‹ Histoire de la Confederation SuisseChapitre 92 sur 234 · LIVRE VII. PART. II. ClIAP. III · texte numérisé non relu

LIVRE VII. PART. II. ClIAP. III

sollicitait à l’examen de Soi-même et à de constans efforts , et que , bien moins soigneux de plaire à ses auditeurs que de leur donner l’éveil, il les entraînait dans le pénible sentier de ses propres études et de ses expériences. 11 animait ainsi les âmes au combat de la foi, en leur montrant en Dieu le conseil, l’appui, la force et la rédemption.

<( Voyez, disait-il si sur cette mer orageuse des destins, nous avons une autre ressource que de nous confier à la providence de Dieu. Cette providence a une voix, et elle parle au cœur de l’homme fait pour la comprendre. Crois-moi , lui dit-elle, rien ne se fait au hasard ; tout arrive par mon ordre ; il ne saurait en être autrement. Courage donc , dans l’attente du magnifique triomphe qui se prépare! Tu n’y rencontreras pas , il est vrai , une multitude prête à applaudir à toute action sanglantej c’est l’assemblée des bien-heureux. Là sont tous les justes , les sages , les héros, les hommes pieux ; il n’en est oublié aucun de tous ceux qui ont habité la terre depuis qu’elle a été créée. Dans cette glorieuse société l’on n’appelle plus la jactance bravoure, l’hypocrisie religion, le babil savoir, la vainc éloquence sagesse; on n’y fait plus échange de mensonges : car il n’entre que ceux dont la vertu a été éprouvée et reconnue sincère; «t le Juge qui prononce est celui que personne n'abuse, comme il ne saurait tromper personne. »

Quand Zwingli avait été mal compris dans ses prédications , qu’on avait interprété méchamment ses paroles, ou que le sujet traité lui paraissait demander de plus amples explications, il mettait ses développemens

.Sur la Providence.* Es/ir. deZxv., 1, 185.

par écrit et les livrait à la presse. Bien qu’il n’ait recouru à cette manière de publier sa pensée que dans les dix dernières années de sa vie®^, il a amassé durant ce temps un nombre assez considérable d’écrits pour qu’ils soient un témoignage de son zèle , de sa piété, de la clarté de ses vues et de son savoir Tous ces écrits portent l’empreinte de la précipitation ; il arrivait à Zwingli, ainsi qu’il le disait de rencontrer en finissant l’idée par laquelle il eût dû commencer, et l’imprimeur impatient emportait le manuscrit quand il eût fallu le revoir. Tout était l’œuvre d’un premier jet. Il était échappé des jugemens tranchans, injustes dans leur généralité, ou des expressions trop vives, que la modération eût modifiées que la politesse eût effacées Mais ces expressions hardies, cet abandon et cette liberté plaisaient fort aux hommes qui croyaient qu’à une plaie mortelle il fallait porter des remèdes cuisans et des coups qui se fissent bien sentir Au reste l’examen des écrits de Zwingli nous montre que, se modérant d’abord, il n’en vint à prendre un langage offensant que dans la chaleur de la querelle et en repoussant les calomnies de ses ennemis. C’est avec les égards dus aux faibles qu’il montra que la distinction des jours maigres reposait sur un commandement «

’’ Le premier écrit qui parut sous son nom est du 16 avril 1522, «sur te choix de» viandes, •

” Une bonne table de scs écrits se trouve dans la traduction allemande qu’Usteri a faite de la f'ie de Zwingli par Hess.

'* Lettre d Vadian, qui se trouve dans la f^ie (SÀnne Reinhard par Sal. Hess. 2'édit.,p. 128.

• Erasmus lenis et mansuetiis est, qui caro timetcapiti, nec minus timet amiculis. > Hummelherg dZw,, du 4 nov. 1522. Coll, Siml.

** Oecolampade, par ex. fV in, V, 263.

J* IV in, ibid.

■ iiiogle

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