‹ Histoire de la Confederation SuisseChapitre 77 sur 234 · UVRK VII. PART. U. CHAP. II · texte numérisé non relu

UVRK VII. PART. U. CHAP. II

ces clartés nouvelles. Ses presses ne composaient pas seules sa richesse ; son université réunissait une élite brillante d’hommes de lettres. Vers la fin du quinzième siècle , Rauchlin et Wessel y avaient relevé l’étude ifejrantiquité, et donné l’élan aux esprits. Au ten>ps de la réforme, Wittembach etCapito^'^ y enseignaient ta théologie en hommes éclairés, Fellican ** professait tes langues orientales, Glaréan la philosophie, et Càbtiuncula ^ le droit. Deux amis d’Amerbach et de ïVoben leurs guides et leurs collaborateurs, répan- (hient autant de charme dans la société par leur esprit qu^’ils contribuaient par leur savoir à l’avancement des fèttres; c’étaient Rhénanus** et Cono Érasme trouvait son bonheur dans la compagnie de ces hommes. Il écrivait : « Je me crois au milieu d’eux dans le plus délicieux musée. Combien n’ai-je pas, à Bâle , appris à ëonnaitre de sa vans du plus haut mérite ! Tous comprennent le grec et le latin , plusieurs l’hébreu. L’un excette dans l’histoire , un autre dans la théologie, un

•* Il passa deux ans à Bâle, U77-79. Meiners dit quelle puissance il y exerça.

“ De Grœninguen en Hollande. Il avait dû quitter Paris à cause de sa théologie. Luther l’appelle le témoin envoyé de Dieu. V. Bayle.

*’ Kôpflin, de Uaguenau, estimé aussi comme prédicateur.

*• Conrad Kârsner, do Rnffach. V. George Muller, dans ses Confessions d'hommes illustres, VI.

*’ Soit avant, soit aprîs son séjour à Parb. Ochs, V, 587.

De Meta. Oehs, V, 536. Hess, {Erasme, II, ô90. 597.) Meiners, yies d’hommes célèbres, I, 25Î. Erasme Epit. LXXX, 87.

De Nuremberg, correcteur chci Amerbacb.

** Béat Bild de Reina*^ , fils d’un bourgmestre de^chelestadt , aussi correcteur, par intérêt pour les lettres. • Quando non ridel Beat us ? Gu- Jux ingenio , dbpeream, si quid adhuc vidi civilius aut argutius. • Ainsi l'Tasme, Ep. 88 du LXX , édit. Lond. Jean Sturra a écrit sa vie Rer. Garni., lib, III, Basil., 1571.

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troisième est ^profond mathématicien, ou habile juris-* consulte, ou se distingue par sa connaissance de l’antiquité. Rencontre unique ; au moins n’ai-je rien vu de pareë ailleurs. Mais encore , science à part, que de cordialité, que d’aménité, que d’union; on dirait un même cœur*®! »

Ainsi parlait Érasme , peut-être sous le charme de la considération que ces hommes de lettres lui .portaient **. Il est vrai que l’université , bien qu’il n’y eût aucun emploi , lui devait une partie de son éclat. Érasme, âgé de plus de cinquante ans avait atteint le plus haut degré de sa gloire , quand il vint se fixer à Bâle. Enfant du malheur , il s’était élevé à la plus haute fortune par le génie uni à la persévérance. Né d^une union illégitime , il avait passé plusieurs années d’ennui , enfermé par son tuteur dans les murs d’un couvent ; puis, jeune encore , il avait voyagé dans les pays les plus civilisés de l’Europe, et mérité, en tout lieu des applaudissemens Parvenu à l’âge d'homme, il acquit les égards et la faveur des plus grands monarques”. Sa traduction des œuvres morales de Plutarque et ses explications des sentences des anciens ouvrirent la voie à une manière belle et approfondie d’étudier l’antiquité. Dans son Éloge de la Folie, saisissant la marotte , il en frappa jusqu’à la pourpre des

“ Ep.l, 35.

L’évéque le premier. • Obtulil pecuniam. obtnlit forlunam, eqoam coegit ut acciperem. > Ep. VIII, 5.

Né en 1465 ; il vint & Bàle en 1519.

** Voyei ses leUres ; elles sont dignes d'être lues.

• Nec omnibus infeliciter cessit banc adisse Laïdem ; scito enim me ab ipsa pueritia ad annum usqne qninquagesimnm in aulis principom militasse. » Ep. XXVII, 57. Il se platt à compter parmisesamis Henri VIII, Charles V, etc.

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cardinaux et des rois. Son Manuel du chrétien militant et ses Instructions à un Prince chrétien enseignèrent les plus importans devoirs d’après les leçons de l’expérience et d’une religion pratique. Nous dirons ses mérites comme théologien. La profondeur s’alliait chez Érasme à la multiplicité des connaissances, et par l’union du goût à la pénétration, il surpassait de beaucoup ses contemporains. Il s’éloigna moins qu’eux du sentiment des convenances. Mais aussi, caressant et gracieux alors même qu’il frappait^*, il porta des coups moins vigoureux que les leurs. On avait peiqe à comprendre comment il savait à la fois captiver l’amitié des grands et conserver une dignité apparente; il y réussissait si bien que long-temps on le crut indépendant, et qu’il fut l’espoir des amis de la liberté jusqu’au jour où la réforme le mit à l’épreuve du feu.

Ce fut alors qu’on se convainquit de l’immutabilité de cet adage, que l’homme ne saurait sortir vainqueur de la lutte des ténèbres avec la lumière , qu’autant que son cœur a fait avec joie le sacrifice de tout autre bien au bien seul vraiment digne d’envie, à la vérité.

En même temps que les jeunes Suisses jouissaient pour leur instruction des privilèges que possédait leur patrie, ils rencontraient à l’étranger de grandes facilités pour perfectionner leurs études. Ils en trouvaient surtout en Italie, où ils avaient coutume de fréquenter les universités ; mais dans ce temps plusieurs d’en- . tre eux étaient attirés à Paris et à Vienne par la réputation de deux illustres compatriotes. A Vienne ,

• c’est nne mère qui bal son cnfanl ; vient-il à pleurer, elle le caresse de plus belle : eh \ ne t’ainid- je pas, mon entant, hii dit-elle d’une vois adoucie. « Kculci-, Subballui.

Vadian^'* s’élait fait un grand renom comme interprète habile des anciens. Venu jeune dans cette capitale, où les relations de commerce de son père lui avaient procuré un accueil bienveillant, il ne s’était livré qu’un moment aux pièges des plaisirs et il avait conservé ses forces pour les vouer à une plus noble fin. 11 devint, à l’àge de vingt-trois ans, l’un des professeurs de l’université. Dans un voyage en Pologne et en Hongrie, il fit admirer sa science et son caraclère. Il reçut ensuite de Maximilien la couronne du poète, fut nommé recteur et vice-chancelier de l’université, puis conseiller impérial. De jeunes compatriotes, richement doués, se préparaient auprès de lui, et sous lui , à rendre un jour à leur patrie des services signalés*®. Au nombre de ces compagnons d’études de Vadiau avait été Glaréan, savant** et poète, qui cherchait à concilier la sagesse avec l’épicuréisme. Il ressemblait à plus d'un égard à Érasme, qui se plaisait à exalter en lui le savoir uni à la grâce et à la pureté des mœurs. Glaréan fixa pendant plusieurs années son séjour à Paris; il y fut un ami et un père pour un grand nombre de Suisses. 11 avait plaisamment composé , de ceux qui fréquentaient sa maison, un sénat** jiareil à celui de Rome antique, et il les avait liés par des engagi mens qui devaient servir à protéger leur innocence sans péril pour leur gaieté. La rectitude de son juge-

Fet*, mémor. Mutée sitiue, 1790.

Glaréan, Zwingli, Valentin Tsebondi, Itôsch , Collin, Uénédict Biirgaucr, Képorin (Wiesendauger), Conrad Grebcl (qui finit mai), etc.

O t II est nialliémalicien, philosophe, théologien, géographe, instruit eu histoire, et connaît bien les langues. • Erasme, Ep. XVJIl, 33.

. Doux empile, consulat qui m’est cher. • Lettre tic Glaréan U My- , tpnifiit, du sept, 13:10. Coit. SimL

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