‹ Histoire de la Confederation SuisseChapitre 78 sur 234 · LIVRE Vil. !»ART. II. CHAP · texte numérisé non relu

LIVRE Vil. !»ART. II. CHAP

ment les dirigeait dans leurs études et les gardait des pièges de la sophistiquerie française. Peut-être faut-il attribuer à la modération de son esprit le calme avec lequel plusieurs de ses élèves, et surtout des Glarohàis®*, s’interposèrent entre les partis qui divisèrent leur patvie.

Allons plus loin. Après avoir énuméré les secours que l’ami de la science rencontrait pour sûivre sa carrière > disons quel était l’état de la science elle-même, îïul doute que l’étude renouvelée des anciens ne lui eèt donné l’élan qùe nous lui voyons prendre. Nul ddute que le pape®*, qui employa des trésors à répandre ta connaissance de la littérature grecque , n’ait plus qu’un autre contribué à dissiper l’obscurité , et qu’il n’ait ainsi, sans le prévoir et sans beaucoup s’en soucier, travaillé à l’abaissement de son propre siège. Ses voluptueux Italiens, contens de voltiger à la surface du jardin des lettres , n’avaient garde d’en aborder le sérieux®®; ils pensaient avoir atteint les hauteurs d’une saine philosophie attique, quand , parvenus à ne rien croire, ils avaient laissé au peuple ses profitables illusions. Mais tandis qu’ils se livraient au charme de la poésie et des arts des Hellènes, et que même ils en empruntaient les images pour rendre de l’intérêt à la mythologie surannée de Rome, le génie profond des Allemands, et le sentiment républicain des Suisses tiraient des trésors classiques un plus utile produit.

“ Entre autres Valentin Tschoudi, qui de Vienne .se rendit à Paris.= Le premier Glarôan a entrepris l’exartien critique de Tite-I.ivc et frayé la voie aux Beaufort, aux Vico, aux Niebuhr. ( Traduc/eur).

Boscoë, Vie de Lion X, chap. XI.

** Il y eut des Ilalieii.s qui apportèrent à l’étude des dispositions différentes, mais ils ne furent point coaqicis ou point écoutés de leurs compatriotes.

Us n’avaient pas tardé à reconnaître quelle lumière i

on pouvait en recueillir, et particulièrement ce qu’ils i

renfermaient de moyens pour rendre le Christianisme i

à sa première pureté. Ils s’étaient donc mis à l’étude i

comme à un saint devoir. Heureux de le remplir, Collin avait sans regret abandonné ses dignités; Flatter, un Homère en main , s’était soumis aux plus bas offices de la domesticité ; Pellican et son ami Scriptoris avaient voyagé au loin portant sur leurs épaules le ]H)ids d’un énorme in-folio hébreu®^. Des vieillards apprenaient de Flatter et de Képorin les langues orientales®*. On vit plus tard les fruits de ces travaux. La philologie se débarrassa des liens d’une méthode barbare , et s’aidant de la critique, de l’histoire, de l’étude des antiquités , elle cessa d’être une science de mots , et devint une véritable école à' humanité La révo-

lution qui s’opéra dans la philosophie ne fut pas moins remarquable. On vit s’écrouler, comme à la fois, tout cet édifice de la scolastique, qui, pendant des siècles, avait resserré dans d’étroites murailles le développement de l’esprit humain. Mélanchlon le couvrit de mépris en montrant le peu de rapport qu’il y avait entre les écrits du grand Aristote et le vain échafaudage étayé par la subtilité des Arabes, retravaillé dans les obscures cellules des moines. Les mathématiques firent aussi des progrès. Glaréan, dans ses écrits sur V emploi des nombres , sur l’wj et ses divisions, sur les poids et les mesures, joignit toujours à l’exposé des

Voyci leurs Vies, Écrites par eiix-mëmcs.

Vie de l’cllican , dam Muller, Confessiont d'hommes illustres , VI , 18, etc.

Vie dcPlattcrct celle de KÉporin. Mise. Tig., Ht, 266.

Zwingli, dans la prëfacc qu’il lit au Pindarc de Képorin, nous dit cï: généreuses dispositions avec Icstjuclles les anciens étaient étudiés.

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