du mécontentement général auquel il avait donné lieu , se joignit la voix d’hommes éclairés. 11 parvint à Zurich, de la part de l’évêque de Constance , une défense expresse de recevoir le moine étranger qui répandait les indulgences sans permission épiscopale. Nombre de religieux et de membres du haut clergé s’étaient aigris en voyant Rome attirer à elle, par un art nouveau, des trésors qui naguère venaient grossir leurs coffres Les pères de la patrie s’étaient aussi mis à calculer la valeur des sommes que ce trafic enlevait au pays. Enfin Zwingli, vivement animé par les encouragemens du vicaire épiscopal prêchait à Einsiedeln, d’une voix tonnante, contre l’avarice et le charlatanisme de ces faux prophètes dont Saint Pierre avait déjà averti les Chrétiens de se garder. Quand donc Bullinger vint à Zurich, on applaudit à sa fermeté, et on laissa

” Samson emporia de la Suisse 130,000 scudi , suivant Sarpi, coiic. Trid. 1, 10. Brenwald , bailli du Sargans, se plut à le dépouiller d’une partie de sa charge, qu’il envoya à Zurich. Cltr. man. de fVtrner Sfeiner»

Coll, Siml^

•• 2 Pierre, II, 1-3.

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