‹ Histoire de la Confederation SuisseChapitre 89 sur 234 · LIVRE VII. PART. U. CHAP. III · texte numérisé non relu

LIVRE VII. PART. U. CHAP. III

reçu de consécration que celle qui vient d’en haut *, quand la paroisse de Claris l’élut pour son conducteur spirituel Le peuple des cantons populaires, accoutumé à faire entendre librement sa voix en toute affaire publique, a plus que tout autre besoin de guides intelligens. Le pasteur est aimé; il est puissant; le magistrat recherche son appui. Honte au prêtre si la chasuble étouffe en lui le cœur du patriote ! Âu temps où Zwingli , plein du feu et des généreux sentimens de la jeunesse , fut appelé à exercer son ministère dans le canton démocratique de Claris, tout lui présageait une carrière agitée. Les menées corruptrices des étrangers déchiraient la patrie. Les guerres faites à la solde des princes démoralisaient la nation. Deux fois Zwingli partit avec la bannière de Claris Témoin des maux de son pays , et plein des hautes idées d’honneur national et de vertu républicaine qu’il avait puisées chez les anciens, il ne put s’empêcher de tonner contre la véoalité sans pudeur, qui signalait surtout le parti français*’‘.Les plaintes qu’il fit entendre à ce sujet, bien plus que des attaques timides encore, et pleines d’hésitation, contre quelques-uns des abus de l’Église, lui firent de nombeux et puissàns ennemis Franc, ouvert, plein d’énergie et de moyens, il était encore irréfléchi et se laissait entraîner par les désordres du temps,

* Il reçut la consécration de l’évéque de Constance en se rendant à son poste.

' La paroisse de Claris comprenait alors près du tiers du Canton.

“ En 1512 et 1515. Il a décrit d’une manière pittoresque la première de ces deuï campagnes. Freher, Script, rer. CTcmi.ÿlII, 143. Schouler.

" Surtout dans dens chants que Schouler rapporte.

Mieonius, iVirt.

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ainsi qu’il ne tarda pas à l’avouer lui-même **. La musique et les plaisirs de la société le distrayaient d’autres soins Cependant il se distinguait déjà de la plupart de ses collègues dans le ministère par la richesse de ses connaissances , par l’amour du vrai , par le besoin qu’il avait de soumettre à la loi morale les penchans irréguliers de son cœur Tout ce qui était jeune et généreux s attachait a lui et le payait d’admiration Il avait pour lui la majorité de son troupeau ; la minorité se composait des hommes dont il avait démasqué les vues intéressées; ceux-ci l’épiaient, l’injuriaient et l’attaquaient par la calomnie. L’orage grondait autour de sa tête, lorsqu’il plut à la Providence de l’en préserver. Elle le mit à l’al)ri pour quelque temps , et garantit ainsi des espérances qui devaient se réaliser bientôt.

Non loin de Claris était l’ahbaye d’Einsiedeln , la Delphes de la Suisse, s’il est permis de comparer la sainte chapelle à la grotte vaporeuse d’Apollon, et l’humble posture de grossiers pèlerins, avec leurs litanies monotones, à la brillante solennité des chœurs des Grecs. Conrad deiRechberg ”, plus chevalier que moine, portait alors le titre d’abbé, et abandonnait le gouvernement spirituel du couvent a 1 administrateur Diehold de Géroldseck. Diebold , qui unissait un mâle génie à des mœurs douces et à l’amour de la science, prit plaisir à s’entourer d un cercle de savans anus. Les

•» Mieonius, Ballinger , Keuler, Fridolin Siciter.

** Avant-propos d’un sermon sur la pureté de Marie. — Esprit de Zwingli. U, p. 551 et suivantes.

“ Lettre à'Uttinger, àa 5 décembre 1518.

•• Selwuler.

•’ Son portrait dans Dullinger.

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