LIVRE Vil. PART. II. CHAP
mérites du pasteur de Claris n’avaient pas échappé à ses regards. voyant pressé de toutes parts par la faction française, triomphante en tout lieu’*, il lui fit offrir dans le couvent une demeure, de l’occupation et un modique revenu Ainsi Zwingli fut conduit à Einsiedeln pour y être prédicateur. Une tranquille vallée l’accueillit; le couvent lui ouvrit sa retraite; il y trouva du repos, des loisirs, une bibliothèque, et fut encouragé à sonder avec un nouveau soin les saintes Écritures. Il s’appliqua dés lors plus que jamais à l’étude du grec C’est aussi à Einsiedeln, sur le seuil d’un grand marché d’indulgences, que se révéla à lui le secret de mainte vie criminelle, et que, voyant une multitude, toujours la même, et toqjours chargée des mêmes péchés, revenir d’année en année en chercher la guérison dans l’attouchement des saintes reliques**, il apprit à connaître mieux son peuple et son siècle**. Mais quel abîme il découvrit entre l’Église de Christ et celle d’un Alexandre, d’un Jules, d’un Léon ! La corruption des fruits, que son zèle , jeune encore, avait seule dénoncée, lui parut alors trahir la pourriture du tronc et des racines. De mûres réflexions le convainquirent que le principe de toute amélioration radicale ne pouvait se trouver que dans une religion épurée ** ; et dès ce moment
** La paix perpétuelle venait d’être conclue. * .
Schouler rapporte quelles conditions lui furent faites. Il conserva le service de l’église de Claris ; c’est dire s’il est vrai qu’il en fnt chassé.
Schouler.
Wirz, Lettre à V. Compar. Esprit de Zw., I, '485.
« En vérité, les plus grands coquins ne venaient ici que reprendre courage, et pas un n’y a été changé. » Jbid., Il, 181. *
« Voyez ce qu’il dit de lui-méme à ce sujet. Esprit de Zw., II , 596',
commença de sa part une attaque hardie et non interrompue des abus de l'Église. Il se tourna vers les hommes que leur position appelait à travailler les premiers à une réforme. 11 écrivit à l’évêque de Constance, au cardinal Schinner et au légat du pape^^. 11 prêcha la parole de vie dans le lieu qui la veille avait été le théâtre d’un culte charnel. Il le fit avec tant de force, bien qu’avec mesure que sa voix retentit jusque dans des contrées lointaines Enfin Géroldseck se vit secondé par lui dans toutes les améliorations que les limites de ses pouvoirs et celles de son courage lui permirent d’entreprendre,^^. •,
Cependant la place de prédicateur de la cathédrale de Zurich vint à vaquer, et Zwingli crut de son devoir et de sa gloire de rechercher une charge au sein d’une cité illustre Sa réputation, l’amitié de Myconius, et la bienveillance de quelques*uns des membres du collège des chanoines, auquel appartenait l’élection, lui donnèrent une grande majorité de suffrages Il vint à Zurich à la fin de l’an 1518. Et d’abord, se présentant devant les chanoines assemblés, il leur exprima sa reconnaissance et son désir de remplir les
Écoulcz-Ie lai-même, Etprit de Ztv., Il, 598.
• Il se mit à se ruer, mais avec tant d’art , qn’on n’eût su où le prendre sans paraître s'attaquer à la foi chrétienne. • Salat. Singulières hérésies qui ne se peuvent discerner de la foi.
" Mjrconiiu, Narralio belli civilii, dans Lauffer.
Un jour il l’envoya introduire dans un couvent la lecture de la Bible en langue allemande, et accorder aux nonnes, & qui pesait leur vœu, la permission de se marier. Hoiiingtr, HUt. eccl,, III, Ï7.
Lettre à Myconiat, 2 décembre 1518. ColL Siml.
El fort corrompue. Ballinger, Lettre de fVagner àZxo., dn 22 avril 152é. {Thet. Hott., t. III.)
" Il renonça seulement alors 5 son titre de pastenr è Claris. Srhouler, n'iri.
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