‹ Histoire de la Confederation SuisseChapitre 82 sur 234 · LIVRE VU. PART. U. CHAP. II · texte numérisé non relu

LIVRE VU. PART. U. CHAP. II

nature, et son traité sur la manière de se préserver de la peste donna quelque idée de la vraie médecine. Toutefois Vadian lui-méme se sentait plus à son aise dans le domaine de la théologie et des langues que dans celm des sciences naturelles, et il ne tardait pas à y rentrer’*.

Au sein d’une obscurité si grande, la Suisse vit naitre Conrad Guessner C’est à lui qu’il devait être donné de porter sur la nature un regard pénétrant et d’acquérir par des travaux étendus une gloire solide et durable.

Nous voici arrivés aux limites d’un champ nouveau , de celui des arts , et nous y entrons à peine que déjà nous entendons s’élever la plainte portée contre les fureurs fanatiques qui accompagnèrent la Réforme. Nonseulement on accuse les briseurs d’images d’avoir fait éprouver aux arts une perte sensible; on reproche aussi aux réformateurs d’avoir, par une culture partielle de l’intelligence, arrêté l’élan des esprits vers le beau et vers l’idéal, au moment où il venait de prendre son essor. C’est un sujet que j’abandonne à traiter au philosophe et à l’ami des arts ; comme historien il ne m’appartient que de recueillir les faits, en petit nombre, que mes recherches ont su découvrir jusqu’à l’époque de la Réformation. Enfans du superflu, les arts plastiques ne peuvent guère, avant le temps des guer- . res de Bourgogne , avoir trouvé en Suisse un sol sur lequel ils pussent fleurir. Il suffisait aux gommes de Morgarten , de Laupen et de Sempach , d’avoir sauvé

Il saüU pour s’en convaincre de jeter un regard sur sa bibliothèque, qu'il laissa à la ville de St.-Gall, sa patrie. Sur A49 volumes, SI traitent des sciences naturelles, 51 de médecine; la plupart de théologie, d’histoire et des langues.

'<* Né en 1516.

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la liberté, de se sentir le courage de la défendre encore et d’en pouvoir bénir le Très-Haut, Leur culte était simple ; on trouvait peu d’images dans leurs églises’*. C’est après que les Suisses eurent fait un riche butin à Grandson , après qu’ils se furent jetés dans les guerres de France et d’Italie , que la soif de posséder les produits des arts pénétra dans leurs vallées. Mais alors encore la grossièreté s’attacha plus au brillant et à la richesse qu’à la vraie beauté. En peu de temps reliques, ornemcns, statues , tableaux remplirent les lieux saints et surchargèrent jusqu’aux moindres chapelles 11 se forma aussi des collections particulières dans lesquelles il peut s’être trouvé des objets de prix, ouvrages d’étrangers”. Mais nulle mention encore d’un seul homme distingué parmi les nombreux indigènes qui , dans les villes, et surtout à Bàle’*, travaillaient à peindre , à ciseler et à dorer les églises. Ajoutons qu’Érasme l’homme du goût le plus délicat, et Manuel

Zwiogli le confirme dans sa Lettre à Valentin Compar, chancelier

dVri.

” L’église de St.-Vincent, à Berne {élevée en 1484 au rang de cathédrale), possédait entre autres la tête du saint dans un coffre d’or massif pesant 300 lots, et orné de pierres précieuses de la valeur de 2,000 ducats ; deux anges d’argent doré pesant 80 livres; des parures en soie et d’autres couvertes de perles et d’or au nombre de plus de mille. Scheurer, Mausol. hem., 1 , 265. — Il ne fallut que 18 ans à la chapelle de Sie.-Anne , à Slambeim, pour devenir fort riche. Forrer, Man. — A. St. Gall, le 23 février 1529, on sortit de la cathédrale quarante chars de reliques pour les brûler publiquemenL Celles en pierre étaient à part. Keseler, Sabbat ha, '

Érasme en décrit une. Ep. XXIII, 6.

” Durer et Scborel séjoumèreni quelque temps à Bâle. Pirkheimer, Vie de Dorer. Sandrart.

Chron. mon. de George-le-Chartreax, 1524.

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