LIVRE VU. PART. 1. CHAP. I
gration fit passer les rênes du gouvernement dans les mains de personnes de la classe inférieure, et elles les tinrent honorablement. A Schaffhouse il mourut trois mille personnes; à Zurich deux millè cinq cents. A Einsiedeln on vit encore en décembre, et par des neiges accumulées , un traîneau porter en terre jusqu’à sept cadavres à la fois. La Suisse occidentale était épargnée; mais l’effroi se montrait partout. Les marchands italiens n’approchaient point des foires. Des ambassadeurs de France, arrivés à Payeme, n’osèrent aller plus loin, et adressèrent par un messager leurs dépêches à la Diète de Baden. Parmi tant de douleurs, on trouva de la consolation à reconnaître que la patrie avait conservé les hommes qui lui étaient nécessaires dans les orages qui la menaçaient. Zwingli, le fidèle homme de Dieu, apprit aux bains de Pfeffers l’invasion de la peste. 11 vola à Zurich ; infatigable auprès du lit des malades, il finit par être atteint de la contagion , et ne recouvra que lentement la santé; mais ce fut pour jurer hautement à Dieu que dorénavant plus que jamais il vivrait , pour sa gloire.
Prés de passer de ce théâtre de deuil à la description de jeux cruels et d’une arène ensanglantée, arrêtonsnous au spectacle de quelques scènes encore paisibles ; voyons un nouveau membre entrer dans la Confédération; et associons-nous à la fête nationale du serment fédéral qui fut en ces temps prêté dans les viHes et dans les montagnes ’®. ■ "■
Dans les contrées montueuses de la Forêt-Noire,
•• Rhan. Lettres de Grebel, à’EgenlÎHUê, de Fadian, de Zwingli, de Binder, Jonmal manuscrit de Jean Stockar. (Coll. Siml.) Kirchhofer. IVirz , Histoire ecolésiaslique. SleltUr. Ballinger.
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10 HlSTOinE DE LA SUISSE.
Kur une élévation que baigne le Nekar , et à une lieue de sa source, s’élevait la ville de Rottweil, riche, florissante, siège honoré d’un tribunal impérial. Déjà elle s’était alliée avec plusieurs des Cantons et avait formé avec eux des traités de défense mutuelle Des arbitres nommés par ses citoyens avaient été appelés à prononcer sur maint différend entre les Confédérés, Ses bourgeois avaient combattu dans les rangs des Suisses à Marignan, à Dijon et dans les guerres de Bourgogne. Plus d’une fois ils avaient exprimé le désir d'être unis aux Cantons par un lien plus étroit, et les menaces de Maximilien les avaient seules arrêtés dans la manifestation de ce vœu. A la mort de cet empereur, durant l’interrègne et au milieu des périls auxquels la vacance de l’empire exposait les petits états de l’Allemagne , Rottweil crut le moment arrivé de parvenir à ce qu’elle désirait depuis long-temps. Elle présenta sa requête aux Cantons, et l'eçutune réponse conformes ses vœux. Bâle seule, qui avait des motifs particuliers de plainte contre le siège impérial de Rottweil , se tint à l’écart. Les autres états envoyèrent leurs députés à Rottweil, et reçurent le serment de ses citoyens. La Suisse acquit une place forte, de laquelle pouvaient sortir àu besoin quatre mille citoyens armés; mais cette place était encore plus éloignée de ses frontières que Mulhouse, et le lien qui l’unissait à la Confédération tomba insensiblement dans l’oubli
On devait cette même année renouveler le serment fédéral. Suivant les traités et la coutume il devait être juré tous les cinq ans. Peut-être la peste fut-elle la
En 1S85 elle s’était unie % Znrich , Berne , Solenre et Zoug pour neuf ans; en lé63 aux bnit anciens cantons pour quinae ans.
Anthelm. A. Z. /.€«. Ocha. SaiUr, histoire du WOrlemberg.