LIVRE VII. PART. II. CIIAP. I
aux portes de la ville le marchand d’indulgences. Vainement celui-ci chercha-t-il, sous le prétexte d’un message, dont il se disait chargé, à obtenir audience delà Diète. Il alla jusqu’à demander qu’on l’enfermât en attendant que l’on eût prisa Rome des informations sur son compte. Ne rencontrant que l’indifférence ou le mépris, il reconnut enfin qu’il ne lui restait d’autre parti que celui de quitter la Suisse®'. A Rome même on déclara qu’il avait agi avec une fâcheuse précipitation et l’on chercha, mais inutilement, à adoucir la colère de la nation et les ressentimens des conseils La corruption de l’Église dans son chef et dans ses membres avait cessé d’être un mystère, même pour les dernières classes du peuple. Les uns en faisaient le sujet de leurs chansons ; d’autres répandaient des larmes. Il semblait que les feux du ciel, ou les flots soulevés des mers, pouvaient seuls mettre un terme aux iniquités de la terre ®*. Mais Dieu, dans sa miséricordieuse sagesse, avait déjà, en éclairant les hommes, commencé la réformation.
*' Ballinger. A. Z,
'* Holtinger, hisL ecclés. VII, 178.
” Entr’autres le « Chant des haricots, > du banncret Manncl. Déjà le Dante montrait Rome, en disant : • Là dove Crislo tntto dl si laerca. •
“ Savanarole menaçait des feux du ciel; d’autres d’un nouveau déluge.
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