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LIVRE VII. PART. H. CHAP. II

Des plaintes s'élevaient dans le même temps sur l’état de la musique. Glaréan eût voulu trouver dans les productions de ses contemporains le sentiment profond qui avait donné aux simples chants d’église des siècles précëdens un attrait indicible. « De nos jours, écrivait-il , on méconnaît le rhythme , on rejette ce qu’on ne comprend pas, et on remplace d’anciens et bons morceaux par de si pitoyables compositions , qu’il faut désespérer de notre goût. » En effet, l’introduction d’une langue étrangère dans le culte, l’usage universel de mettre en musique des parties des écritures, même les moins faites pour être chantées, et l’ennui avec lequel les hommes d’église redisaient machinalement leurs litanies uniformément répétées, avaient ôté à la musique sacrée tout accent et toute expression. Il arrivait souvent qu’on voyait les chantres chanceler entre le chœur et la table à manger ; souvent ils entremêlaient de voluptueux refrains à la gravité des hymnes solennelles Quelque pureté de chant se conservait pourtant encore chez les Dominicains. Glaréan se donna beaucoup de peine pour relever un art dont il déplorait la décadence. Pour y parvenir, ce fut encore aux anciens qu’il eut recours. Il exposa les opinions de leurs écrivains et les principes de leur musique. Il leur emprunta leurs dénominations. Il composa des mélodies sur leurs vers. Son taet exquis des convenances ne l’abandonna jamais. Lié d’amitié à ce que la Suisse possédait d’artistes distingués il leur communiquait ses découvertes, les encourageait à des essais, jugeait et publiait leurs travaux

Agrippa, de Faniiale ecientia, cap. de Maeica. Glaréan. •• Scijfly, Mayer, Vannias, Dietrich.

li atteignit surtout son but au moyen d’un écrit dans lequel il exposa l’état de la musique ; et il devint un libérateur pour les artistes quand , au moment de la Réformation, ils furent exposés à de vives attaques sous le prétexte des abus auxquels l’art peut se prêter.

Il nous faut encore, pour compléter ce coup-d’œil, signaler la tendance satirique que les arts prirent à cette époque. La corruption du siècle ne prêtait que trop à l’ironie. Alliée au sérieux du caractère allemand , «et à l’amertume du cœur, la satire fut mordante et de nature à faire réfléchir plus qu’à provoquer le rire. C’est l’impression qu’on dut éprouver quand Yannius, appelé à célébrer à Fribourg la paix perpétuelle conclue avec la France, commença son alléluia par une allusion à la perfidie des grands , et que les chœurs, d’une voix haute , entonnèrent : « Ne te confie pas, ô mon peuple, dans les rois et dans les fils des hommes, qui ne peuvent sauver. Ils parlent de paix à leur prochain, et méditent le mal dans leur cœur. Leurs mains sont remplies de présens. O Dieu, donne-leur selon leurs œuvres. Nous avons péché, nous et nos pères, et le trouble nous a atteints. Toutefois nous connaissons nos crimes. Ne punis pas , ô Dieu , ne nous oublie pas à jamais. Romps nos liens , et accorde une véritable paix à ton peuple. »

C’était aussi la réflexion qu’éveillaient les danses des morts, dont la peinture couvrait à Berne et à Bâle les murs des églises®*. On y voyait le hideux squelette

Dodikachordon , 1547. Il avait Cn 1516 pablié son Iiitrod. à la musiijae.

Dodékacliordon, p. 304, etc.

Muller fait mention de celles de ISâlc; celles de Heriie sont de .Manuel, et de l’an 1516-18. iUheartf, Maus. bern.; Fiorillo, Hitt. dci arts

Diÿ;.,

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